Plein air

Cinq Noël d'aventure

Noël avec les siens à la maison? Pas pour tout le monde. Quand l’aventure appelle, certains se retrouvent bien loin du sapin et des tourtières. En cette période des Fêtes, cinq aventuriers québécois vous racontent un 25 décembre marquant loin de chez eux.

UNE LEÇON EN CADEAU

Lydiane St-Onge: globe-trotteuse et animatrice de Lydiane autour du monde à Évasion

Lydiane St-Onge l’avoue d’emblée: son Noël de l’an passé est marquant, mais pour les mauvaises raisons. «Ce n’était pas glorieux… un gros fail», ricane la pétillante animatrice. Personnalité bien connue de l’univers du voyage au Québec et fort suivie sur les médias sociaux, Lydiane croyait que tout était sous contrôle quand elle a eu l’idée de surprendre son chum. «Je lui ai dit : “Arrive pas trop tard, on s’en va à l’aéroport!”» Tanné de l’hiver qui n’arrivait pas et à l’idée des soupers de Noël en série qui s’annonçaient, le couple a choisi de fuir Montréal, sans destination précise. Le plan était simple: trouver une aubaine à l’aéroport et s’arranger une fois sur place. «On voulait payer notre billet moins de 600 $, peu importe où ça nous amène.» 

Après une tournée des comptoirs des compagnies aériennes, la tâche s’annonce plus ardue que prévu. «Ce n’est pas vrai qu’on peut trouver des deals, comme ça, à l’aéroport…» Finalement, un vol qui convient est acheté pour le lendemain. Au programme, notamment surf et surf à pagaie à Puerto Vallarta, au Mexique. 

Jean-Sébastien Massicotte

Trump déclenche la furie de la planète plein air

BLOGUE // La marmite était sur le feu depuis déjà un moment. Le président américain Donald Trump avait annoncé il y a quelque temps son intention de réduire les aires protégées des monuments nationaux Bears Ears et de Grand Staircase-Escalante, en Utah. Confirmée lundi, la nouvelle a enclenché un mouvement de protestation sur la planète plein air. Retour sur une crise qui ne fait que commencer...

Sous prétexte de redonner aux Américains l'accès aux terres publiques, Donald Trump a réduit ainsi au total de deux millions d'acres les zones de protection accordées par ses prédécesseurs — notamment Barack Obama — aux deux aires naturelles.

Pour Bears Ears, c'est une réduction 85% de sa superficie d'origine. Quant à Grand Staircase-Escalante, c'est près de la moitié de la zone de protection qui s'envole.

Il suffit de suivre un peu l'actualité du côté de l'industrie du plein air et de l'aventure pour constater que la décision a l'allure d'un affront, tandis que les géants comme Patagonia, The North Face, REI, Arc'teryx, Keen et Cie se mobilisent. Athlètes et autres influenceurs d'importance font de même. La réaction est d'une force qu'on a rarement vue récemment.

So what's the big deal? comme on dit chez nos amis au sud de la frontière.

C'est que Trump étant Trump, il ne dévoile pas toute la vérité quand il assure vouloir rendre aux résidents de l'Utah leurs terres. En fait, selon les observateurs qui dénoncent la décision, en réduisant la taille de Bears Ears et de Grand Staircase-Escalante, Trump ne redonne pas un meilleur accès à la population aux zones naturelles ainsi «libérées».

En effet, les seuls qui pourront y tirer un avantage sont ceux qui peuvent désormais y effectuer de l'exploitation minière, forestière et gazière. Autant d'activités qui redeviennent permises... Et tant pis pour la protection de cette nature de l'Ouest sauvage et de ses artéfacts autochtones uniques et fragiles qu'elle possède.

C'est un débat qui perdure depuis fort longtemps, comme on peut le constater dans le reportage ci-dessous de CNN.

 

Jean-Sébastien Massicotte

Sauter d'une falaise pour atterrir... dans un avion!

BLOGUE // C'est assurément la chose la plus folle que vous verrez cette semaine. Probablement même ce mois-ci. Et on en parlera encore l'an prochain...

Deux athlètes Red Bull ont tenté — et réussi! — l'impensable. Sauter en wingsuit du haut d'une paroi en montagne pour voler jusqu'à un avion plus bas, avant d'entrer dans la carlingue par une porte laissée ouverte sur le côté.

Une cible de 158 cm par 125 cm!

La description de la cascade est assez ahurissante. Alors imaginez la vidéo! À peine croyable!

Plein air

Testés… et appréciés

En terrain d’aventure, les bons produits se font oublier, tandis que les mauvais s’illustrent pour les mauvaises raisons. Au fil des derniers mois, certains équipements se sont fait une place de choix dans mon sac à dos. Lumière sur quelques incontournables qui devraient plaire aux aventuriers exigeants.

