La Ronde: en duo père-fils pour le Monstre (à droite), et en duo mère-fille pour le Splash!

Montréal en famille: à trois heures du bonheur!

Inutile d’aller à New York ou à Bali pour s’amuser et se dépayser. Un simple échange de maisons entre parents ou amis, à moins de 300 kilomètres, fait parfois des merveilles!

Il y a des vacances dont on rêve, planifiées de longue date. Puis il y en a d’autres qui arrivent comme par magie. C’est ce que nous avons vécu en famille l’an dernier, à Montréal. Quatre jours de plaisir simple, de déambulation et de découvertes... Avec en prime, frère et sœur bras dessus, bras dessous! 

Nous avions eu l’idée, ma famille et celle de ma cousine, d’échanger nos maisons. Un samedi, fin août, nous avons rejoint le joyeux trio dans sa demeure du quartier Villeray. Histoire de casser la croûte ensemble, de laisser les enfants (les deux nôtres et la leur) s’amuser un peu et d’échanger les clés et quelques bonnes adresses avant de nous séparer. L’aventure des jours suivants s’est avérée un franc succès, de part et d’autre.

Sans frais d’hôtel, nous nous sommes payé la traite! Mais surtout, nous avons fait découvrir une autre réalité à notre fils de 9 ans et à notre fille de 7 ans, habitués à la tranquillité de Charlesbourg. 

Dès le premier soir, en explorant le quartier à pied, une descente de police, rue Saint-Hubert, les a initiés à la grande ville. Collés sur nous, ils regardaient la scène les yeux écarquillés. Puis ils se sont détendus au fil des jours, prenant leur distance sur le trottoir, posant devant les murales colorées des ruelles et toujours prêts à veiller tard, en finissant la journée aux Givrés.

Car voilà le gros coup de cœur de notre séjour, les adresses gourmandes recommandées par mon urbaine et épicurienne de cousine.

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Une image vaut mille mots!

Se lécher les babines

Les Givrés, disions-nous, est un artisan glacier qui ne manque pas d’imagination. Il fabrique tout, tout, tout, «du haut de la boule à la pointe du cornet», sans colorant ni arôme. Outre ses excellents «sorbets mous», qui changent au gré des fruits de saison, mention au «roteux», un pain en pâte à choux avec au centre une saucisse de crème glacée et condiments. La succursale de Villeray est située au 334, rue de Castelnau Est. Il y en a deux autres, dans le Vieux-Rosemont et Hochelaga.

Si Québec a depuis peu son Grand Marché, nous resterons toujours des amoureux du Marché Jean-Talon dans la métropole. À peine 20 minutes de marche de chez ma cousine et nous retrouvons les bouquets de fleurs à 10$, les étalages montés comme des casse-tête géométriques, les fruits et les légumes à goûter, les «odeurs» de la fromagerie Hamel, l’ambiance, la musique... 

Ma cadette a tellement aimé les pâtes fraîches de Giancarlo Sacchetto, sautées dans du beurre avec du citron, du parmesan et des herbes fraîches, qu’elle en fait un exposé oral en début d’année scolaire! Avec un delizioso bien senti à la fin.

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Le Marché Jean-Talon

Autrement, nous avons pris nos habitudes à la boulangerie Le pain dans les voiles, au 357, rue de Castelnau Est. Coup de cœur pour le bar à toasts à 4,95 $, avec choix de confiture et café filtre inclus. On a droit à des rôtis à volonté et on découvre ainsi le pain de différentes fournées. Miam!

Pour un p’tit dèj plus élaboré, mais tout aussi artisanal et savoureux, direction le Régine Café, au 1840, rue Beaubien Est. Cet endroit éclectique, aristo-relax, célèbre «la fête du matin, tous les matins». Les assiettes débordent de beauté et de délices et le chocolat chaud est coiffé d’un carré de guimauve maison. Tout est dit!  

Dans un autre registre, en rentrant de La Ronde, un soir, nous nous sommes laissés choir chez Mr Azteca, au 7349, rue Saint-Hubert. Je me suis retrouvée instantanément dans la ville de Zacatecas, au cœur du Mexique, visitée il y a 15 ans. Les enfants ont choisi des boissons gazeuses Jarritos, des vrais de vrais tacos et moi je suis retombée dans mes souvenirs en goûtant la soupe aztèque, rehaussée de jus de lime et arrosée d’une Sol. 

