Jean-Sébastien Massicotte

Un sentier, un record: la légende de François D'haene grandit

BLOGUE // Décidément, à chaque foulée, le Français François D'haene construit sa légende. Après une victoire récente au prestigieux Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), le coureur a profité de sa grande forme pour s'amener en Californie où il a fracassé le record de vitesse sur le sentier John Muir Trail, un galop d'environ 350 km et plus de 14 000 mètres de dénivelé positif.

Mardi matin à notre heure, D'haene a arrêté le chrono de sa montre Suunto à 2 jours, 19 heures et 26 minutes. Le sportif de 31 ans éclipsait du coup la marque de Leor Pantilat, qui avait complété le sentier californien en août 2014 en 3 jours, 7 heures et 36 minutes.

Évidemment, pour courir pareille distance en si peu de temps, François D'haene était accompagné d'une équipe d'encadrement de premier choix. Membre de l'équipe Salomon, le Lillois d'origine comptait sur des partenaires de course qui se sont relayés. 

Plein air

Odyssée NorAm: le retour des nomades

À peine avait-il accosté son canot à Québec, après un immense périple à travers l’Amérique du Nord, que Pierre Pépin avait une préoccupation toute nouvelle. À quelques jours d’un voyage en Ontario par affaires, l’aventurier devait envisager pour la première fois en presque quatre ans d’être séparé de sa douce, Jennifer Gosselin, sa fidèle partenaire au fil de l’eau comme dans la vie.

«Le plus long qu’on a été séparés, c’est quand un de nous deux allait faire le lavage», rigole le guide de plein air et ancien militaire. Une présence constante que le couple apprécie au plus haut point, mais qu’il sait un grand luxe dans nos vies d’urbains pressés. Pour le duo de voyageurs, c’est une solide complicité qui s’est bâtie au fil de l’eau. Dans cette vie de nomades, les amoureux mariés depuis 2007 ont appris à régler systématiquement tout différend «avant de rentrer dans la tente».

Partis à l’été 2014, Pierre, Jennifer et leur chienne Jasmine sont rentrés à Québec la semaine dernière. Au compteur, plus de 20 000 km en canot. D’abord à travers les États-Unis, puis au Canada, d’est en ouest par le nord du pays, avant de repartir en sens inverse au printemps dernier en direction de la maison.

Un chez soi qui n’est peut-être plus uniquement ici, à Québec. Car après tout ce temps sur la route, ils sont désormais chez eux partout. Sans compter que les sympathiques aventuriers ont tissé un vaste réseau d’amitiés qu’ils savent cultiver. Attablés dans un restaurant de Limoilou pour le petit déjeuner au lendemain de leur arrivée, Pierre et Jennifer étaient détendus et sereins. Une «zénitude» qui était belle à voir.

Pas de «blues» de fin de voyage à l’horizon. Car après un peu de temps avec la famille et les amis, le duo de Wild Raven Adventure se plongera dans de nouveaux projets. Un peu partout, les offres sont au rendez-vous. «On a de l’ouvrage», résume le canoteur de 58 ans, qui prévoit prendre quelques contrats ici et là — en rénovation notamment — pour renflouer les coffres. Pendant ce temps, Jennifer, 37 ans, s’attaquera aux projets de livres et de documentaire qu’ils imaginent depuis déjà un moment.

Des moteurs pour la suite des choses. «On repart au printemps», assure Pierre. Un retour à leur vie normale si on peut dire, celle qu’ils ont su mettre en place, un coup d’aviron à la fois. Cette fois cependant, c’est un «roadtrip» plus régulier — et motorisé — qu’ils ont en tête. Puis éventuellement, ce sera un retour à l’action à bord d’un petit voilier ou autrement. Ça reste à déterminer, mais l’eau ne sera jamais bien loin.

Mais d’abord, «on veut faire un documentaire sur les gens qui ont changé notre vie durant le voyage. Retourner aussi voir ceux dont on a changé la vie…» Comme cette dame dans la soixantaine rencontrée dans les Keys, en Floride.

Rencontre déterminante

À la recherche du meilleur endroit pour faire la mise à l’eau du canot dans un endroit difficile à cause des courants, Pierre avait croisé la femme par hasard. Après avoir engagé la conversation, il s’était mis à lui parler du voyage. D’où ils arrivaient, où ils s’en allaient. Il lui avait laissé une carte d’affaires. Sans le savoir, il venait de lui sauver la vie…

«Elle s’est mise à nous suivre, on s’est écrit», poursuit Jennifer. «Ce jour-là, elle voulait se suicider. Elle voulait se jeter dans le courant. Mais ce n’est qu’un an et demi plus tard qu’on l’a su. Qu’elle nous l’a dit…» 

Par procuration, l’aventure des Québécois aura été thérapeutique pour la dame qui ne voyait plus d’issue à ses problèmes financiers, notamment.
D’autres fois, c’est la générosité des gens rencontrés qui a fait grandir Pierre et Jennifer. Ils ont tant appris et découvert au contact de ceux qui habitent tous ces endroits visités. «On comprend mieux certaines réalités après y avoir vécu», résume Pierre. Comme celle des Premières Nations. Les Québécois restent encore marqués par cette rencontre avec l’aînée crie Stella Neff, à Grand Rapids, au Manitoba. 

