Plein air

Testés… et appréciés

En terrain d’aventure, les bons produits se font oublier, tandis que les mauvais s’illustrent pour les mauvaises raisons. Au fil des derniers mois, certains équipements se sont fait une place de choix dans mon sac à dos. Lumière sur quelques incontournables qui devraient plaire aux aventuriers exigeants.

Garmin inReach Explorer+: parler avec les étoiles

Depuis les débuts de mon utilisation des premières versions du communicateur inReach, en 2012, je ne cesse de m’étonner de l’efficacité de l’appareil qui permet d’échanger par textos et d’appeler au besoin les services d’urgence, loin de tous réseaux, grâce aux satellites. C’est simple, fiable et quand même assez abordable pour avoir l’esprit en paix loin de la civilisation. 

Désormais fabriqué par Garmin qui a racheté DeLorme en 2016, le inReach SE+ et Explorer+ (la version incorporant la fonction GPS) sont de nouvelles moutures améliorées. Les habitués des GPS Garmin reconnaîtront la qualité de fabrication et la prise en main du nouveau boîtier, tandis que ceux qui ont utilisé le inReach auparavant se sentiront en terrain de connaissance avec le logiciel intégré, toujours aussi intuitif et efficace. 

Après quelques mois avec l’Explorer+*, j’apprécie l’écran agrandi et les touches plus nombreuses qui simplifient et accélèrent la navigation. En particulier lorsque les communications se font directement de l’appareil, sans passer par l’intermédiaire d’un téléphone intelligent, d’un iPod ou d’un iPad, par l’application mobile Earthmate. Certes, cela rend le boîtier du Garmin Explorer+ est un peu plus volumineux, mais à peine. Amélioration à souligner, l’appareil est désormais doté d’un logiciel en français. 

Seul bémol à noter, la pile semble un peu plus sensible au froid que pour la version précédente. En effet, si mon ancien InReach SE n’a jamais bronché… jusqu’à -36 °C sur le lac Saint-Jean, le nouvel Explorer+ m’a abandonné dans Charlevoix à près de -30 °C. Rien, cependant, qu’un petit moment au chaud n’a su corriger. Il faut donc mieux le protéger par très grands froids, bien à l’abri sous les vêtements.

Outdoor Technology Kodiak Mini 2.0: surplus d’énergie en format mini

Jean-Sébastien Massicotte

Marcel Remy, le papy grimpeur de 94 ans

BLOGUE // Il y a des aventuriers qui semblent éternels. Comme le grimpeur Marcel Remy, qui s'est offert à 94 ans le Miroir de l'Argentine, en Suisse, une paroi en montagne de 450 m de longueur.

Aussi bien dire une ascension quasi impossible quand on pense à l'âge vénérable du Suisse né le 6 février 1923. Une voie mythique qu'il aurait grimpé plus de 200 fois et où Marcel Remy a amené ses deux fils, Claude et Yves — des grimpeurs réputés —, dès 1968.

Jean-Sébastien Massicotte

Fini le cirage des skis!

BLOGUE // C'est une révolution que propose le fabricant de skis DPS. Pour le bien de l'environnement et parce que les skieurs ont bien mieux à faire, l'entreprise basée en Utah souhaite éliminer la nécessité de cirer régulièrement les skis et les planches à neige avec sa cire de glisse permanente Phantom.

Grâce à un composé en polymères, la cire Phantom est appliquée qu'une seule fois et pénètre la base des skis. Du coup, la cire ne se dégrade pas à l'usage, à cause du frottement sur la neige.

Pour DPS, voilà d'abord une manière de ne pas polluer l'environnement en évitant que des composés chimiques ne se retrouvent dans la nature... ou encore dans l'organisme des techniciens!

Fabriquée avec des produits sans risque pour l'environnement, la cire Phantom a été testée sur diverses montagnes à travers le monde.

Comme elle pénètre la base, la cire Phantom demeure en place même après un aiguisage des skis en atelier.

Qu'importe la température de la neige, le produit hydrophobe doit demeurer performant et offrir une glisse idéale dans toutes les situations. 

Au-delà du temps et des efforts souvent négligés pour le cirage, le concept de la cire Phantom permet du coup d'économiser de l'argent en évitant d'avoir à répéter l'application de cire régulièrement.

Un produit du futur qui sera prochainement disponible. En effet, DPS a mené une campagne fort populaire sur le site de sociofinancement Kickstarter. Avec encore une vingtaine de jours à faire, la levée de fonds de 35 000 $US (44 000 $CAN) était rendue à plus de 160 000 $US (plus de 200 000 $CAN)!

Pour 90 $US, il est encore possible de participer à la campagne et d'obtenir sa propre cire Phantom.

Bon ski!

