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«Le Temple Fushimi Inari à Kyoto qui a été fondé dans les années 700 est un coup de cœur. Son sanctuaire fait de plus de 10 000 <em>torii</em> rouges (portails traditionnels japonais) est assez incroyable. Un pays riche en histoire!»
«Le Temple Fushimi Inari à Kyoto qui a été fondé dans les années 700 est un coup de cœur. Son sanctuaire fait de plus de 10 000 <em>torii</em> rouges (portails traditionnels japonais) est assez incroyable. Un pays riche en histoire!»

Partir vivre au Japon: au pays des foodies et du Soleil levant!

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
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Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre à l’autre bout du monde. Pour le travail, par amour ou juste pour voir si l’herbe y est plus verte. Le Mag présente ces expatriés qui acceptent de raconter leur nouvelle vie à l’étranger.

Nom : Catherine Lapierre
Âge : 37 ans
Profession : directrice des ventes, marché international au Hilton de Tokyo
Ville d’origine : Sainte-Claire, dans Bellechasse
Ville d’adoption : Tokyo, au Japon
Partie depuis : 2014

Ma trajectoire…
«À 18 ans, sac à dos à l’épaule, je pars à la découverte de l’Amérique latine. Quelques années après, c’est le Transsibérien, de Moscou à la Chine et l’Asie du Sud-est. Je retourne travailler au Cambodge après ce dernier périple. Finalement de retour au pays, je retrouve l’amour de ma vie puis une nouvelle opportunité se présente pour repartir vers Paris. Nous y vivrons quatre ans. Puis le Japon nous a appelés et nous y sommes depuis bientôt trois ans.»

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La raison de mon départ…
«Depuis aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours eu envie de découvrir le monde, j’ai toujours eu soif d’aventures. Je sautais sur toutes les opportunités afin d’y parvenir : échanges et voyages étudiants, congés d’été, stages, travail, etc. Le fascinant monde de l’hôtellerie m’a ouvert de belles portes sur le monde! Et que dire de ces beaux liens d’amitié qui se sont créés au fil des années. Cela représente une valeur inestimable à mes yeux.»

«Le temple d’or de Kyoto (Kinkaku-ji) est un vrai trésor du Japon. Il est recouvert en entier d’or pur. Assez incroyable comme endroit!»
«Le Chemin du philosophe à Kyoto est à mon avis le plus bel endroit pour contempler les cerisiers en fleurs au Japon. J’ai dû me pincer plusieurs fois pour m’assurer que je ne rêvais pas. Le printemps japonais est un pur bonheur pour les yeux! Je n’ai jamais vu autant de belles fleurs dans ma vie.»

Ma plus grande surprise…
«Le Japon me surprend chaque jour. Par son calme apaisant, ses doux silences, sa propreté immaculée, sa minutie dans les simples détails, son fabuleux riz, son incroyable pain, ses toilettes intelligentes, son génie civil, son sens de la communauté, ses attentions délicates, ses jolies fleurs, ses petits bidules intrigants, ses distributrices à double température, ses délicieux repas de dépanneurs, sa musique attachante qui annonce 17h.»

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Le plus dur à apprivoiser…
«Le japonais! Bien que ce ne soit pas une langue grammaticalement très compliquée, il faut tout réapprendre. Des ustensiles aux couleurs, les chiffres aux adjectifs, etc. Pouvoir m’exprimer simplement et lire les hiraganas et katakanas [NDLR : un peu comme les caractères de l’alphabet] sera mon objectif pendant notre séjour. Jusqu’à maintenant, je dirais que je suis à 25 %. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais comme on dit en japonais : ganbarimasu! (je vais faire de mon mieux!)»

«Difficile à croire que cet <em>onsen</em> (source d’eau chaude) à Jigokudani est rempli de macaques japonais!»
«Je m’émerveille toujours lorsque je vois les Japonais avec leurs plus beaux habits. Autant chez les femmes que chez les hommes et tout particulièrement chez les enfants. Je craque chaque fois!»

Je travaille…
«Depuis toujours en hôtellerie. Je suis actuellement directrice des ventes pour le marché international chez Hilton Tokyo. Ma principale responsabilité est d’aller chercher des réunions et congrès internationaux. Il va sans dire que la dernière année fût extrêmement difficile. Je reste confiante que les affaires reprendront. Notre industrie se réinvente et je trouve cela intéressant de voir à quel point les gens sont créatifs et rebondissent bien.»

Je mange...
«Tellement bien. C’est le paradis du foodie! Je suis fascinée par la délicatesse de la gastronomie japonaise. Le style kaiseki [NDLR : plusieurs petits plats servis ensemble] me fait penser à une œuvre d’art. Tokyo est la ville la plus étoilée Michelin au monde. On peut même trouver un ramen étoilé pour moins de 15 $! Je mange aussi québécois. J’achète par exemple de Olymel qui fait le bonheur de plusieurs avec ses produits de réputation mondiale! On peut être fiers de nos exportateurs!»