Garmin inReach Explorer+: parler avec les étoiles

Depuis les débuts de mon utilisation des premières versions du communicateur inReach, en 2012, je ne cesse de m’étonner de l’efficacité de l’appareil qui permet d’échanger par textos et d’appeler au besoin les services d’urgence, loin de tous réseaux, grâce aux satellites. C’est simple, fiable et quand même assez abordable pour avoir l’esprit en paix loin de la civilisation. 

Désormais fabriqué par Garmin qui a racheté DeLorme en 2016, le inReach SE+ et Explorer+ (la version incorporant la fonction GPS) sont de nouvelles moutures améliorées. Les habitués des GPS Garmin reconnaîtront la qualité de fabrication et la prise en main du nouveau boîtier, tandis que ceux qui ont utilisé le inReach auparavant se sentiront en terrain de connaissance avec le logiciel intégré, toujours aussi intuitif et efficace. 

Après quelques mois avec l’Explorer+*, j’apprécie l’écran agrandi et les touches plus nombreuses qui simplifient et accélèrent la navigation. En particulier lorsque les communications se font directement de l’appareil, sans passer par l’intermédiaire d’un téléphone intelligent, d’un iPod ou d’un iPad, par l’application mobile Earthmate. Certes, cela rend le boîtier du Garmin Explorer+ est un peu plus volumineux, mais à peine. Amélioration à souligner, l’appareil est désormais doté d’un logiciel en français. 

Seul bémol à noter, la pile semble un peu plus sensible au froid que pour la version précédente. En effet, si mon ancien InReach SE n’a jamais bronché… jusqu’à -36 °C sur le lac Saint-Jean, le nouvel Explorer+ m’a abandonné dans Charlevoix à près de -30 °C. Rien, cependant, qu’un petit moment au chaud n’a su corriger. Il faut donc mieux le protéger par très grands froids, bien à l’abri sous les vêtements.

Outdoor Technology Kodiak Mini 2.0: surplus d’énergie en format mini

Jean-Sébastien Massicotte

Marcel Remy, le papy grimpeur de 94 ans

BLOGUE // Il y a des aventuriers qui semblent éternels. Comme le grimpeur Marcel Remy, qui s'est offert à 94 ans le Miroir de l'Argentine, en Suisse, une paroi en montagne de 450 m de longueur.

Aussi bien dire une ascension quasi impossible quand on pense à l'âge vénérable du Suisse né le 6 février 1923. Une voie mythique qu'il aurait grimpé plus de 200 fois et où Marcel Remy a amené ses deux fils, Claude et Yves — des grimpeurs réputés —, dès 1968.

Jean-Sébastien Massicotte

Fini le cirage des skis!

BLOGUE // C'est une révolution que propose le fabricant de skis DPS. Pour le bien de l'environnement et parce que les skieurs ont bien mieux à faire, l'entreprise basée en Utah souhaite éliminer la nécessité de cirer régulièrement les skis et les planches à neige avec sa cire de glisse permanente Phantom.

Grâce à un composé en polymères, la cire Phantom est appliquée qu'une seule fois et pénètre la base des skis. Du coup, la cire ne se dégrade pas à l'usage, à cause du frottement sur la neige.

Pour DPS, voilà d'abord une manière de ne pas polluer l'environnement en évitant que des composés chimiques ne se retrouvent dans la nature... ou encore dans l'organisme des techniciens!

Fabriquée avec des produits sans risque pour l'environnement, la cire Phantom a été testée sur diverses montagnes à travers le monde.

Comme elle pénètre la base, la cire Phantom demeure en place même après un aiguisage des skis en atelier.

Qu'importe la température de la neige, le produit hydrophobe doit demeurer performant et offrir une glisse idéale dans toutes les situations. 

Au-delà du temps et des efforts souvent négligés pour le cirage, le concept de la cire Phantom permet du coup d'économiser de l'argent en évitant d'avoir à répéter l'application de cire régulièrement.

Un produit du futur qui sera prochainement disponible. En effet, DPS a mené une campagne fort populaire sur le site de sociofinancement Kickstarter. Avec encore une vingtaine de jours à faire, la levée de fonds de 35 000 $US (44 000 $CAN) était rendue à plus de 160 000 $US (plus de 200 000 $CAN)!

Pour 90 $US, il est encore possible de participer à la campagne et d'obtenir sa propre cire Phantom.

Bon ski!

