Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Dominic Arpin et son fidèle compagnon, Mika, qui lui donne envie de sortir dehors beau temps mauvais temps.
Dominic Arpin et son fidèle compagnon, Mika, qui lui donne envie de sortir dehors beau temps mauvais temps.

L’équilibre dans la nature pour Dominic Arpin

CHRONIQUE / Lundi matin. La neige a neigé, en Estrie, comme à plusieurs endroits au Québec. Ce prélude à l’hiver, sur fond de ciel gris, en fait grimacer certains. Au bout du fil, Dominic Arpin assure que ce n’est pas lui qui va s’en plaindre. Il est, de son propre aveu, le premier à liker les images de premiers flocons.

« Mes skis sont prêts. J’ai bien hâte d’aller faire du ski, de la raquette. Ça s’en vient! »  

L’animateur bien connu est à la barre de l’émission Vlog pour une seizième année. Il nous a aussi fait voyager avec Van Aventure sur Évasion. À travers tout ça, Dominic Arpin est aussi un grand maniaque de plein air… ce qu’il n’était pas il y a quelques années à peine. Au contraire, sa blonde pourrait raconter à quel point il ne voulait pas la suivre nulle part à une autre époque. « Elle allait en randonnée et je me demandais c’était quoi le but d’aller marcher dans le bois », me lance-t-il en riant.

Il est, dit-il, un autre homme. « J’ai changé pour le mieux, il y a un nouveau Dominic. » 

« J’ai vraiment eu un passage à vide par rapport aux sports et au plein air. Toute ma carrière, j’étais plus en mode workaholic. J’avais le couteau entre les dents, je faisais des heures supplémentaires. Tout tournait autour de ça. C’est vraiment dans les Cantons-de-l’Est que quelque chose s’est réveillé en moi. Ça fait quelques années, cinq ou six ans, quand on a commencé à louer des maisons ou des chalets. Le matin, je me levais et j’allais marcher avec Mika dans le bois. Il y a quelque chose qui s’est passé là. C’est difficile à expliquer, mais il y a un sentiment de bien-être qui s’est installé un matin où j’étais dans la neige jusqu’aux genoux. » 

L’animateur a eu l’impression de capter un message.

« J’ai découvert que les sports de plein air me faisaient un bien immense, moi qui suis un angoissé de nature et qui ai toujours eu des jobs stressantes, surtout à la radio. C’est un milieu tellement compétitif, où la performance est super importante. Ça m’a épuisé pendant des années. Quand j’ai découvert ça, je me suis mis compulsivement à faire tous les sports de plein air possibles et inimaginables. J’ai retrouvé un équilibre dans ma vie. Il y a eu le cancer aussi (en 2013). Tout ça est arrivé pas mal en même temps. Ça m’a ouvert les yeux sur le besoin que j’avais de me recentrer », raconte celui qui est devenu végétarien dans la même période.

Le lac Stukely, à Orford, capté par le drone de Dominic Arpin.

À Vlog, image-t-il, les artisans de l’émission montrent des images magnifiques d’exploits aux quatre coins du monde. Un jour, il s’est demandé pourquoi il ne faisait que les commenter.

« Ça m’a sauté en pleine face : pourquoi ce n’est pas moi qui fais ça? Pourquoi je suis assis en train de regarder des gens qui vivent leur vie intensément? » 

Le déclic a laissé place au goût de l’aventure, et le projet de Van Aventure, qui l’a mené aux quatre coins du Québec, a commencé à germer. 

Adepte de ski et de gravel bike notamment, le Longueuillois et Orfordois d’adoption a fait de la course en sentiers son sport de prédilection. Il tente d’aller courir trois fois par semaine, mais trouve plus difficilement sa motivation en ville. « Je réalise que lorsque tu as goûté au trail, c’est difficile de se remettre à la course dans un quartier résidentiel à Longueuil. Dès que je suis à Orford, je suis à côté du mont Chauve, je pars courir là. C’est un autre sport, ce n’est pas la même cadence, ça n’a pas le même effet sur mon mental. Quand je suis en montagne, je ne regarde pas ma montre, je suis en contemplation », dit celui qui a déjà goûté au demi-Ironman. 

La Flambée des couleurs d’Orford, qui se tenait jusqu’au 18 octobre, dans l’œil de Dominic Arpin.

+

L’amour des Cantons... 

Dominic Arpin est ambassadeur de Tourisme Québec, mais c’est aussi un amoureux des Cantons-de-l’Est, qu’il habite à temps partiel. Il se surprend parfois à rêver du jour où il habitera à temps plein à Orford, quand fiston sera assez grand, sa fille aînée étant déjà adulte. Il se remémore en riant la première visite de la maison : sa blonde est entrée à l’intérieur, il a suivi le propriétaire pour arpenter le bois aux alentours... et ils déposaient une offre d’achat. 

Depuis qu’ils s’y sont installés début 2019, il a ses habitudes et ses endroits favoris où il retourne tout le temps, comme le secteur Fraser du parc national du Mont-Orford, à quelques pas de la maison ou encore le mont Chauve avec sa chienne Mika. « J’aime les paysages, j’aime les gens, je me sens à ma place. On cherchait un coin pour être en retrait… J’avais besoin de bois. » 

Comme tout le monde, il constate ce mouvement vers les régions. Des amis qui souhaitent s’établir dans le coin vivent cette folie furieuse où les maisons disparaissent à vitesse grand V sur le marché. « On se sent un peu privilégié d’avoir été en avant de la vague. » 

Le tournage de Van Aventure lui a permis de mieux connaître sa région d’adoption, notamment Lac-Mégantic, qu’il n’avait pas encore visité. 

Ce printemps, au cours de la deuxième saison, on pourra le voir courir 50 km à Orford, le premier ultramarathon qu’il s’est offert pour son cinquantième anniversaire, qui a eu lieu le 30 juin dernier.

+

« Prendre les petites routes c’est moins vite, mais c’est souvent pas mal plus beau! », nous dit l’animateur sur cette photo qu’on peut voir sur sa page Facebook.  

... et de la photo

Jeune, Dominic Arpin se voyait devenir photographe de presse, avant de bifurquer vers le monde de la télé. Le producteur redécouvre aujourd’hui cette passion. « Je me suis rééquipé. Je réalise que ça m’ouvre les yeux sur ce qu’il y a autour de moi. Des fois, ça me force à me botter le derrière pour aller chercher la belle lumière du matin. Ça m’amène à découvrir des coins où je ne serais pas allé. » Des coins qu’il voit d’un autre angle, avec son drone acquis il y a deux mois.

« J’adore les bébelles. J’ai toujours voulu en avoir un. Tu découvres le paysage avec un point de vue complètement différent… » lance celui qui aime documenter ses excursions sur Instagram. 

Suggestions, questions, commentaires?

Écrivez-moi à 

isabelle.pion@latribune.qc.ca

Suivez-moi sur Instagram à isabelle.pion