Sœur Marilou, faufilée dans la petite alcôve de la chapelle, où les enfants aiment se retrouver. Dans le berceau, bébé Jésus en vêtements sacrés attend les câlins et les bisous des tout-petits, une autre façon de prier.

Ô nuit de lumière

Lumineuse. Voilà un mot qui sied bien à sœur Marilou, 37 ans. Et comment une jeune religieuse vit-elle Noël? D’abord en préparant son cœur à la fête, toute la période de l’avent.

Elle parle d’une sorte de retenue, une attente qui sera comblée, comme une maternité. «Il y a un plaisir, ce n’est pas privatif!» Elle compare à la bûche de Noël, en vente partout, mais dégustée seulement le soir du réveillon.

Marilou a eu l’appel à 18 ans. A poursuivi ses études pour devenir infirmière. A fait plusieurs projets missionnaires en Haïti et au Pérou. Elle a prononcé ses vœux il y a «huit ans et cinq mois». 

Elle est consacrée sœur de l’Agneau, une communauté issue du mouvement Les Brebis de Jésus, fondé en 1985 à l’île d’Orléans et aujourd’hui répandu dans 17 pays. Sa mission : «permettre la rencontre de Jésus le bon Berger, principalement auprès des jeunes et des familles». Sa maison, le siège social du mouvement à Sainte-Pétronille, offre les Camps Emmanuel, ouverts à tous dès l’âge de six ans.

Le Noël de Greccio

Le 22 décembre, la communauté réunit une centaine de personnes pour vivre «le Noël de Greccio». Sœur Marilou raconte que nos crèches sont inspirées de Saint-François-d’Assise. Pour redonner le goût de vivre aux habitants d’un petit village italien, Greccio, François avait réuni dans une étable un âne et un bœuf, puis organisé une messe sur la mangeoire devenue autel, pour évoquer la scène de la nativité.

Les cinq sœurs qui vivent dans la maison se réservent une journée de recueillement et de silence. Puis le 24, elles préparent leur petit réveillon intergénérationnel, «tout simple, avec des sandwichs roulés».

À la tombée du jour, la chapelle s’emplit de la prière des vêpres. Pendant un chant a capella, la plus jeune sœur, cette année Sara, 27 ans, déposera l’Enfant Jésus dans la crèche. Bien plus qu’un bibelot de plâtre, il vient de la Terre sainte. La communauté se rend ensuite dans une église de l’Île pour la messe. Au retour, toutes s’accordent un petit verre, puis l’heure du réveillon a sonné.

Un petit échange de cadeaux

Le jour de Noël, la messe prend tout son sens. «On savoure la liturgie, les textes d’Église, les chants. On s’en nourrit», explique sœur Marilou. Ce qui ne les empêche pas de faire ensuite un petit échange de cadeaux : un gel douche, un jeu de cartes, un pot de germination! Elles chantent, écoutent des films. Les plus jeunes font des sports d’hiver. 

Puis chacune visite sa famille pour le jour de l’An. Celle de Marilou a accepté de ne pas la voir à Noël. «Ma mère dit toujours que j’aurais pu être en couple avec un gars de l’Abitibi et passer une des deux fêtes là-bas.»

Son petit rire fuse plusieurs fois en entrevue. Tout chez elle respire la douceur, la joie, la simplicité. «Je suis heureuse.»