«Manger est sans doute mon activité préférée.»
«Les <em>kaiten sushis</em> (sushis tournants) sont de loin les préférés de nos enfants. Tout est en libre-service et, par la suite, on paie selon le nombre d’assiettes et leurs couleurs. Par exemple, pour cette belle tour d’assiettes, nous avons payé environ 20 $.»
«Le célèbre monsieur Toyo qu’on peut voir dans l’un des épisodes de <em>Street Food</em> sur Netflix en compagnie de notre grande épicurienne. Charlie a toujours été curieuse et adore essayer de nouvelles choses. Elle adore la cuisine japonaise et même les fameux <em>natto</em> [graines de soja fermentées]!»

J’habite...
«Au centre-ville de Tokyo. Bien que ce soit une ville dense, il y a beaucoup de parcs et d’espace verts. Je me suis acheté un vélo électrique. C’est ce que la majorité des mères japonaises ont au Japon. J’ai deux sièges d’enfants. À première vue, c’est imposant, mais je ne peux plus m’en passer! Je vais porter les enfants à la garderie et m’en sers pour rapporter les courses. Faire du vélo à Tokyo est à mon avis hypersécuritaire et tellement pratique.»

Je m’ennuie…
«De ma famille et de mes amis! Ce qui me manque le plus est de ne pas pouvoir être présent à des moments de vie importants de mes proches (anniversaires, naissances, etc). Aussi de notre nature et du plein air québécois. Il est si accessible! Souvent dans notre propre cour. Se faire un feu, faire 20 minutes d’auto pour skier, aller à la chasse, la pêche, aux pommes, cueillir des citrouilles, faire une épluchette, un BBQ en plein mois de janvier!»

Comme un enfant dans une boutique de bonbons! «Nous aimons beaucoup l’art. Vivre à l’international et voyager nous permet de faire de jolies découvertes et de voir les choses sous d’autres angles et de nouvelles perspectives. On adore le faire avec nos enfants. Jouer à Peter Pan et pousser les limites de l’imagination…»
«Lorsque ma famille est venue nous visiter, nous avons eu la chance d’assister à un entraînement de sumo, un des sports nationaux du Japon. C’était vraiment une superbe expérience! J’ai beaucoup de respect pour cette discipline. Bien hâte d’assister à un tournoi!»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec…
«Leur système de recyclage! Au départ, je n’étais pas convaincue, mais je suis devenue adepte! Chacun contribue au succès de celui-ci. Le tri se fait à la maison. Le papier, carton, verre, plastique, bouteilles, cannettes, petits objets brisés… C’est une logistique importante, certes, mais on s’y habitue et ça devient une si belle habitude qui optimise le recyclage. Aller porter le recyclage est l’une des activités préférées de ma fille.»

Un bon coup du Québec que j’apporterais dans ma ville d’adoption…
«Notre créativité. Dans nos publicités, nos sites Internet, dans la mise en marché. Juste les étiquettes de bières me font halluciner! Les Québécois sont très forts dans le visuel, la créativité et la culture. Cela est très reconnu et en demande au Japon.»

«Senso-ji est le plus vieux temple bouddhiste de Tokyo. J’adore l’ambiance! On peut souvent voir des Japonais et même des expatriés et/ou touristes qui portent l’habit traditionnel. Un beau bain culturel et historique…»

La famille à l’étranger…
«J’ai le bonheur d’avoir une famille et belle-famille unies. On réussit à garder une belle proximité malgré la distance. Avec ma famille, nous avons créé un groupe WhatsApp où on se partage des photos, nos p’tites histoires, des jokes drôles ou moins drôles. On se connecte régulièrement par appels vidéo. Et nous les avons accueillis au Japon à quelques occasions. On a plusieurs amis qui sont également venus nous voir. Ça fait toujours un grand bien!»

Je reviendrais vivre au Québec ou pas?
«Certainement!»

Vos conseils pour un Québécois qui songe à vivre à l’étranger…
«Voyager et vivre à l’étranger sont deux choses très différentes. Il faut être bien conscient des enjeux entourant la famille, les assurances, la distance, etc. Il faut bien se préparer pour le long terme, faire ses recherches et choix en conséquence. Cela fera une importante différence sur le succès de l’expérience et l’adaptation. Un bon conseil est de numériser les pièces d’identité, justificatifs, etc. Vous en aurez besoin souvent!»

«Les Alpes japonaises! Bien heureuse de les avoir pas très loin de Tokyo. Les joies de l’hiver en famille sont et seront toujours de bons souvenirs.»

Mon pays d’adoption à l’ère de la COVID-19…
«Comme partout, la dernière année fut très pénible et le futur demeure encore fort incertain. Un aspect particulier au Japon concerne évidemment la tenue éventuelle des Olympiques à l’été 2021 et encore beaucoup de questions demeurent sans réponse à ce niveau.»

Une anecdote de votre pays d’adoption…
«Pour mes 35 ans, je voulais relever un défi. J’ai fait l’ascension du mont Fuji avec mon conjoint et un ami de longue date, aussi Québécois qui habite au Japon. Nous avons fait l’ascension de nuit pour voir le lever du soleil, au pays du Soleil levant! C’est la tradition et c’était une superbe expérience! Pour vous faire rire, quelques mois avant, j’accouchais d’un bébé de 11 livres dans un pays où les bébés font en moyenne 6 livres. Un record pour l’hôpital!»

«Voici une photo après avoir fait l’ascension de nuit du mont Fuji (six mois après avoir accouché).»