Alexandre Deslauriers: un chemin tracé aux fards

«Je pose des particules réfléchissantes. Je sais comment ça va être transposé à la caméra. Je sais comment ça va réagir à la lumière. Des fois, ce n’est pas toujours beau en vrai, mais à la caméra… » Voici la définition que donne Alexandre Deslauriers de son expertise. Ici, la routine est inexistante. Le travail diffère d’un contrat à l’autre. Chaque mandat est un nouveau concept. Alexandre s’illustre dans le domaine de la mode et de la beauté comme maquilleur éditorial.

Son parcours autodidacte si particulier a débuté tôt. L’artiste originaire de Cap-Rouge raconte que dès la première secondaire, son intérêt pour la lumière et la chimie lui font découvrir la photographie argentique. Il photographie ses amies dans un studio aménagé dans le sous-sol de ses parents. Tous ses profits sont réinvestis dans la photo. À 13 ans, en 2e secondaire, l’idée lui prend d’apprendre le maquillage, ce qui permettrait un contrôle plus grand de l’image. Il expérimente avec des cosmétiques de pharmacie sur ses amies. «Quand tu prends des photos de ton maquillage, tu vois les erreurs. Je suis vraiment autodidacte sur toute la ligne. Je me corrigeais.»

Le maquilleur originaire de Cap-Rouge Alexandre Deslauriers

En 2005, il commence à travailler avec des personnalités. Jugeant impossible de recevoir ces vedettes dans le sous-sol familial, il décide de louer un studio au centre-ville de Québec. Pour M. Deslauriers, cette expérience s’avère positive, car il a fait de ce lieu son laboratoire de création. Il y fait tout: le maquillage, la mise en scène, l’éclairage. La photographie était la manière de capturer tout ça. Les personnalités en vogue sont au rendez-vous. Il donne en exemple Martine St-Clair, Marie Carmen, Nanette Workman et Geneviève Borne, toutes devenues de bonnes amies.

Avoir été photographe pendant 12 ans est une grande fierté pour Alexandre Deslauriers. Toutefois, son côté innovant le pousse plus loin. Il a un désir permanent d’innovation. En 2014, il décide de se consacrer exclusivement au maquillage. Son souhait: «je vais être la personne que j’aurais voulu avoir [comme maquilleur]». Au mois de septembre de cette même année, il part tenter sa chance à Toronto. «J’étais zéro connu. Je regardais les photographes sur Instagram et je leur écrivais. Je ne travaillais pas beaucoup, un truc par semaine.»

Lors d’une visite à New York qu’un ami lui suggère de proposer ses services pour la semaine de la mode. «Ils m’ont rappelés… » puis il a été invité à collaborer à la semaine de la mode de Milan. Il qualifie cette expérience de magique. «Ça m’a rempli de motivation. Le mannequin que j’ai maquillé s’est retrouvé dans le dossier tendances du Elle Québec… C’était un hasard, je trouvais ça hot!» Cette aventure a été bénéfique pour Alexandre Deslauriers. De retour à Toronto, les échos du Québécois qui a travaillé dans les semaines de mode lui ont ouvert bien des portes. 

Il continue son travail sur les podiums. Un des faits marquants de sa carrière a été de contribuer au défilé croisière 2018 de Gucci à Florence. Cette proposition lui est venue de son agent. « Ce n’est pas facile de se rendre là. Entrevue, portfolio, qui tu es, ce que tu as fait. Une fois ça, tu es en option. J’ai eu la confirmation le vendredi et le défilé était lundi. Tout était confidentiel.» Rapide d’exécution, il nous relate avoir maquillé six modèles.

Aujourd’hui, le maquilleur partage son temps entre Toronto, Montréal et New York. On l’associe beaucoup aux éditoriaux de magazines. Ici au Québec, on peut voir son travail dans nos magazines favoris, Elle Québec, Clin d’œil, Véro, Châtelaine. Encore plus loin, on le retrouve dans le Harper’s Bazaar australien. Toujours aussi passionné, il explique qu’en plus de maquiller, il consacre plusieurs heures par semaine à analyser les nouveaux produits dans le but de parfaire sa valise de maquilleur.

Et que pense-t’il de l’esthétique des maquillages YouTube et Instagram? «Tout est pareil» répond-il. Alexandre revient à la charge en posant les questions suivantes: «Est-ce que les célébrités sur un tapis rouge portent ce maquillage? Non. Dans les magazines, sur les mannequins? Non. Publicités? Non. Dans la rue? Non.» Il croit que ce modèle imposé, ce refus d’être individuel s’estompera. 

Quand on lui parle de tendances pour cette année, les réponses sont assurées. Premièrement, la tendance du maquillage chez l’homme. Sans se féminiser, prendre soin de son allure. «L’intérêt, c’est de ne pas que ça paraisse.» Il nous cite particulièrement l’utilisation du cache-cerne pour les traits fatigués. Ensuite vient la beauté verte, organique, sourcée et non toxique. Il invite les gens à lire les ingrédients, question de savoir ce que vous appliquez sur votre peau. Autre tendance, le «Blue Beauty», un segment de la beauté verte qui s’attarde à la préservation des eaux, de l’emballage aux produits. 

Du côté des gestes, les routines se simplifient. Selon lui, les huiles ont la cote, les gens devraient les utiliser sans crainte. Pour l’art du maquillage, il nous recommande de  ne pas avoir peur de se mettre les doigts dans le produit. «Les gens ne savent pas comment manipuler les pinceaux. Prends un crayon… mets un fard par dessus. Les doigts désamorcent la peur de bien faire.»

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La trousse idéale

Nous avons demandé à Alexandre de nous proposer des produits qui constitueraient une trousse idéale. Cette sélection polyvalente est adaptée à tous les types de teints et font partie de la trousse du maquilleur.

› Poudre bronzante «Laguna» de Nars, 53 $ [no 1]

› Crayon Kôhl «Phone number» de MAC, 23 $ (parfait pour les regards sulfureux)

› Eau micellaire Sensibio H20 de Bioderma, 13,90 $ (n’irrite jamais les yeux) [no 2]

› Ensemble signature «Mod Collection» de RMS Beauty, 58 $ (multi-usage pour des looks lumineux) [no 3]

› Mascara nourrissant 100 % naturel de Burt’s Bee «Classic Black», 13,97 $

› Star Lit Powder #15 de Make Up For Ever, 28 $ (multi usage pour allure naturelle et raffinée)

› Lotion hydratante teintée FPS 20 « Dew Skin » de BEAUTYCOUNTER, 56 $ (un voile qui illumine sans alourdir)

› Cache cernes ultra longue tenue «Flawless Fusion» de Laura Mercier, 38 $ 

› Huile Confort Lèvres #04 Candy de Clarins, 28 $ (nourrit et sublime la beauté des lèvres au naturel)

› Fard à joues «Radiance Blush» Sweet Peach d’Élizabeth Arden, 35 $ (teinte universelle)

› Rouge à lèvres «Kissing» de Charlotte Tilbury teinte Bitch Perfect, 42 $ (le « nude» pêche parfait)

› Crayon «Magnetic Matte Eye Color» taupe de Nudestix, 32 $ (longue tenue, se porte seul ou comme base)

› Gel sourcils Gimme Brow+ de Benefit, 32 $ [no 4]

› Quatuor d’ombre à paupières Mystère et Intensité # 304 de Chanel, 70 $

› Rouge à lèvres Dior «Absolute Matte» 951, 49 $ (un rouge brique très flatteur)