«Je suis passé des forêts et des montagnes de neige du Québec aux dunes sans végétation du Qatar.»

Partir vivre... au Qatar

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM : Samuel Genest

ÂGE : 27 ans

PROFESSION : Ingénieur

Trajectoire

«J’ai vite pris la décision de partir à l’étranger quand l’occasion s’est présentée et j’ai quitté Beauport pour le Qatar à la fin de mes études en génie civil à l’Université Laval. En vue de la Coupe du monde de soccer de 2022, plusieurs projets sont en construction au Qatar. Je travaille sur le Doha Metro. Il vise à améliorer le transport en commun de la petite péninsule arabe, qui compte plus de 2,6 millions d’habitants, dont 90% sont des expatriés.»

«Le Doha Metro Project, évalué à plus de 12 milliards de dollars, servira à transporter la foule de supporteurs, lors de la Coupe du monde de soccer en 2022.»

Raison

«J’ai voulu débuter et propulser ma carrière professionnelle avec les avantages offerts aux expatriés. J’étais aussi à la recherche de l’aventure et de l’inconnu. Je ne pouvais pas demander mieux! En trois ans, j’ai eu la possibilité de découvrir le monde en parcourant plus d’une douzaine de pays: Dubaï, Oman, Koweït, Sri Lanka, Suisse, Royaume-Uni, Espagne, Les Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, France, Bali, Danemark, Suède et Philippines.»

Le 18 décembre est la fête nationale du Qatar. Au programme, plusieurs activités: parade militaire, feux d’artifices, spectacles, concerts...

Le plus dur à apprivoiser…

«Au Moyen-Orient, la canicule dure tout l’été et le mercure monte à plus de 45 degrés. Un autre choc: la nature et les activités en plein air, qui ne sont pas comparables. Je suis passé des forêts et des montagnes de neige du Québec aux dunes sans végétation du Qatar. J’ai aussi dû m’habituer aux fins de semaine, qui s’étirent du vendredi au samedi. Car pour les musulmans, le vendredi est le jour de la prière, comparable au dimanche, le jour du Seigneur, pour les catholiques.»

Au Moyen-Orient, la canicule dure tout l’été et le mercure monte à plus de 45 degrés.

Aujourd’hui, je vis comme un Qatari parce que...

«Les Qataris ont deux activités favorites. Soit une sortie dans le désert ou à la plage pour faire un barbecue avec toute la famille et les amis. Soit une sortie dans les différents et extravagants centres commerciaux. Le Qatar se veut un pays en développement et ouvert, comparable aux Émirats unis (Dubaï).»

Tous les adeptes de désert se rejoignent la fin de semaine afin de participer à des compétitions improvisées sur les dunes.

Je mange...

«On retrouve ici toutes les sortes de cuisines du monde (asiatique, indienne, européenne, américaine, etc.). Même la poutine est offerte dans quelques restaurants! On ne manque de rien et je me sens choyé par tout ce qui est proposé, des petits restaurants aux hôtels cinq étoiles. Bien que le vendredi soit le jour de la prière, pour les expatriés, c’est le fameux Friday Brunch, où tous les hôtels offrent une formule “All you can eat, all you can drink”.»

«Le Qatar est un pays très ouvert à toutes les autres cultures et religions.»

J’habite...

«Le prix des logements est excessif. Heureusement, les compagnies offrent aux expatriés diverses allocations (logement, voiture, cellulaire, billet d’avion) pour compenser les dépenses supplémentaires en vivant ailleurs qu’au Canada. Dans mon cas, j’habite un appartement-hôtel en colocation au cœur de la ville de Doha. On y vit comme des rois, on n’a pas besoin de s’occuper du ménage, du lavage, ni même de la vaisselle. On en profite, en sachant que ce mode de vie, que cette bulle unique au Qatar, va se terminer tôt au tard.»

«Le JW Marriott Marquis est mon lieu de résidence, à Doha, la capitale du Qatar, où vivent la plupart des expatriés.»

Je m’ennuie...

«Des loisirs et du temps libre, une denrée rare. On doit travailler plus de 10 heures par jour, 6 jours par semaine. Pour survivre, on planifie le prochain voyage, une source de motivation. Les conditions météorologiques rendent aussi difficiles les activités en plein air ou en dehors du gym. Je dois avouer que j’ai pris un peu de poids avec tous ces Friday Brunch. Le plus dur est bien sûr l’éloignement de la famille et des amis. La technologie aujourd’hui facilite la communication, mais rien n’est comparable au contact en personne.»

Je reste branchée au Québec en...

«Je suis les nouvelles de Québec et moi aussi j’aurais préféré avoir un métro plutôt qu’un tramway... Ce qui m’aurait donné plus de chance de revenir travailler quelques années dans ma ville natale.»

Les plus gros gratte-ciel, mélange d'édifices à bureau et d'hôtels 5 étoiles, se dressent à West Bay. Ici sur fond de lune, un symbole de l'islam.

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...

«L’amour! Au cours de mon expatriation, j’ai rencontré une personne incroyable pour le reste de ma vie. Mais si je pense à quelque chose de plus pratique pour les Québécois, je ramènerais le tarif des taxis au Qatar. Le prix est de seulement 3$ pour une course de 10 minutes. Enfin, je voudrais faire connaître la richesse de la culture arabe et de la religion. Il faut ouvrir nos pensées, afin de découvrir les bons côtés de chacun.»

«Tomber en amour a été la chose la plus formidable que le Qatar pouvait m’offrir.»

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