En cinq jours et demi à la fin juin, 50 jeunes de Motivaction Jeunesse ont roulé plus de 500 km à partir de Québec, dans le Bas-du-Fleuve, sur la Côte-Nord et dans Charlevoix, à l'occasion du 19e Challenge de l'espoir.

Leçon de vie sur deux roues

En roulant en direction de Québec, Luc Richer commençait tranquillement à constater l'intensité du défi cycliste qu'il venait de faire vivre à sa bande. Plus de 500 km en cinq jours et demi dans les jambes de la cinquantaine de jeunes de 14 à 20 ans. Rouler pour le plaisir de se dépasser. Pour comprendre qu'on peut rêver grand et arriver à ses fins. Pour réussir, tout simplement.
«Ça signifie beaucoup pour plusieurs de ces jeunes-là. Il y en a que ça sera la plus grande victoire de leur vie, sans aucun doute», raconte Luc Richer, le grand manitou de ce 19e Challenge de l'espoir, la grande randonnée annuelle à vélo de Motivaction Jeunesse. Les participants provenaient d'une demi-douzaine d'écoles de Québec dans lesquelles l'organisme intervient pour contrer notamment la sédentarité, la délinquance et le décrochage scolaire.
Entouré d'une quinzaine d'accompagnateurs, Richer espère que cette expérience à vélo, avec ses hauts et ses bas, saura inspirer les jeunes à persévérer pour réussir dans leur quotidien, autant à l'école que dans leur future carrière, quelle qu'elle soit. Bref, une leçon pour la vie.
Luc Richer, le directeur général de Motivaction Jeunesse, mène le deuxième peloton en direction de Québec.
C'était le 25 juin dernier. De l'école Dominique-Savio, à proximité du Domaine Maizerets, le peloton de Motivaction Jeunesse s'élançait vers la rive sud, direction Saint-Jean-Port-Joli, puis Rivière-du-Loup. De là, le traversier a amené les cyclistes aux Escoumins pour la suite du périple par la rive nord, en direction de Québec avec des arrêts à La Malbaie et à Saint-Ferréol-les-Neiges.
De grosses journées dans l'action. Jusqu'à 12 heures sur les bécanes, dont une journée de 106 km. Le soir, les couchers en camping. «Cette année, on voulait une édition marquante, elle l'est!» résume avec fierté Luc Richer sur le chemin du retour. Ça faisait longtemps qu'il souhaitait passer par Charlevoix et ses longues côtes abruptes.
Autant d'occasions de se dépasser et de faire des parallèles avec les difficultés que doivent affronter au quotidien certains des participants. Dans le groupe, des jeunes simplement à la recherche d'un défi sportif, mais aussi d'autres qui ont connu le décrochage scolaire, les problèmes de consommation, la délinquance, la pauvreté, ou encore qui cherchent à s'intégrer comme nouvel arrivant... Motivaction Jeunesse ratisse large et de tels périples servent de prétexte pour faire de l'aventure thérapeutique.  
Reste que le directeur général admet avoir douté à un moment. Et s'il avait été un peu trop ambitieux? En particulier sur le chemin du retour, où Dame Nature a tout offert aux cyclistes. Du vent, de la pluie, de la grêle. Les jeunes y ont goûté dans Charlevoix. Mais malgré le relief qu'il fallait dompter à la force des mollets, et les larmes qui ont coulé quand tout ça devenait trop intense, le groupe s'est tenu, a persévéré. 
«C'est grandiose! Moi de voir ces jeunes-là se battre à ce point-là. Et sans trop se plaindre! C'est ce qui m'a surpris», a raconté Luc Richer. Des participants qui avaient été entraînés, certes, mais qui ne sont pas pour autant des coureurs du Tour de France! Plusieurs étaient d'ailleurs sur des vélos prêtés.
Des jeunes qui s'étaient engagés par écrit à ne pas abandonner, sauf advenant un problème physique important. «Si on leur avait permis de monter dans le minibus, ça serait vite devenu ingérable», résume Luc Richer. Sans compter que l'objectif visé passait par ces efforts peu ordinaires. Au final, une seule personne n'a pu terminer, ennuyée par un problème de genou.
Luc Richer se sait chanceux. Il a su s'entourer d'intervenants qui font le succès des différents défis de Motivaction Jeunesse depuis bientôt 20 ans. Des mentors pour les jeunes, des modèles qui font la démonstration des valeurs de l'organisme. 
Comme Virginie Leblanc, qui guérissait tout juste d'une fracture de stress au pied droit. Elle portait d'ailleurs encore par moments une botte Samson... même sur le vélo! À l'arrivée, le message de persévérance qu'elle livrait à sa bande était convaincant. «Vous voyez? Il n'y a personne qui peut vous dire que c'est impossible. On va vous dire que tu ne peux pas faire ça. Mais vous savez que vous en êtes capables maintenant.»
À l'arrivée à Québec, la fatigue a été oubliée pour faire place aux sourires pour les photos. Ici, l'intervenante Virginie Leblanc prend la pose avec son groupe pour un <i>selfie</i>.
À l'école Dominique-Savio, parents et amis étaient sur place pour accueillir leurs champions. Des larmes de joie. De la fierté. De franches accolades entre participants, soudés dans l'effort des longues heures en selle. C'était beau à voir. 
J'ai fait l'aller-retour entre Québec et Saint-Ferréol pour aller rouler avec les jeunes. Durant la cinquantaine de kilomètres en leur compagnie vers le fil d'arrivée, j'ai été impressionné à mon tour par leur courage et leur détermination.
Intégré au sein du deuxième peloton, j'ai pu constater que l'énergie ne manquait pas malgré la longue semaine sur la route. On blaguait encore, on chantait. Certains visages étaient plus longs que d'autres, évidemment, mais avec Québec dans la mire, les cyclistes gardaient une étonnante cadence.
En remontant à la tête de mon groupe, je suis arrivé à la hauteur d'un des garçons qui menaient la charge à l'avant depuis le début de la matinée. Loin de paraître fatigué, il était difficile de croire qu'il avait cumulé autant de kilomètres dans les derniers jours.
Il avait peine à réaliser tout le chemin parcouru. Cette découverte du Bas-Saint-Laurent, de la Côte-Nord et de Charlevoix. «Je ne sais même pas pourquoi je fais ça!» a-t-il lancé durant notre discussion en roulant. «Et maintenant, tu le sais plus?» lui ai-je demandé.
Après un moment de réflexion, il m'a offert cette réponse qui illustre parfaitement la raison pour laquelle Motivaction Jeunesse embarque les jeunes dans pareilles aventures. «Tu sais, 500 km en 
5 jours, ce n'est pas rien. Ouais, c'est vraiment quelque chose...» a-t-il soufflé, penseur. 
Il avait cette lueur de fierté dans le regard et le sourire aux lèvres. Le succès faisait déjà effet.
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