L’artisan Vincent Zimmerman travaille toutes ses pièces à la main.
L’artisan Vincent Zimmerman travaille toutes ses pièces à la main.

Vincent Zimmerman, le joaillier de l’émotion [PHOTOS] 

Dès qu’on entre dans l’atelier de Vincent Zimmerman sur la rue Saint-Jean, notre attention est attirée vers le fond de la pièce. Nous sommes attirés par le faisceau de lumière dirigé sur son bureau. La curiosité est piquée à vif.

Parmi les outils, de nombreuses enveloppes jaunes couvrent les surfaces de travail. À l’intérieur, des projets uniques, de grande valeur sentimentale faits sur mesure pour ses clients. Une irrésistible envie de voir ses pièces nous envahit. Vincent Zimmerman fait plus que des bijoux, il exprime les émotions de la personne qui portera sa création.

«Travailler la matière, limer, fraiser, faire de la sculpture, c’est vraiment le fun. C’est un métier physique, j’ai les mains assez fortes, je frappe, je martèle. C’est plaisant se battre contre le métal. C’est tout un combat. Au départ, ça ne ressemble à rien, il faut que tu l’amènes à la forme voulue.» L’artisan travaille les pièces à la main. Chez lui, pas de moulage. 

Vincent Zimmerman fabrique des bijoux exclusifs à Québec.

Vincent Zimmerman pratique cet art depuis maintenant 24 ans. Fort d’un apprentissage familial du métier, le bijoutier a également fait ses classes en Europe. À trois reprises, il s’y rend pour perfectionner ses compétences dans les ateliers de la compagnie Amalfi. Cette aventure européenne lui permet d’approfondir les différentes facettes de cet art. Il fait ses armes sur des pièces de Chopard et Grisogono. 

Il attribue également son savoir-faire à l’essai-erreur. «Une bonne partie de mon apprentissage s’est fait par moi le soir, en me trompant. Quand tu te trompes, tu ne refais pas l’erreur.» Depuis 15 ans, à sa propre enseigne, il propose ses créations. 

À la Québécoise

Au Québec, la démarche de création de bijoux est différente de la tradition européenne. M. Zimmerman nous rapporte avoir travaillé sur d’imposantes œuvres. Il déplore toutefois le manque de contact avec le client. «Tu travailles plus de trois mois sur une pièce. Tu ne vois jamais la personne, il n’y a jamais de retour de la clientèle sur le travail. Chez Zimm’s c’est humain. On s’écrit, on se recroise. On se revoit pour trois, quatre, cinq pièces.»

Et que trouvons-nous au juste chez Zimm’s? Premièrement, le style de création personnalisé de M. Zimmerman qui se fait un devoir d’écouter son client. Il souligne qu’avec le temps, un changement chez les consommateurs s’est produit. À ses débuts, dit-il, les hommes achetaient beaucoup pour les femmes. Aujourd’hui, les dames n’attendent plus les cadeaux. 

«Mariées ou pas, elles veulent des bagues!» Vincent avance qu’il y a une symbolique rattachée à porter quelque chose à la main. «Les gens ont beaucoup d’attachements très personnels. Souvent, ils ont une approche très sentimentale par rapport au bijou. Surtout quand ils viennent refondre le jonc de leur père, ou si c’est pour un mariage ou un événement particulier.» 


« Il y a souvent une raison émotive pour laquelle on achète un bijou. Le potentiel de contentement est là, dans mes bijoux sur commande. Je trouve ça le fun. C’est encore plus beau. »
Vincent Zimmerman

Si on le questionne sur le style Vincent Zimmerman, il nous parle de choses classiques, de son amour pour les courbes qui se rejoignent. Il aime particulièrement l’or jaune pour sa malléabilité et l’argent. Sans prétention, ses sertissages sont divers et il n’hésite pas à utiliser les pierres d’imitation de bonne qualité. Il nous montre des oxydes de zirconium de belle qualité, qui esthétiquement ont une brillance comparable aux plus beaux diamants. Pour ce qui est de la provenance des pierres qu’il utilise pour ses créations, il nous parle de deux tailleurs qu’il apprécie particulièrement, un qui travaille en Ukraine et un second qui est à Hong Kong. 

Le joaillier invite les gens à réutiliser l’or. «Ça vaut la peine. Il n’y a pas de «vieil or» ça se recycle à l’infini.» Il nous montre un petit lingot fait dans un charbon qu’il utilisera pour faire une bague.

Un artiste comme lui fait plusieurs choses à la fois. Pendant qu’il martèle les anneaux, quelque chose refroidit. Une autre pièce trempe dans l’acide. Quand il fait une soudure, il en fait cinq ou six du même genre. Idem pour le fil, quand il en fait, c’est plus que ce dont il a besoin pour en avoir plus du même diamètre en réserve. 

Et pour commander une pièce pour soi, la procédure est simple. «Tout entre par Internet.» Zimm’s est très présent sur les réseaux sociaux. Si vous êtes curieux d’en apprendre sur la joaillerie, la page Facebook se veut un lieu d’apprentissage et de découvertes sur cet art. Vincent Zimmerman est un mentor virtuel très généreux de ses compétences en bijouterie. 

JOAILLERIE ZIMM’S 
92, rue Saint-Jean, Québec
418 523-5771 (sur rendez-vous)Facebook : @joailleriezimms