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«Arianne et Daphné à Anguilla. À l’arrière, on aperçoit les montagnes de l’île Saint-Martin.»
«Arianne et Daphné à Anguilla. À l’arrière, on aperçoit les montagnes de l’île Saint-Martin.»

Partir vivre aux Bahamas: plus forts que l'ouragan

Raphaëlle Plante
Raphaëlle Plante
Le Soleil
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Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre à l’autre bout du monde. Pour le travail, par amour ou juste pour voir si l’herbe y est plus verte. Le Mag présente ces expatriés qui acceptent de raconter leur nouvelle vie à l’étranger.

Nom: Danielle Gauthier
Âge: 43 ans
Profession: auparavant agente des services correctionnels, maintenant maman à la maison
Ville d’origine: Saint-Jacques, dans Lanaudière
Ville d’adoption: de 2015 à 2020 Marsh Harbour, Bahamas; depuis juillet 2020 Nassau, Bahamas
Partie depuis: janvier 2015

Ma trajectoire…
«Je travaillais à Montréal lorsque j’ai décidé de mettre un terme à mon union avec le père de mes deux enfants. En 2008, j’étais prête à relever le défi d’être mère monoparentale. Puis, j’ai rencontré Chad sur un site de rencontre. Chad et moi n’avions qu’un seul obstacle : un océan nous séparait. J’étais déterminée à relever le défi pour maintenir notre amour entre les îles Turquoises et le Québec.»

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«À Manjack Cay, dans les Abacos, les raies et les requins viennent souvent nous saluer.»

La raison de mon départ…
«L’amour pur et simple. J’étais épuisée de compter les jours de visites entre les îles Turquoises et Anguilla, le lieu où demeurait Chad, afin de garder mon statut de résidente du Québec. En 2015, nous avons profité d’une de ses promotions pour nous installer avec les enfants aux Bahamas. Nous avions décidé qu’il était temps pour mes filles Arianne et Daphné et moi de quitter définitivement le Québec et de devenir résidentes des Bahamas. Nous voulions leur offrir plus de stabilité.»

Le plus dur à apprivoiser…
«Le coût de la vie. Les Bahamas sont classés comme ayant un coût de la vie presque aussi élevé que la Suisse. Les prix sont démesurés. Après six ans à vivre aux Bahamas, il m’arrive encore de faire le saut à l’épicerie ou de me dire : “Non, je ne payerais jamais aussi cher pour cet item”.»

«Une photo de Chad et moi prise à Anguilla. Célébrer la vie!»
«Daphné à son premier carnaval, à Anguilla. Elle s’était promis qu’un jour elle y participerait.»

Je vis comme…
«Une insulaire. Je m’adapte au changement des marées et ça me fascine. Je m’émerveille à dire bonjour aux tortues et aux dauphins. Je vis en alerte de juin à novembre, car je crains constamment les tempêtes tropicales et je suis leur progression sur les sites Internet. J’ai appris à naviguer avec mon équipage dans les tempêtes.»

Je mange…
«J’apprécie la langouste et le poisson pêchés par mon époux et son ami. J’aime à l’occasion de la salade de lambis que l’on nomme ici conch salad. Tout comme les Bahamiens, je raffole de la “souse” qui ressemble un peu à notre poule au pot, mais avec de la lime et des épices. À Nassau, il est très facile d’obtenir tous les produits américains en quelques jours. Par contre, le prix à payer est très élevé, souvent trois fois le prix affiché aux États-Unis.»

Arianne à Providen­ciales, îles Turquoises
Daphné lors d’une rencontre avec les flamants roses au complexe hôtelier Baha Mar à Nassau.

J’habite…
«Une maison unifamiliale dans un quartier résidentiel de Nassau, la capitale des Bahamas. Curieusement, nous habitons tout près de la maison de Julie Masse et Corey Hart, mais je n’ai pas encore eu cette chance de les rencontrer personnellement. J’habite Nassau depuis juillet dernier, mais je vis aux Bahamas depuis six ans. Auparavant, j’habitais sur l’île Great Abaco, dans la chaîne insulaire des Abacos.»