Une leçon de sagesse, de résilience et de courage qui a grandement impressionné le couple.

«Le voyage nous a changé de plein de façons», insiste Pierre, qui apprécie de plus en plus le mode de vie simple lié à l’aventure. «Je n’ai même plus de montre!»

Devant le flou des prochains mois qui demeure, le couple ne s’en inquiète plus comme avant. «L’après» ne fait plus peur. Au contraire, cette fenêtre ouverte n’est qu’une occasion pour de nouvelles opportunités. «On s’en va dans du nouveau!» philosophe Pierre. «Mais on ne refait pas carrière», garantit aussitôt Jennifer avec son sourire habituel.
La vie nomade est devenue leur véritable réalité. Une identité qu’ils embrassent avec bonheur et dont ils ne veulent plus se passer.

Info: wildravenadventure.com

Jean-Sébastien Massicotte

Une tente pour dormir sur l'eau

BLOGUE // Dormir sous la tente prend un tout nouveau sens avec l'entreprise SmithFly. Grâce à sa tente flottante Shoal, c'est un îlot privé qui vous attend le soir venu. Il ne suffit que d'ajouter de l'eau!

Pour SmithFly, le concept est simple: la Terre est recouverte à 70% d'eau, vous pouvez maintenant y camper.

À la frontière entre le radeau de sauvetage et la tente, la Shoal possède un fond gonflable de 15 cm d'épaisseur qui sert de matelas. La toile détachable du toit est supportée par une armature gonflée, sans arceau.

Un campeur de 6'3" peut y dormir en tout confort selon le fabricant américain. 

Tout juste dévoilée, la tente est actuellement en précommande. Les premiers exemplaires doivent être livrés à partir de la fin décembre.

Petits détails non négligeables, le «lit d'eau» nouveau genre n'est pas des plus compacts, ni des plus légers. Si elle se roule pour le transport, la Shoal reste encombrante et pèse 75 lb. 

On l'oubliera donc pour une expédition en kayak, mais pour une nuit hors de l'ordinaire au chalet, c'est une autre affaire. 

À 1500 $US, la Shoal n'est pas non plus à la portée de toutes les bourses. Mais pour les plus motivés, la tente est en promotion durant la prévente... à 1275 $US.

Info: smithfly.myshopify.com

 

Insolite

Le parc le plus au nord du Canada, accessible de son salon

Roxanne Ocampo, La Presse canadienne MONTRÉAL - Le parc national Quttinirpaaq porte bien son nom inuktitut: situé dans le nord de l’île d’Ellesmere, dans l’Extrême-Arctique, il s’agit vraiment du «toit du monde». À ses rares visiteurs s’ajouteront maintenant de curieux internautes assouvissant de manière virtuelle leurs rêves de randonnée les plus fous.

Pour s’émerveiller devant les paysages accidentés du parc, où s’entrechoquent calottes glaciaires et montagnes en dents de scie, le site web de Tourisme Nunavut conseille de prévoir entre 30 000 et 50 000 $ et ce, seulement pour le vol aller-retour à partir du hameau inuit de Resolute, lui-même déjà au Nunavut. Mais une autre option s’offre dorénavant aux aventuriers moins fortunés: naviguer sur Google Street View, dans le confort de leur salon.

Dans le cadre d’un partenariat avec Parcs Canada, Google Street View a capté des images de ce parc reculé pour offrir aux internautes une expérience se voulant immersive, avec des prises de vue panoramiques qui simulent une visite réelle.

Jean-Sébastien Massicotte

Un ultramarathon de 54 km à travers Québec

BLOGUE // La saison de course à pied 2017 tire à sa fin, mais ceux et celles qui ont encore des jambes pourront se gâter le samedi 14 octobre prochain. Pour une première fois, un ultramarathon de 54 km à travers Québec sera tenu en marge du Défi courir 6h en coeur, organisé au bénéfice de la Fondation québécoise pour les enfants malades du cœur.

Dans un format participatif, les coureurs de l'ultra auront la chance de traverser Québec à partir du parc Paul-Émile-Beaulieu, à proximité du Lac-Saint-Charles, jusqu'à l'arrivée à la base de plein air de Sainte-Foy, en passant par les abords du fleuve Saint-Laurent, par le Corridor du littoral et la Promenade Samuel-de-Champlain notamment.

