Karine Tremblay
La Tribune
Karine Tremblay
Dès le 1er décembre, les originaux sirops à cocktail de la nouvelle enseigne Ô Sirop seront en vente à travers tout le Québec via la boutique en ligne osirop.ca.
Dès le 1er décembre, les originaux sirops à cocktail de la nouvelle enseigne Ô Sirop seront en vente à travers tout le Québec via la boutique en ligne osirop.ca.

Originaux sirops

CHRONIQUE / Les originaux sirops du restaurant Ô Chevreuil retenaient l’attention des gourmands depuis déjà un bon moment.

Réputé pour ses inventifs cocktails (et ses délicieuses assiettes, évidemment), l’établissement sherbrookois songeait vaguement à commercialiser quelques-uns de ses nectars sucrés. 

C’était un beau projet, une idée chouette que les proprios Maxime Saumier Demers et Charles-Emmanuel Pariseau ne prenaient jamais le temps de « mettre en bouteille ». 

Et puis la COVID a imposé la fermeture de la salle à manger. 

Entre la préparation de repas pour emporter et les capsules de cuisine mises en ligne, les restaurateurs ont eu le temps de développer leurs sirupeux délices. 

À partir du 1er décembre, ceux-ci seront disponibles à travers tout le Québec via la boutique en ligne du site osirop.ca.

Dévoilé en ligne depuis quelques jours, un premier mélange aromatisé à la camerise, au pimbina et au romarin pique déjà la curiosité des papilles et donne un peu la couleur du projet Ô Sirop dont Maxime Saumier Demers tient les rênes, en comptant sur la complicité et les idées précieuses de Simon Bourgault, barman de la place.

« En lançant cette branche de la compagnie pendant la pandémie, on était en mesure de donner un peu de travail aux employés. On veut proposer une gamme de sirops qui auront tantôt des saveurs hors normes, tantôt des parfums plus classiques. Tous auront en commun d’être faits à partir des produits que font pousser les maraîchers québécois », expose-t-il. 

La base, évidemment, est faite d’un classique sirop-sucre. C’est lorsque vient le temps d’infuser arômes et parfums que la créativité s’exprime. Tout est question de dosage et de temps d’infusion. 

« On joue avec les notes de chaque ingrédient pour créer le mix parfait. » 

Ainsi, le pimbina, une petite baie rouge indigène qu’on connaît peu, mais qui est riche en antioxydants, gagnait à être marié à la camerise et au romarin parfumé.

Copropriétaire du restaurant sherbrookois Ô Chevreuil, Maxime Saumier Demers a piloté le projet Ô Sirop. Quatre saveurs seront disponibles en décembre, mais d’autres s’ajouteront au fil des mois.

La bonne combinaison 

La combinaison des trois ingrédients donne un heureux et original résultat, prêt à être pairé à un bon gin québécois ou à un autre alcool. Le sirop, riche en saveur, promet de faciliter la confection de cocktails maison. 

« Ça permet en quelque sorte de simplifier les choses, de rendre l’art du cocktail accessible. Les gens n’ont pas besoin de se compliquer la vie et de multiplier les étapes pour boire un verre qui sort un peu de l’ordinaire. »

Une déclinaison au sureau, une autre à l’argousier et une quatrième pomme-melon-concombre seront aussi lancées et disponibles en version quatuor dans un appétissant coffret des Fêtes. 

La boîte-cadeau (joliment peinte aux couleurs de la toute neuve entreprise grâce au coup de griffe artistique de son frère Alexandre, typographe de formation) sera faite du carton compostable de la compagnie québécoise Cascades.  

Le choix de l’emballage n’est pas anodin et traduit la volonté d’offrir un produit raffiné, de grande qualité, sans faire de concession au chapitre environnemental. Le souci de favoriser une économie circulaire et de (re)valoriser les aliments est aussi au cœur du projet. 

Le sirop pomme-concombre-melon, par exemple, est faite à partir de la pâte de pommes résiduelles une fois les fruits pressés par la Cidrerie Compton. 

« On récupère la pelure et un peu de chair de pommes auxquelles on ajoute un peu de jus de pommes local, produit au verger Le Gros Pierre. » 

À moyen terme, Ô Sirop aimerait offrir entre 15 et 20 sirops différents, pour lesquels ils suggéreront différents mariages de saveurs, notamment avec des alcools québécois. 

« On va profiter de la belle saison, l’an prochain pour aller à la rencontre des producteurs maraîchers du Québec avec lesquels on aimerait travailler », indique M. Saumier Demers. 

À long terme, ce dernier rêve grand. « J’aimerais bien que nos sirops parfument un jour les cocktails qui sont servis dans les avions. »

Si sa vision a de l’altitude, l’entrepreneur reste terre à terre et ancré à l’essentiel en rappelant plus d’une fois l’importance de l’équipe et des gens autour. 

Les lundis, par exemple, c’est jour de production. Les employés qui participent à l’embouteillage se retrouvent dans les locaux du Centre de valorisation des aliments pour confectionner le nectar sucré. 

« C’est une équipe incroyable. On met de la musique québécoise, on passe un bon moment en faisant un boulot qui, tout artisanal qu’il soit, ressemble quand même un peu à du travail à la chaîne, au final », dit le Sherbrookois qui a aussi à cœur de redonner aux moins bien nantis. Ainsi, pour chaque bouteille vendue, 25 sous est remis à la Fondation Rock-Guertin, qui offre des paniers de denrées aux plus démunis à Noël. 

Le geste pourrait sembler banal. Il ne l’est pas. 