Jean-Sébastien Massicotte

Génial hommage à JP Auclair

BLOGUE // Les années passent, mais le souvenir du talentueux skieur JP Auclair ne s’estompe pas. Exactement trois ans et un mois après la disparition tragique du Québécois dans une avalanche en Patagonie, son esprit créatif renaît à l’écran grâce à son ami, le skieur pro Tom Wallisch.

Imagination est l’oeuvre de Sherpas Cinema, le collectif derrière le populaire film de ski All.I.Can, dans lequel Auclair avait volé la vedette avec un fabuleux segment de ski urbain, en 2011.

Cette fois, le film produit par The North Face, commanditaire de Wallisch, reprend le concept dans un hommage touchant à Auclair. Le skieur de Québec et Wallisch avaient d’ailleurs collaboré pour un segment de street nocturne dans Into the Mind, en 2013.

Il faut savoir que dans l’histoire derrière le populaire segment de All.I.Can, Auclair avait expliqué que l’inspiration de cette virée à travers les rues enneigées de villages des Kootenays venait de ses rêves éveillés, dans l’enfance, quand il s’imaginait skier le relief qui défilait par sa fenêtre dans les balades en voiture.

Jean-Sébastien Massicotte

Oxygène illimité et tarif à 141 000$ pour l'Everest en quatre semaines

BLOGUE // Quand on pensait avoir tout vu ou presque à l'Everest, voilà qu'une nouvelle façon de faire se dessine. Pour les pressés qui en ont les moyens, il est désormais possible de payer jusqu'à 141 000 $CAN pour se faire guider jusqu'au sommet, avec l'oxygène illimité et en seulement quatre semaines.

Le temps, c'est de l'argent comme on entend souvent. Et dans le cas des ascensions express que proposent désormais quelques rares compagnies d'aventure, comme le notait récemment le blogueur spécialisé des expéditions à l’Everest, Alan Arnette, ce ne pourrait être plus vrai. Ainsi, au lieu de passer un gros trois mois sur la montagne pour s'acclimater, les riches montagnards peuvent amorcer leur préparation chez eux à l’altitude, avant de s'attaquer au géant de 8848 mètres.

Le secret? L'usage de tentes hypoxiques dans lesquelles les alpinistes dorment les semaines avant leur expédition. On simule ainsi l'altitude, jusqu'à l'équivalent de 7200 mètres selon Furtenbach Adventures, une compagnie qui propose le forfait Everest Flash pour 95 000 euros (141 000 $CAN).

Une fois sur la montagne, les clients peuvent s’attaquer au sommet du monde en 31 jours seulement. Sur les camps en altitude, Furtenbach Adventures offre en quantité illimité l’approvisionnement en oxygène. L’encadrement des clients est élevé à 1,5 sherpa par «touriste».

En cette époque où les versants de l’Everest sont achalandés comme jamais, souvent par des «touristes» qui ne devraient sans doute pas y être, la façon accélérée de faire est controversée. Mais, selon les promoteurs de la méthode, celle-ci doit assurer plus de sécurité en minimisant le temps d’exposition sur la montagne. La fatigue de l’expédition est aussi réduite en faisant moins d’allers-retours sur les pentes. Du coup, le taux de réussite serait augmenté.

Furtenbach s’annonce comme la seule entreprise à offrir pareil forfait tout inclus. Le nec plus ultra à l’Everest, assurément. 

Jean-Sébastien Massicotte

Un sentier, un record: la légende de François D'haene grandit

BLOGUE // Décidément, à chaque foulée, le Français François D'haene construit sa légende. Après une victoire récente au prestigieux Ultra-Trail du Mont-Blanc (UTMB), le coureur a profité de sa grande forme pour s'amener en Californie où il a fracassé le record de vitesse sur le sentier John Muir Trail, un galop d'environ 350 km et plus de 14 000 mètres de dénivelé positif.

Mardi matin à notre heure, D'haene a arrêté le chrono de sa montre Suunto à 2 jours, 19 heures et 26 minutes. Le sportif de 31 ans éclipsait du coup la marque de Leor Pantilat, qui avait complété le sentier californien en août 2014 en 3 jours, 7 heures et 36 minutes.

Évidemment, pour courir pareille distance en si peu de temps, François D'haene était accompagné d'une équipe d'encadrement de premier choix. Membre de l'équipe Salomon, le Lillois d'origine comptait sur des partenaires de course qui se sont relayés. 

Plein air

Odyssée NorAm: le retour des nomades

À peine avait-il accosté son canot à Québec, après un immense périple à travers l’Amérique du Nord, que Pierre Pépin avait une préoccupation toute nouvelle. À quelques jours d’un voyage en Ontario par affaires, l’aventurier devait envisager pour la première fois en presque quatre ans d’être séparé de sa douce, Jennifer Gosselin, sa fidèle partenaire au fil de l’eau comme dans la vie.