Les Bahamas à l’ère de la COVID-19… 
«Le gouvernement a une tâche difficile puisque le pays est formé de plusieurs petites îles. Il doit agir pour protéger tous les citoyens, peu importe leur lieu de résidence. Ces îles sont souvent sans ressources médicales adéquates, ce qui implique de transporter les patients atteints sévèrement par avion. Maintenant, les Bahamas se relèvent assez bien. Les dirigeants essaient de trouver un équilibre entre recevoir des touristes pour maintenir leur économie principale et maintenir la santé des citoyens.»

«Daphné à Anguilla : le plaisir d’aller chercher ses propres langoustes!»
«Arianne à Cherookee Sound, Abaco, avec le fameux <em>conch</em> qui est mangé de plusieurs façons dans les Caraïbes.»

Une expérience marquante de ma vie aux Bahamas...
«Survivre à l’ouragan Dorian le 1er septembre 2019. Cet ouragan a été répertorié comme le plus dévastateur depuis qu’on les mesure. Nous étions en impact direct dans l’œil de cet ouragan historique. Les vents fouettaient notre île à une force entre 255 et 355 km/h. Dorian a provoqué de nombreuses tornades qui détruisaient tout sur leur passage. Une onde de marée d’environ 20 pieds est venue surprendre tous les habitants en transformant les rues en rapides et en inondant certaines maisons jusqu’au plafond. 

«Tous les éléments étaient rassemblés pour faire vivre une terrifiante expérience de 36 heures aux habitants de Great Abaco et ses îles environnantes. Nous avons dû nager dans la boue entre les arbres et la ferraille. Une de mes filles s’est coupée sérieusement. Puis, après le départ de Dorian, il nous a fallu survivre pendant des jours avant d’être évacués. Ma famille et moi avons survécu et nous en sommes très heureux. Mais plusieurs de nos voisins et amis n’ont pas eu cette chance. Il y a Liolly, une Ontarienne de 27 ans, qui malheureusement fait partie des victimes. 

«En quelques heures, notre île que l’on considérait notre coin de paradis a été totalement dévastée. La nature nous a fait la guerre. L’île se relève très difficilement depuis. D’ailleurs, la pandémie est venue aggraver la situation. Il y a encore des personnes vivant dans des tentes, des gens sans électricité. L’eau courante est devenue intermittente. Dorian n’a pas enlevé la beauté de la mer des Abacos, mais les conditions de vie sont très précaires depuis son passage. Il est très difficile de vivre dans la destruction. Même si, depuis juillet 2020, nous ne vivons plus sur Great Abaco, nous nous y rendons souvent. Nous sommes très attachés à cet endroit chez nous.»

«Rêve accompli pour Daphné dans les Bahamas : elle s’est jointe à la troupe de junkanoo de son école et ils ont remporté le Junior Junkanoo.»

Comment je passe le temps…  
«Depuis quelques mois, je me suis mis à l’écriture d’un livre qui portera sur la vie d’expatriée certes, mais surtout sur ce que je qualifie de “l’expérience de toute une vie”, celle d’affronter un ouragan catégorisé “Enfer”.  

«Mes enfants sont rendus à un âge qu’ils n’ont plus beaucoup besoin de moi. Je suis devenue famille d’accueil pour petits chatons, je les aide en les nourrissant, leur donnant les soins appropriés. C’est avec bonheur que je les regarde s’envoler pour une vie meilleure au Canada.  

«Je fais du bénévolat pour un centre de conservation de la nature à Nassau et j’apprends beaucoup sur les animaux hébergés. Ce centre, dont les revenus principaux sont la visite des croisiéristes, est actuellement très affecté. Il n’a plus de revenus depuis le mois de mars. Malgré cette pandémie, on doit continuer de soigner les animaux, les nourrir et les stimuler.»

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«Mon nouveau défi : aider l’organisation Bahamas Human Society, à Nassau. Nous sommes famille d’accueil pour petits chatons, nous en avons accueilli huit en six mois. Grâce à la générosité des Canadiens, ils se sont envolés à Toronto et en Nouvelle-écosse.»