« La dimension sociale est importante pour nous, on aimerait d’ailleurs éventuellement embaucher des personnes présentant un handicap pour leur permettre d’accéder à l’emploi. On a la chance d’être en santé, de faire ce qu’on aime et d’avoir les moyens de créer de beaux produits. Quand on peut redonner à la société, on le fait », résume Maxime.

C’est un sirop de beau plan!

+

On le remarque au premier coup d’œil : les bouteilles en verre d’Ô Sirop sont coiffées d’un joli capuchon de cire rouge. Une coquetterie qui ajoute au côté artisanal du fin produit. 

« C’est plus esthétique que pratique, parce que le contenu est pasteurisé et embouteillé à chaud dans le flacon qu’on scelle avant de mettre la cire, mais le résultat nous plaisait et ça ajoutait une dimension ludique. »

Autre particularité : le format. La bouteille de 4 onces tient aisément dans une (petite) main. C’est voulu. 

« Chaque bouteille permet de faire quatre cocktails. On ne voulait pas se lancer dans les grands contenants dont on ne voit pas le fond et qui finissent par traîner dans le frigo, à côté des vinaigrettes. »

C’est une porte ouverte par Geneviève Villemure-Marcotte, du Strom Spa, qui a été l’élément accélérateur du projet Ô Sirop, raconte Maxime Saumier Demers.

« Elle cherchait un produit à ajouter à la Sherby Box, dont les profits vont à la Fondation du CHUS. Elle nous a demandé si on souhaitait proposer un sirop. »

L’occasion était belle, le projet était porteur, l’équipe s’est mise aux fourneaux. Le doux sirop figure dans la liste des produits fins de la boîte gourmande... et il rayonne aussi de plus en plus en-dehors de celle-ci. 

« Avec les commandes, avant même le lancement de la boutique en ligne, on voit l’intérêt. On a dû ajouter une journée de production parce qu’on fournissait, mais on n’arrivait pas à se créer un inventaire. »

Outre leur utilisation avec différents alcools, les mélanges d’Ô Sirop peuvent aussi aromatiser les mocktails ou, plus simplement, l’eau pétillante. 

En cuisine, on pourrait aussi s’en servir pour napper un dessert, une crème glacée ou une crêpe fine servie avec fruits et fromage.

Parce que le gouvernement a annoncé que les restaurants seraient fermés encore jusqu’au 11 janvier, Ô Chevreuil se retrouvait avec un agenda dégarni pendant deux mois.

« Habituellement, en novembre et décembre, ça roule tempête avec les partys des Fêtes. »

Pour faire tourner les réserves du cellier, et pour faire travailler ses cuisiniers, l’établissement de la rue Wellington propose depuis peu une alléchante formule : à l’achat d’une bouteille de vin, le tartare de bœuf ou de poisson est offert à 9 $ (maximum de deux tartares par bouteille achetée).  

« C’est une façon de rester en contact avec notre monde en encourageant aussi les entreprises locales puisqu’on s’approvisionne auprès du Marché de poisson de Sherbrooke et de la Boucherie Face de bœuf, deux fournisseurs de la région », indique M. Saumier Demers.  

La promo est disponible en livraison ou en commandes pour emporter du mercredi au samedi. 

Sirop rare

Seul producteur d’agrumes au Québec, O Citrus de Laval fait pousser du calamondin. Je vous entends. Du quoi, dites-vous? Moi non plus, je ne connaissais pas. Le fruit tropical, qui ressemble à une petite orange, a la particularité d’être celui qui pousse le plus aisément au Québec, m’explique Maxime. Et grâce à un partenariat avec O Citrus, lors de chaque récolte (donc deux fois par année), une cuvée spéciale de sirop au calamondin pourra être embouteillée chez Ô Sirop. Si ça vous intéresse, un conseil : restez à l’affût : « Ce sera un produit un peu plus rare, disponible en quantités très limitées étant donné la rareté du fruit qui le parfume. »

+

O COMPTON (recette de Ô Sirop)

Ingrédients 

1.5 once de rhum Sainte-Marie (ou rhum épicé au choix)

0.5 once de triple sec

0.75 oz de jus de lime

1 oz de sirop pomme-concombre-melon Ô Sirop

Soda

Glace concassée

Manipulations 

Dans un shaker rempli de glace, verser rhum, triple sec, jus de lime et sirop

Secouer vigoureusement

Verser dans un highball rempli de glace

Allonger le verre avec du soda

Décorer selon votre créativité


Camerise 75

Une variante du bon vieux french 75, proposée par Maxime Saumier Demers, de Ô Sirop. 

Ingrédients

0.5 once de votre gin préféré

0.5 once de jus de citron

0.5 once de sirop camerise-pimbina-romarin

Mousseux

Manipulations 

Verser dans un mélangeur le gin, le jus de citron et le sirop de camerise

Rajouter de la glace et brasser avec vigueur

Égoutter la résultante sans la glace

Allonger au mousseux

Décorer avec un zeste de citron


SUREAU SOUR (Recette de Ô Sirop)

Ingrédients :

2 onces de gin Km12 (ou gin au choix)

0.75 once de sirop de sureau Ô Sirop

0.75 once de jus de citron frais

1 Blanc d’œuf

Amer Noroi fruit de la passion et groseille

Manipulations

Dans un shaker, verser le gin, le sirop de sureau, le jus de citron et le blanc d’œuf

Mélanger vigoureusement le tout sans glace

Rajouter de la glace dans le shaker jusqu’à ce qu’il soit très froid

Verser le mélange obtenu dans un verre ‘’old fashion’’ rempli de glace 

Rajouter 3 à 4 gouttes de l’amer Noroi.

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