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Un aperçu des déjeuners du Régine Café

Métro et petite leçon de vie

Leur arrière-grand-mère, qui a vécu des années à Montréal, leur avait parlé du métro. Les enfants avaient hâte de le découvrir et ils ont adoré les souterrains, les stations colorées, le vent chaud qui souffle… sans rien comprendre à la carte malgré nos explications.

Mais le ventre de la métropole expose aussi sa grande pauvreté. Un choc, surtout pour ma plus jeune, sidérée devant toute cette misère. Elle connaît le quartier Saint-Roch, à Québec, et le frigo communautaire. Mais jamais elle n’avait vu autant de personnes désœuvrées. 

Alors quand il nous restait des viennoiseries ou une pointe de pizza, ma fille les emportait pour les déposer doucement aux pieds d’un mendiant, qui lui rendait un sourire édenté: «Merci, ma jolie!» Une leçon de vie et une bonne action à travers nos agapes.

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Dans le métro, la pauvreté s’expose à la vue. Et a beaucoup marqué ma cadette.

L’inévitable Ronde

Voilà que le métro (qui accepte la carte Opus du RTC, utilisée depuis au moins 12 mois consécutifs) nous mène à La Ronde, sur l’île Sainte-Hélène. Les enfants ne tiennent plus en place. Nos billets achetés d’avance nous permettent d’entrer plus rapidement. 

Examen de la carte du site, chacun nomme ses volontés. Et voilà que la succession de manèges commence, parfois tous les quatre, parfois en duo père-fils pour le Monstre, parfois en duo mère-fille pour le Splash. Oups! Maman a un petit mal de cœur dans le Bateau de pirate… 

Qu’à cela ne tienne, après une vingtaine de manèges, ils ont leur compte. On peut rentrer!

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Les vases en céramique Bonmatin, chez Édition | Objets choisis

Le Vieux-Port et ses boutiques

Le beau temps était de la partie durant notre séjour. Nous avons pu traîner dans le Vieux-Port, sans but précis. Le Centre des sciences nous faisait de l’œil, mais le plaisir de déambuler au soleil était plus fort.

Nos pas nous ont menés rue Saint-Paul Ouest, où trois adresses ont attiré notre attention. 

D’abord Édition | Objets choisis, pour l’adepte d’artisanat et de design que je suis. Mari et enfants sont entrés sans broncher, intrigués par tous ces beaux objets ludiques et étonnants. Vaisselle estampée d’insectes et de squelette, banc avec nœud, cartes origami, mobiles… J’ai succombé deux fois plutôt qu’une aux vases en céramique de Frédérique Bonmatin.

Pour les enfants, nous avons aussi fait un saut dans la charmante boutique de jouets et vêtements Bagnoles & Bobinette. Nous utilisons encore le tableau magnétique kid O ramené en souvenir.

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Charles et Constance devant une murale d'art urbain.

Puis incursion chez Maison Pepin, à la fois boutique, atelier design, café, jardin, quincaillerie de cuisine, papeterie, alouette. Durant 30 bonnes minutes, j’ai perdu mon mari, bien installé dans un canapé à feuilleter un magazine, avec fiston qui faisait la sieste à côté. L’exploration valait le détour, on a l’impression d’entrer dans un appartement où tout est beau. 

Voilà! Je connaissais Montréal depuis mon enfance, en allant visiter ma grand-mère et ma tante. Mais grâce à cet échange de maisons, j’ai découvert un nouveau quartier, de nouvelles adresses, presque au rythme des insulaires en vacances chez eux.

Et pendant ce temps-là, la fille de ma cousine, Mathilde, s’amusait à Charlesbourg avec les jouets de ses grands cousins. Et visitait le reste de la famille, installée à l’autre bout de la 20. Une formule sympathique, économique et plus que parfaite!

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Pendant ce temps-là... la petite cousine Mathilde s’amusait à Québec avec les jouets de ses cousins.

Carnet d’adresses