«Le plus long qu’on a été séparés, c’est quand un de nous deux allait faire le lavage», rigole le guide de plein air et ancien militaire. Une présence constante que le couple apprécie au plus haut point, mais qu’il sait un grand luxe dans nos vies d’urbains pressés. Pour le duo de voyageurs, c’est une solide complicité qui s’est bâtie au fil de l’eau. Dans cette vie de nomades, les amoureux mariés depuis 2007 ont appris à régler systématiquement tout différend «avant de rentrer dans la tente».

Partis à l’été 2014, Pierre, Jennifer et leur chienne Jasmine sont rentrés à Québec la semaine dernière. Au compteur, plus de 20 000 km en canot. D’abord à travers les États-Unis, puis au Canada, d’est en ouest par le nord du pays, avant de repartir en sens inverse au printemps dernier en direction de la maison.

Un chez soi qui n’est peut-être plus uniquement ici, à Québec. Car après tout ce temps sur la route, ils sont désormais chez eux partout. Sans compter que les sympathiques aventuriers ont tissé un vaste réseau d’amitiés qu’ils savent cultiver. Attablés dans un restaurant de Limoilou pour le petit déjeuner au lendemain de leur arrivée, Pierre et Jennifer étaient détendus et sereins. Une «zénitude» qui était belle à voir.

Pas de «blues» de fin de voyage à l’horizon. Car après un peu de temps avec la famille et les amis, le duo de Wild Raven Adventure se plongera dans de nouveaux projets. Un peu partout, les offres sont au rendez-vous. «On a de l’ouvrage», résume le canoteur de 58 ans, qui prévoit prendre quelques contrats ici et là — en rénovation notamment — pour renflouer les coffres. Pendant ce temps, Jennifer, 37 ans, s’attaquera aux projets de livres et de documentaire qu’ils imaginent depuis déjà un moment.

Des moteurs pour la suite des choses. «On repart au printemps», assure Pierre. Un retour à leur vie normale si on peut dire, celle qu’ils ont su mettre en place, un coup d’aviron à la fois. Cette fois cependant, c’est un «roadtrip» plus régulier — et motorisé — qu’ils ont en tête. Puis éventuellement, ce sera un retour à l’action à bord d’un petit voilier ou autrement. Ça reste à déterminer, mais l’eau ne sera jamais bien loin.

Mais d’abord, «on veut faire un documentaire sur les gens qui ont changé notre vie durant le voyage. Retourner aussi voir ceux dont on a changé la vie…» Comme cette dame dans la soixantaine rencontrée dans les Keys, en Floride.

Rencontre déterminante

À la recherche du meilleur endroit pour faire la mise à l’eau du canot dans un endroit difficile à cause des courants, Pierre avait croisé la femme par hasard. Après avoir engagé la conversation, il s’était mis à lui parler du voyage. D’où ils arrivaient, où ils s’en allaient. Il lui avait laissé une carte d’affaires. Sans le savoir, il venait de lui sauver la vie…

«Elle s’est mise à nous suivre, on s’est écrit», poursuit Jennifer. «Ce jour-là, elle voulait se suicider. Elle voulait se jeter dans le courant. Mais ce n’est qu’un an et demi plus tard qu’on l’a su. Qu’elle nous l’a dit…» 

Par procuration, l’aventure des Québécois aura été thérapeutique pour la dame qui ne voyait plus d’issue à ses problèmes financiers, notamment.
D’autres fois, c’est la générosité des gens rencontrés qui a fait grandir Pierre et Jennifer. Ils ont tant appris et découvert au contact de ceux qui habitent tous ces endroits visités. «On comprend mieux certaines réalités après y avoir vécu», résume Pierre. Comme celle des Premières Nations. Les Québécois restent encore marqués par cette rencontre avec l’aînée crie Stella Neff, à Grand Rapids, au Manitoba. 

Une leçon de sagesse, de résilience et de courage qui a grandement impressionné le couple.

«Le voyage nous a changé de plein de façons», insiste Pierre, qui apprécie de plus en plus le mode de vie simple lié à l’aventure. «Je n’ai même plus de montre!»

Devant le flou des prochains mois qui demeure, le couple ne s’en inquiète plus comme avant. «L’après» ne fait plus peur. Au contraire, cette fenêtre ouverte n’est qu’une occasion pour de nouvelles opportunités. «On s’en va dans du nouveau!» philosophe Pierre. «Mais on ne refait pas carrière», garantit aussitôt Jennifer avec son sourire habituel.
La vie nomade est devenue leur véritable réalité. Une identité qu’ils embrassent avec bonheur et dont ils ne veulent plus se passer.

