Le monarque, ou Danaus plexippus, est facilement reconnaissable par ses ailes orangées aux nervures noires et aux bordures tachetées de blanc. Ici sur une fleur d’asclépiade, mais l’adulte se nourrit aussi du nectar d’autres fleurs.

Mission: protéger les monarques

On le reconnaît parmi tous les papillons, le monarque est majestueux avec ses ailes orange nervurées de noir. Malheureusement, l’espèce est en péril. Mais des scientifiques, des citoyens, des villes et des écoles se sont donné le mot pour le protéger. La Patrouille Papillon poursuit sa mission!

À Québec, Isabelle Roy et sa fille Leela sont très impliquées dans le mouvement lancé par la Fondation David Suzuki. Elles ont convaincu la Ville de Québec de devenir Ville amie des monarques. L'annonce officielle sera faite ce printemps et de nouvelles mesures seront annoncées pour protéger l’habitat de ces papillons.

Une trentaine d’écoles dans la province font aussi partie de cette super Patrouille, dont l’école Montessori de Beauport, que fréquente d'ailleurs le frère de Leela. Les enfants de 3 à 6 ans ont planté des graines d’asclépiade pour attirer les monarques. Une fois les plantes poussées, ils feront de l’observation, tout en apprenant le cycle de vie des papillons. L’école l’Arbrisseau à Québec s’est aussi jointe au réseau.

Une trentaine d’écoles québécoises font partie de la Patrouille Papillon.

Miam, de l’asclépiade!

Les femelles monarques déposent leurs œufs sur l’asclépiade, la seule plante dont les chenilles se nourrissent. Elle contient un liquide qui ressemble à du lait et qui est toxique pour les herbivores. La chenille peut accumuler dans son corps ces toxines qui lui donnent mauvais goût et rendent malades ses prédateurs. Bon truc!

Asclepias syriaca. L’asclépiade pousse dans les champs ouverts, les bordures des routes et a longtemps été considérée comme une mauvaise herbe.
La belle chenille du monarque

La diminution du nombre de plants d’asclépiades explique en partie le déclin des monarques. C’est pourquoi les citoyens-jardiniers, les écoles et les villes sont invités à en planter, idéalement entre la mi-mai et la fin de juin. Quant aux semences, on les démarre normalement à l’intérieur au début d’avril.

De grands migrateurs

Près de 4000 km! C’est la distance parcourue par les monarques du Québec jusqu’au Mexique, où ils passent l’hiver au soleil, dans les forêts de sapins oyamel. On estime le nombre de monarques chaque année en mesurant l’étendue de ces aires d’hivernage. On convertit ensuite cette surface mesurée en hectares en quantité de papillons. Au printemps, une nouvelle génération de monarques reprend la route vers le Nord. Cette migration se termine en juin, au Québec.

Les monarques du Canada et des États-Unis dans leurs aires d’hivernage au Mexique.

En chiffres

90% des papillons monarques ont disparu depuis 20 ans.

33,5 millions de monarques atteignaient le Mexique à l’hiver 2013-2014, le plus petit nombre jamais enregistré.

144% d’augmentation depuis l’an dernier, une bonne nouvelle!

Sources: Fondation David Suzuki, Larry Hodgson, Créez votre oasis pour les monarques, Espace pour la vie/Insectarium de Montréal