Alex Honnold en pleine ascension du El Capitan

Alex Honnold gravit El Cap pour l'ultime solo intégral

BLOGUE / Certains diront que c'est de la pure folie. D'autres crieront au génie.
Mais qu'importe maintenant, car le grimpeur Alex Honnold l'a fait. 
Il est devenu samedi dernier le premier à gravir en solo intégral - sans corde ni autre équipement pour assurer sa sécurité - l'imposante paroi du El Capitan, au parc national de Yosemite, en Californie.
Et il y a fort à parier que l'exploit extraordinaire ne sera pas répété de sitôt.
Près de 1000 mètres de granite vertigineux défiés pendant 3h56 d'escalade libre sans aucune forme de protection.
Un faux-pas, un malaise, une hésitation et c'était la mort assurée.
Le tout sur la voie Freerider, présentant un niveau de difficulté que peu de grimpeurs, même encordés, atteignent un jour dans leur carrière.
Y aller sans corde? Un cauchemar certain. Le rêve d'une vie pour Honnold.
Trente-trois longueurs avec un délicat passage qui atteint 5.13a dans l'échelle de difficulté... à plus de 500 mètres du sol.
Une ascension qui se compte d'ordinaire en jours pour des grimpeurs aguerris.
C'est à croire qu'Alex Honnold, 31 ans, n'est pas de ce monde...
Au petit matin samedi, armé seulement de son sac de magnésie et de ses chaussons d'escalade, l'athlète du Dream Team The North Face s'est engagé dans la voie de sa vie.
Car difficile d'imaginer ce qu'il est possible de faire après pareille réalisation.
Couvert en exclusivité par une équipe du National Geographic, l'ascension défie l'imagination. 
«C'est le voyage sur la Lune du solo en libre», a imagé au National Geographic le grimpeur Tommy Caldwell. 
Partenaire d'aventure fréquent de Honnold en montagne et très familier avec El Cap, Caldwell s'est notamment illustré en 2015 quand il a réalisé avec Kevin Jorgeson la première ascension en libre du Dawn Wall, la voie la plus difficile du massif.
Pour Peter Croft, 58 ans, qui s'est lui-même fait un nom en complétant dans les années 80 quelques-uns des plus improbables solos à Yosemite notamment, il était certain que quelqu'un, un jour, arriverait à gravir El Cap sans filet. 
«Ç'a toujours été le prochain plateau évident», a commenté Croft à National Geographic. «Mais après ça, je ne vois vraiment pas la suite. C'est un grand pas.»
Avec une vingtaine d'années d'escalade sous les semelles et après s'être bâti la réputation d'être certainement le meilleur grimpeur en solo au monde, Honnold préparait depuis un moment cette ascension.
Depuis un dizaine d'années il a repoussé les limites du possible en solo. Puis, depuis deux ans, il a multiplié les ascensions variées pour - on le comprend aujourd'hui - se préparer discrètement à réaliser son rêve.
Même sa mère ignorait qu'il allait s'attaquer samedi à El Cap en solitaire.
Pour tous les détails de l'exploit et de ses dessous - dont un terrifiant extrait vidéo! -, il faut lire le récit de National Geographic et l'entrevue exclusive avec Honnold.
Sur place pour témoigner de l'histoire, le photographe Jimmy Chin et son équipe préparent maintenant un documentaire. En attendant, les premières photos (comme celle ci-dessus) sont complètement hallucinantes.
Autre vision de l'ascension, celle de Tom Evans, l'homme derrière le site spécialisé Elcapreport.com. C'est aussi à voir.
Une fois extirpé des dangers de la gravité sur El Cap, Honnold a assuré qu'il était si énergisé par l'expérience qu'il était prêt... à y retourner pour un deuxième tour!
Maintenant, Honnold se dit soulagé de mettre ce projet derrière lui. 
Prochain défi? Atteindre la frontière maximale de la difficulté en escalade. 
Mais cette fois avec une corde.
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