Info: wildravenadventure.com

Jean-Sébastien Massicotte

Une tente pour dormir sur l'eau

BLOGUE // Dormir sous la tente prend un tout nouveau sens avec l'entreprise SmithFly. Grâce à sa tente flottante Shoal, c'est un îlot privé qui vous attend le soir venu. Il ne suffit que d'ajouter de l'eau!

Pour SmithFly, le concept est simple: la Terre est recouverte à 70% d'eau, vous pouvez maintenant y camper.

À la frontière entre le radeau de sauvetage et la tente, la Shoal possède un fond gonflable de 15 cm d'épaisseur qui sert de matelas. La toile détachable du toit est supportée par une armature gonflée, sans arceau.

Un campeur de 6'3" peut y dormir en tout confort selon le fabricant américain. 

Tout juste dévoilée, la tente est actuellement en précommande. Les premiers exemplaires doivent être livrés à partir de la fin décembre.

Petits détails non négligeables, le «lit d'eau» nouveau genre n'est pas des plus compacts, ni des plus légers. Si elle se roule pour le transport, la Shoal reste encombrante et pèse 75 lb. 

On l'oubliera donc pour une expédition en kayak, mais pour une nuit hors de l'ordinaire au chalet, c'est une autre affaire. 

À 1500 $US, la Shoal n'est pas non plus à la portée de toutes les bourses. Mais pour les plus motivés, la tente est en promotion durant la prévente... à 1275 $US.

Info: smithfly.myshopify.com

 

Insolite

Le parc le plus au nord du Canada, accessible de son salon

Roxanne Ocampo, La Presse canadienne MONTRÉAL - Le parc national Quttinirpaaq porte bien son nom inuktitut: situé dans le nord de l’île d’Ellesmere, dans l’Extrême-Arctique, il s’agit vraiment du «toit du monde». À ses rares visiteurs s’ajouteront maintenant de curieux internautes assouvissant de manière virtuelle leurs rêves de randonnée les plus fous.

Pour s’émerveiller devant les paysages accidentés du parc, où s’entrechoquent calottes glaciaires et montagnes en dents de scie, le site web de Tourisme Nunavut conseille de prévoir entre 30 000 et 50 000 $ et ce, seulement pour le vol aller-retour à partir du hameau inuit de Resolute, lui-même déjà au Nunavut. Mais une autre option s’offre dorénavant aux aventuriers moins fortunés: naviguer sur Google Street View, dans le confort de leur salon.

Dans le cadre d’un partenariat avec Parcs Canada, Google Street View a capté des images de ce parc reculé pour offrir aux internautes une expérience se voulant immersive, avec des prises de vue panoramiques qui simulent une visite réelle.

Jean-Sébastien Massicotte

Un ultramarathon de 54 km à travers Québec

BLOGUE // La saison de course à pied 2017 tire à sa fin, mais ceux et celles qui ont encore des jambes pourront se gâter le samedi 14 octobre prochain. Pour une première fois, un ultramarathon de 54 km à travers Québec sera tenu en marge du Défi courir 6h en coeur, organisé au bénéfice de la Fondation québécoise pour les enfants malades du cœur.

Dans un format participatif, les coureurs de l'ultra auront la chance de traverser Québec à partir du parc Paul-Émile-Beaulieu, à proximité du Lac-Saint-Charles, jusqu'à l'arrivée à la base de plein air de Sainte-Foy, en passant par les abords du fleuve Saint-Laurent, par le Corridor du littoral et la Promenade Samuel-de-Champlain notamment.

Un parcours qui «reliera tous les sentiers de la ville de Québec», précise Janic Allard, coordonnatrice de l'événement. Les coureurs auront notamment la chance de découvrir la totalité des 32 km du tracé le long de la rivière Saint-Charles. Près d'une trentaine de coureurs sont déjà inscrit pour la première. Et les inscriptions sont toujours possibles, bien que le temps commencer à presser. 

«C'est un événement de plaisir», résume Janic Allard, qui s'enthousiasme de l'ajout du volet ultra en marge de cette quatrième présentation à Québec de Courir 6h en coeur. 

Car le Défi est avant tout un grand rendez-vous pour tous. Au dernier décompte de l'organisation, un total de 52 équipes pour un total de 275 coureurs sont attendus samedi pour la portion de la course de six heures. Un sommet pour l'organisation.   

Seuls ou en équipe à relais — en famille, entre collègues ou entre amis—, les coureurs devront sans arrêt s'exécuter sur le circuit de 2,1 km de la base de plein air. Si certains cumuleront le plus de kilomètres possibles durant les six heures, d'autres s'y relayeront simplement pour le plaisir de bouger.

Un six heures qui correspond à «la durée moyenne d'une chirurgie cardiaque pour un enfant», raconte Janic Allard.

Pour tout savoir sur l'événement, s'y inscrire ou encore simplement y assister, visitez le site Web du Défi.

Bonne course!