«J’apprécie vivre dans une ville magnifique comme Genève. Il s’agit aussi d’une ville internationale avec l’OMS, la Croix-Rouge, les Nations Unies et on y rencontre beaucoup d’expatriés», dit Louis Matte.

Partir vivre... en Suisse

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Cette semaine, situation inusitée, ce sont des jumeaux qui vous racontent leur parcours d’expatriés. Tranches de vie.

NOM : Louis et René Matte

ÂGE : 47 ans

PROFESSION : Entraîneurs de hockey professionnel

Trajectoire

Ils ont grandi à Val-Bélair, dans la région de Québec. Sans se douter que la vie les mènerait tous les deux en Suisse.

Louis : «J’entraînais au hockey mineur de Beauport pendant mes études en éducation physique à l’Université Laval. Puis j’ai eu la possibilité d’aller entraîner au hockey mineur de Genève-Servette en 1997. Je suis aujourd’hui assistant-entraîneur et assistant au directeur général avec l’équipe professionnelle du Genève-Servette Hockey Club, qui évolue dans la Ligue nationale suisse.»

Louis en train de coacher un match en Ligue nationale suisse

René : «J’ai fait toutes mes classes d’entraîneur dans la région de Québec. Après six saisons dans la LHJMQ, j’ai décidé d’accepter le poste d’entraîneur adjoint avec le Hockey Club Fribourg-Gottéron de la Ligue nationale A suisse, en 2006. Depuis les trois dernières saisons, j’entraîne le Hockey Club Ambrì-Piotta (région suisse italienne).»

Louis et René, avant un match l’un contre l’autre. Les deux frères, qui habitent à une heure trente minutes de distance, se voient autrement durant la période des Fêtes et surtout l’été. Louis est le parrain de Jade et tout le monde profite des anniversaires pour se visiter.

Raisons

Louis : «À défaut d’avoir un poste d’enseignant régulier en sortant de l’université, j’ai tenté l’expérience d’être entraîneur de hockey professionnel en Suisse. J’y vis depuis 23 ans, sans jamais regarder en arrière. Nous avons de bonnes conditions de travail, j’ai la chance de voyager pour le boulot et j’apprécie vivre dans une ville magnifique comme Genève.

En 2006, Fribourg-Gottéron cherchait un assistant coach pour l’équipe professionnelle et j’ai établi le contact pour mon frère. Il était venu me visiter quelques fois et m’avait mentionné que si un poste se présentait, il serait intéressé.»

René : «J’ai fait le saut pour tenter l’expérience et accéder au hockey professionnel européen. Depuis 2006, j’ai eu la chance de voyager dans pratiquement tous les pays d’Europe.»

«Nous avons remporté la Coupe Spengler 2014, à Davos, avec des joueurs de hockey québécois ayant joué dans la LNH. On y voit le numéro 10, Matt Lombardi, le numéo 51, Francis Bouillon et le numéro 81, Alexandre Picard. Ce tournoi est très connu au Québec durant la période des Fêtes», précise Louis.

Le plus dur à apprivoiser…

Louis : «Dès le début, j’ai été très bien accueilli et j’avais la chance d’avoir d’autres collègues canadiens. Les Suisses sont d’abord distants, mais très respectueux et ne veulent pas déranger. Puis dès que vous avez leur confiance, c’est plus facile.»

René : «Me retrouver seul le dimanche, avec tous les commerces fermés. En Suisse, le dimanche est consacré au repos et aux sorties en famille. J’ai aussi dû m’habituer à la langue, car Fribourg est une ville bilingue (français et allemand), et le suisse allemand est difficile à apprendre et à parler. Mais depuis trois ans, je travaille en italien avec mon nouveau club.»

Aujourd’hui, je vis comme un Suisse parce que...

Louis : «J’y ai rencontré ma femme Louise et nous avons une fille, Talia. J’ai la nationalité suisse depuis plus de sept ans. Nous avons construit notre maison à Genève. Je voyage en tramway à Genève ou en train à travers la Suisse. Je profite des longs week-ends pour visiter les grandes métropoles européennes. Et je suis maintenant un admirateur de Roger Federer et de Stan Wawrinka, héros du tennis suisse.»

Louis avec sa femme, Louise, et leur fille Talia

René : «J’y ai rencontré ma femme Nadia et de notre union est née Jade, notre fille de 10 ans, la plus drôle des petites Québécoises vivant en Suisse. Je passe maintenant mes dimanches en famille!»

René, Nadia et Jade
Jade, la fille de René, au mont Cervin (Zermatt), une station prisée par la famille pour aller skier.

Je mange...

Louis : «J’adore la fondue moitié-moitié gruyère-vacherin durant l’hiver. J’y ai aussi découvert les bons vins genevois, ainsi que les spécialités locales comme la longeole, une saucisse de porc et fenouil et le cardon, un légume ancien proche de l’artichaut et du céleri.»

René : «Comme tout bon Fribourgeois, en hiver, une bonne fondue moitié-moitié ou une raclette entre amis. Début septembre, je fête la Bénichon (fête de paysans qui célèbre la fin des moissons) et je mange le menu spécial pour l’occasion. Et bien sûr, je suis un grand amateur de chocolat suisse.»

J’habite...

Louis : «Au Grand-Lancy, une commune près du centre de Genève, qui demande cinq arrêts de tram pour arriver au bord du lac Léman ou de la vieille ville.»

René : «À Belfaux, une petite commune en banlieue de Fribourg, à environ 30km de Berne, la capitale helvétique. On est pratiquement situé en plein centre de la Suisse, à peine à 15km de trois gros lacs et à 45 minutes de belles stations de ski, comme Gstaad.»

René vit à Belfaux, une petite commune en banlieue de Fribourg.

Je m’ennuie….

Louis : «De mes parents, de ma sœur et de sa petite famille, surtout dans le temps des Fêtes. J’ai parfois une crise de cretons faits par ma mère ou encore d’un bon club sandwich de chez Patate Plus, à Val-Bélair.»

René : «De mes parents et de ma famille, spécialement quand le temps des Fêtes arrive. Le fromage en grains me manque aussi et une bonne poutine de chez Ashton.»

Je reste branché au Québec en….

Louis : «Consultant lesoleil.com ou TVA Sports sur Internet chaque matin pour connaître l’actualité sportive et régionale. Je skype famille et amis pour prendre des nouvelles et j’essaie de revenir une fois par année passer de bons moments avec eux.»

René : «Consultant les réseaux sociaux, dont Skype, qui me permettent de rester en contact avec mes amis et ma famille. Et tous les matins, je consulte RDS.ca et NHL.com pour voir les derniers résultats.»

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