Jean-Sébastien Massicotte

Génial hommage à JP Auclair

BLOGUE // Les années passent, mais le souvenir du talentueux skieur JP Auclair ne s’estompe pas. Exactement trois ans et un mois après la disparition tragique du Québécois dans une avalanche en Patagonie, son esprit créatif renaît à l’écran grâce à son ami, le skieur pro Tom Wallisch.

Imagination est l’oeuvre de Sherpas Cinema, le collectif derrière le populaire film de ski All.I.Can, dans lequel Auclair avait volé la vedette avec un fabuleux segment de ski urbain, en 2011.

Cette fois, le film produit par The North Face, commanditaire de Wallisch, reprend le concept dans un hommage touchant à Auclair. Le skieur de Québec et Wallisch avaient d’ailleurs collaboré pour un segment de street nocturne dans Into the Mind, en 2013.

Il faut savoir que dans l’histoire derrière le populaire segment de All.I.Can, Auclair avait expliqué que l’inspiration de cette virée à travers les rues enneigées de villages des Kootenays venait de ses rêves éveillés, dans l’enfance, quand il s’imaginait skier le relief qui défilait par sa fenêtre dans les balades en voiture.

Jean-Sébastien Massicotte

Oxygène illimité et tarif à 141 000$ pour l'Everest en quatre semaines

BLOGUE // Quand on pensait avoir tout vu ou presque à l'Everest, voilà qu'une nouvelle façon de faire se dessine. Pour les pressés qui en ont les moyens, il est désormais possible de payer jusqu'à 141 000 $CAN pour se faire guider jusqu'au sommet, avec l'oxygène illimité et en seulement quatre semaines.

Le temps, c'est de l'argent comme on entend souvent. Et dans le cas des ascensions express que proposent désormais quelques rares compagnies d'aventure, comme le notait récemment le blogueur spécialisé des expéditions à l’Everest, Alan Arnette, ce ne pourrait être plus vrai. Ainsi, au lieu de passer un gros trois mois sur la montagne pour s'acclimater, les riches montagnards peuvent amorcer leur préparation chez eux à l’altitude, avant de s'attaquer au géant de 8848 mètres.

Le secret? L'usage de tentes hypoxiques dans lesquelles les alpinistes dorment les semaines avant leur expédition. On simule ainsi l'altitude, jusqu'à l'équivalent de 7200 mètres selon Furtenbach Adventures, une compagnie qui propose le forfait Everest Flash pour 95 000 euros (141 000 $CAN).

Une fois sur la montagne, les clients peuvent s’attaquer au sommet du monde en 31 jours seulement. Sur les camps en altitude, Furtenbach Adventures offre en quantité illimité l’approvisionnement en oxygène. L’encadrement des clients est élevé à 1,5 sherpa par «touriste».

En cette époque où les versants de l’Everest sont achalandés comme jamais, souvent par des «touristes» qui ne devraient sans doute pas y être, la façon accélérée de faire est controversée. Mais, selon les promoteurs de la méthode, celle-ci doit assurer plus de sécurité en minimisant le temps d’exposition sur la montagne. La fatigue de l’expédition est aussi réduite en faisant moins d’allers-retours sur les pentes. Du coup, le taux de réussite serait augmenté.

Furtenbach s’annonce comme la seule entreprise à offrir pareil forfait tout inclus. Le nec plus ultra à l’Everest, assurément. 

Jean-Sébastien Massicotte

Un sentier, un record: la légende de François D'haene grandit

BLOGUE // Décidément, à chaque foulée, le Français François D'haene construit sa légende. Après une victoire récente au prestigieux Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), le coureur a profité de sa grande forme pour s'amener en Californie où il a fracassé le record de vitesse sur le sentier John Muir Trail, un galop d'environ 350 km et plus de 14 000 mètres de dénivelé positif.

Mardi matin à notre heure, D'haene a arrêté le chrono de sa montre Suunto à 2 jours, 19 heures et 26 minutes. Le sportif de 31 ans éclipsait du coup la marque de Leor Pantilat, qui avait complété le sentier californien en août 2014 en 3 jours, 7 heures et 36 minutes.

Évidemment, pour courir pareille distance en si peu de temps, François D'haene était accompagné d'une équipe d'encadrement de premier choix. Membre de l'équipe Salomon, le Lillois d'origine comptait sur des partenaires de course qui se sont relayés. 

Plein air

Odyssée NorAm: le retour des nomades

À peine avait-il accosté son canot à Québec, après un immense périple à travers l’Amérique du Nord, que Pierre Pépin avait une préoccupation toute nouvelle. À quelques jours d’un voyage en Ontario par affaires, l’aventurier devait envisager pour la première fois en presque quatre ans d’être séparé de sa douce, Jennifer Gosselin, sa fidèle partenaire au fil de l’eau comme dans la vie.

