Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
La Chute du vent, un des attraits de la réserve faunique du St-Maurice.
La Chute du vent, un des attraits de la réserve faunique du St-Maurice.

À la découverte de nouveaux territoires

CHRONIQUE / Ce fut le coup de cœur des vacances, inattendu.

La beauté de la réserve faunique du St-Maurice nous a happés. Sans compter que sur ce territoire comptant 220 lacs, on a pu oublier (un peu) que tous les Québécois, ou presque, prenaient leurs vacances ici cet été.

Il fallait bien cet été tout particulier pour que je me réconcilie avec le camping (je m’assume, je préfère le glamping!) et surtout, que je découvre pour la toute première fois le décor d’une réserve faunique.

La rivière Saint-Maurice, impressionnante, s’étire devant nous sur la route 155. Puis, nous passons le pont de Mékinac, à Trois-Rives, et nous nous engouffrons dans la réserve. Je réalise assez vite que j’avais sous-estimé le temps d’arrivée : le chemin de terre et les virages ne nous permettent pas d’aller très rapidement, confortant cette impression de nous enfoncer dans le bois. Un sentiment agréable… si ce n’est du signal « low tires » sur la voiture qui me fait grimacer. Mauvais timing, quand même.

Mais c’était bien ça, le but recherché : s’enfoncer dans la nature. Être hors de portée du réseau cellulaire et du wi-fi.

On ralentit, une buse vole tout près de nous. On s’arrête aussi pour observer un faucon pèlerin qui semble prendre la pose.

Notre destination, le camping du lac Tousignant, ne compte que quelques emplacements. Les campeurs qui sont là, comme nous, semblent vouloir profiter de la sainte paix. Notre voisine me raconte être tombée amoureuse de l’endroit, si bien qu’elle y revient chaque année. Elle s’est ruée sur le site internet de la Sépaq lorsque l’organisation a eu le feu vert pour rouvrir ses hébergements.

Notre après-midi en kayak sur le lac Tousignant est agrémenté de baignade sur une île.

J’ouvre bien grand les yeux en apercevant le lac Normand et sa plage : l’eau est claire et l’endroit, en ce milieu d’août, n’est pas bondé. Notre court séjour me permet surtout de constater tout ce que je vais manquer dans ce secteur. Parce que malgré la beauté de l’endroit, nous décidons de rayonner dans les environs de notre camping.

Nous choisissions d’aller découvrir la Chute du Vent, à proximité du lac Tousignant, où il est aussi possible de se baigner. Après 45 minutes de marche sur un sentier généralement plat (avec quelques petites descentes et montées), nous découvrons la chute, qu’on entend déjà avant de l’apercevoir. Nous dînons sur un rocher pour prendre le temps de la contempler. Certains viennent se baigner à ses pieds.

Ici, le kayak et le canot sont rois. « Vous allez attraper quelque chose sur le lac Souci », nous lance le gardien du secteur, pour imager la beauté de ce plan d’eau. Effectivement.

Nous sommes seuls, ou presque, sur le lac où l’on voit tantôt des caps rocheux, tantôt des rives sablonneuses. Le cri des huards vient parfois dissiper cette impression que l’on est seuls. Impression qui se décuple lorsqu’ils surgissent près de nos embarcations. Leur chant viendra nous bercer à la tombée de la nuit et au petit matin.

Le lac Tousignant compte plusieurs sites de canot-camping, que nous pourrons voir en le sillonnant. La promenade s’étire : la tentation d’arrêter se baigner sur une île est trop grande.

Ici, les spectacles sont multiples. Celui du ciel est certainement l’un des plus beaux que j’ai vus, en cette période des perséides : une pluie d’étoiles filantes et un bout de Voie lactée, sur une rive comme amphithéâtre.

Difficile de faire mieux comme premier séjour.

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Toute une saison

Les 13 réserves fauniques de la Sépaq, à l’instar des parcs nationaux, ont connu toute une saison. « Qualitativement, c’est un été exceptionnel. On l’a vu sur le terrain. Que ce soit dans les campings, les hébergements et la fréquentation des sentiers et des territoires. On a senti qu’il y avait vraiment plus de gens qu’à l’habitude. Quantitativement, on pourra plus le dire quand on aura des chiffres qui pourront supporter la rigueur », commente Simon Boivin, porte-parole de la Sépaq (Société des établissements de plein air du Québec). « On a vraiment senti un engouement pour le plein air et la nature. »

La Sépaq n’a pas de chiffre à partager sur l’achalandage à ce moment-ci. « On a privilégié une gestion des droits d’accès à saine distance. Tout n’a pas été scanné systématiquement. Il y a aussi une nouvelle clientèle que l’on a eue avec les cartes annuelles (Bonjour Québec). On ne peut pas bien estimer à ce moment-ci l’utilisation de la carte », explique le porte-parole.

La Sépaq préfère attendre différents indicateurs. 

La popularité des parcs nationaux a aussi incité les gens à regarder ailleurs.

« Plusieurs ont découvert que les réserves fauniques avaient un très beau potentiel de villégiature et que ce sont des destinations nature vraiment belles et intéressantes. On l’a vu dans la fréquentation des campings. Il y a des endroits où ce n’était jamais plein et qui débordaient. Je pense notamment à la réserve de Port-Cartier-Sept-Îles (sur la Côte-Nord), où il y a eu de la fréquentation comme jamais. Pour bien des gens, quand ils pensent aux réserves fauniques à la base, ils pensent chasse et pêche, et pas nécessairement villégiature. Il y a dans beaucoup de réserves des rives sablonneuses, plusieurs lacs, des sentiers de randonnée… C’est quand on est un peu contraint de les découvrir qu’on se rend compte que c’est une destination qu’on aurait aimé déjà avoir fréquentée ou connue avant… » 

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Suivez l’évolution des couleurs

Je vous parlais, la semaine dernière, de ma période de l’année préférée. Saviez-vous que vous pouvez même suivre l’évolution des palettes de couleurs de nos terrains de jeu préférés? C’est par ici.

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