Un parcours qui «reliera tous les sentiers de la ville de Québec», précise Janic Allard, coordonnatrice de l'événement. Les coureurs auront notamment la chance de découvrir la totalité des 32 km du tracé le long de la rivière Saint-Charles. Près d'une trentaine de coureurs sont déjà inscrit pour la première. Et les inscriptions sont toujours possibles, bien que le temps commencer à presser. 

«C'est un événement de plaisir», résume Janic Allard, qui s'enthousiasme de l'ajout du volet ultra en marge de cette quatrième présentation à Québec de Courir 6h en coeur. 

Car le Défi est avant tout un grand rendez-vous pour tous. Au dernier décompte de l'organisation, un total de 52 équipes pour un total de 275 coureurs sont attendus samedi pour la portion de la course de six heures. Un sommet pour l'organisation.   

Seuls ou en équipe à relais — en famille, entre collègues ou entre amis—, les coureurs devront sans arrêt s'exécuter sur le circuit de 2,1 km de la base de plein air. Si certains cumuleront le plus de kilomètres possibles durant les six heures, d'autres s'y relayeront simplement pour le plaisir de bouger.

Un six heures qui correspond à «la durée moyenne d'une chirurgie cardiaque pour un enfant», raconte Janic Allard.

Pour tout savoir sur l'événement, s'y inscrire ou encore simplement y assister, visitez le site Web du Défi.

Bonne course!

Plein air

80 000 pas à travers Charlevoix

Par la fenêtre de l'autobus scolaire qui faisait route vers le départ du 65 km de l'Ultra-Trail Harricana (UTHC), au lever du jour samedi dernier, l'ampleur du défi pour les prochaines heures était on ne peut plus clair. Après une bonne quarantaine de minutes sur le chemin vallonné et sinueux qui mène au parc national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, il ne nous restait qu'une chose à faire. Rentrer à la course à pied par l'arrière-pays de Charlevoix...
Après des mois de préparation et d'entraînement, près de 300 coureurs et coureuses étaient prêts pour l'aventure en semi-autonomie à compléter en moins d'une douzaine d'heures. De quoi être intimidé.

Plein air

Courir avec les loups

Au printemps, une petite voix me disait que c'était un plan fou. Mais du moment où la possibilité de participer à l'épreuve du 65 km de l'Ultra-Trail Harricana du Canada (UTHC) avec les copains Patrice et Vincent m'est apparue, il était trop tard. L'appel était irrésistible.
Car ça faisait déjà un bon moment que le populaire événement de course en sentier à travers Charlevoix était sur ma liste de choses à réaliser. Mais il restait à s'y commettre!

Plein air

Retour aux sources au Témiscamingue

C'était exactement ce que j'avais promis à ma compagne d'aventure pour justifier les longues heures de route. Les grands pins qui ponctuaient l'horizon et les innombrables baies et îles aux berges rocailleuses de l'immense réservoir Kipawa qui se dévoilaient à chaque détour. La première impression de la nature sauvage du Témiscamingue ne pouvait être meilleure.
Sur nos surfs à pagaie, nous étions en route vers les îles du Sandy Portage pour une nuit en camping. Une première expérience de la sorte en stand up paddle (SUP). Les planches chargées du strict minimum, nous étions heureux de pouvoir profiter ainsi des eaux limpides de l'imposant plan d'eau pour plus d'une journée, dans une rafraîchissante simplicité.

Plein air

Ultra Trail Harricana: en course pour une «folie» de 65 km

BLOGUE / Qu'importe la course, le rituel est le même. Une fois commis, on inscrit en rouge la date au calendrier et le compte à rebours démarre.
Sauf que cette fois, le trait est un peu plus gros. C'est que le défi est de taille alors que la «folie» à compléter est le 65 km (2000 m de dénivelé positif) de l'Ultra-Trail Harricana (UTHC). Une course en sentier à travers Charlevoix, la seule compétition canadienne à faire partie du prestigieux circuit international de l'Ultra-Trail World Tour.

Plein air

Leçon de vie sur deux roues

En roulant en direction de Québec, Luc Richer commençait tranquillement à constater l'intensité du défi cycliste qu'il venait de faire vivre à sa bande. Plus de 500 km en cinq jours et demi dans les jambes de la cinquantaine de jeunes de 14 à 20 ans. Rouler pour le plaisir de se dépasser. Pour comprendre qu'on peut rêver grand et arriver à ses fins. Pour réussir, tout simplement.
«Ça signifie beaucoup pour plusieurs de ces jeunes-là. Il y en a que ça sera la plus grande victoire de leur vie, sans aucun doute», raconte Luc Richer, le grand manitou de ce 19e Challenge de l'espoir, la grande randonnée annuelle à vélo de Motivaction Jeunesse. Les participants provenaient d'une demi-douzaine d'écoles de Québec dans lesquelles l'organisme intervient pour contrer notamment la sédentarité, la délinquance et le décrochage scolaire.