«Le plus long qu’on a été séparés, c’est quand un de nous deux allait faire le lavage», rigole le guide de plein air et ancien militaire. Une présence constante que le couple apprécie au plus haut point, mais qu’il sait un grand luxe dans nos vies d’urbains pressés. Pour le duo de voyageurs, c’est une solide complicité qui s’est bâtie au fil de l’eau. Dans cette vie de nomades, les amoureux mariés depuis 2007 ont appris à régler systématiquement tout différend «avant de rentrer dans la tente».

Partis à l’été 2014, Pierre, Jennifer et leur chienne Jasmine sont rentrés à Québec la semaine dernière. Au compteur, plus de 20 000 km en canot. D’abord à travers les États-Unis, puis au Canada, d’est en ouest par le nord du pays, avant de repartir en sens inverse au printemps dernier en direction de la maison.

Un chez soi qui n’est peut-être plus uniquement ici, à Québec. Car après tout ce temps sur la route, ils sont désormais chez eux partout. Sans compter que les sympathiques aventuriers ont tissé un vaste réseau d’amitiés qu’ils savent cultiver. Attablés dans un restaurant de Limoilou pour le petit déjeuner au lendemain de leur arrivée, Pierre et Jennifer étaient détendus et sereins. Une «zénitude» qui était belle à voir.

Pas de «blues» de fin de voyage à l’horizon. Car après un peu de temps avec la famille et les amis, le duo de Wild Raven Adventure se plongera dans de nouveaux projets. Un peu partout, les offres sont au rendez-vous. «On a de l’ouvrage», résume le canoteur de 58 ans, qui prévoit prendre quelques contrats ici et là — en rénovation notamment — pour renflouer les coffres. Pendant ce temps, Jennifer, 37 ans, s’attaquera aux projets de livres et de documentaire qu’ils imaginent depuis déjà un moment.

Des moteurs pour la suite des choses. «On repart au printemps», assure Pierre. Un retour à leur vie normale si on peut dire, celle qu’ils ont su mettre en place, un coup d’aviron à la fois. Cette fois cependant, c’est un «roadtrip» plus régulier — et motorisé — qu’ils ont en tête. Puis éventuellement, ce sera un retour à l’action à bord d’un petit voilier ou autrement. Ça reste à déterminer, mais l’eau ne sera jamais bien loin.

Mais d’abord, «on veut faire un documentaire sur les gens qui ont changé notre vie durant le voyage. Retourner aussi voir ceux dont on a changé la vie…» Comme cette dame dans la soixantaine rencontrée dans les Keys, en Floride.

Rencontre déterminante

À la recherche du meilleur endroit pour faire la mise à l’eau du canot dans un endroit difficile à cause des courants, Pierre avait croisé la femme par hasard. Après avoir engagé la conversation, il s’était mis à lui parler du voyage. D’où ils arrivaient, où ils s’en allaient. Il lui avait laissé une carte d’affaires. Sans le savoir, il venait de lui sauver la vie…

«Elle s’est mise à nous suivre, on s’est écrit», poursuit Jennifer. «Ce jour-là, elle voulait se suicider. Elle voulait se jeter dans le courant. Mais ce n’est qu’un an et demi plus tard qu’on l’a su. Qu’elle nous l’a dit…» 

Par procuration, l’aventure des Québécois aura été thérapeutique pour la dame qui ne voyait plus d’issue à ses problèmes financiers, notamment.
D’autres fois, c’est la générosité des gens rencontrés qui a fait grandir Pierre et Jennifer. Ils ont tant appris et découvert au contact de ceux qui habitent tous ces endroits visités. «On comprend mieux certaines réalités après y avoir vécu», résume Pierre. Comme celle des Premières Nations. Les Québécois restent encore marqués par cette rencontre avec l’aînée crie Stella Neff, à Grand Rapids, au Manitoba. 

Une leçon de sagesse, de résilience et de courage qui a grandement impressionné le couple.

«Le voyage nous a changé de plein de façons», insiste Pierre, qui apprécie de plus en plus le mode de vie simple lié à l’aventure. «Je n’ai même plus de montre!»

Devant le flou des prochains mois qui demeure, le couple ne s’en inquiète plus comme avant. «L’après» ne fait plus peur. Au contraire, cette fenêtre ouverte n’est qu’une occasion pour de nouvelles opportunités. «On s’en va dans du nouveau!» philosophe Pierre. «Mais on ne refait pas carrière», garantit aussitôt Jennifer avec son sourire habituel.
La vie nomade est devenue leur véritable réalité. Une identité qu’ils embrassent avec bonheur et dont ils ne veulent plus se passer.

Info: wildravenadventure.com