«Vue de notre balcon, à Neuchâtel: château, église et lac de Neuchâtel.»

Marie-Claude Gignac, la Québécoise de Neuch

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

NOM: Marie-Claude Gignac

ÂGE: 47 ans

PROFESSION: comédienne et costumière/accessoiriste

Randonnée en famille au-dessus du val d'Anniviers

Trajectoire

«J’ai grandi sur le chemin du Foulon, à Sillery, face au fleuve Saint-Laurent. Je vis aujourd’hui à Neuchâtel, en Suisse. »

Raison

«À Québec, je travaillais pour Les Productions Épisode, comme comédienne et costumière. La compagnie a exporté le concept des repas Meurtres & Mystères en Suisse et, pendant 10 ans, j’ai eu la chance de faire plusieurs tournées en Suisse romande. Dès le départ, je me suis dit : “Je me verrais bien vivre et travailler ici”.

Un jour, j’ai pris un engagement d’un mois là-bas pour faire la mise en scène d’un spectacle et y jouer un rôle. J’ai demandé d’être logée un mois de plus. J’avais besoin de vérifier si, sans contrat, je serais heureuse en Suisse tout en devant assumer le niveau de vie élevé. Elle est chère, la Suisse!

C’est dans ce deuxième mois que j’ai fait la connaissance de mon futur mari. Nous nous sommes mariés l’année suivante, en 2008, et j’ai donné naissance en 2009 au plus génial des petits Suisses.» 

Marie-Claude, en pleine nature suisse

Le plus dur à apprivoiser…

«À part la vie loin de ma famille et de mes amis, c’est le deuil. N’étant pas présente à une cérémonie, il m’arrive d’oublier qu’une personne est décédée. Et là, c’est comme une gifle au visage, un grand vertige. 

Sur un ton plus léger, j’ai tenté en vain de vouvoyer les gens. Peine perdue, et maintenant, c’est moi qui propose le tutoiement au bout de 30 secondes de conversation.»

Aujourd’hui, je vis comme une Suissesse parce que...

«Je reste moi-même! Au début, je tentais de prononcer les mots à la française afin de bien me faire comprendre. Les gens étaient perplexes, ne savaient pas trop d’où je venais. Puis j’ai compris que garder ses vraies couleurs donne beaucoup plus de saveur. Je me suis intégrée dans ma ville en assumant ma différence et maintenant, on sait que je suis la Québécoise de Neuch.

Autrement, toutes les 6 à 8 semaines, les enfants ont une à deux semaines de vacances scolaires. Je bloque mon horaire et c’est le temps de prendre du temps en famille, de faire des randonnées en montagne et de profiter de la nature.»

«Confection d'une fausse pièce montée pour le scénario «De Noce à Trépas», pour mon travail»

Je mange...

«Un goûter, qu’on appelle les 4 heures : pain et chocolat, évidemment! Ça aide à patienter avant le souper qui sonne à 19h. 

N’aimant ni le fromage ni la crème, j’honore donc le chocolat local. Je suis membre d’une coopérative, Système B, une petite épicerie de produits bio, surtout locaux et en vrac. Je suis sensible à la démarche du zéro déchet. Je sais que ça bouge aussi au Québec de ce côté-là. C’est génial.»

J’habite...

«À Neuchâtel, une ville située au bord du magnifique lac de Neuchâtel où il fait bon se baigner dès le mois de mai. Notre appartement de 4 pièces et demie possède un balcon avec vue sur le château et le lac.»

«Randonnée dans le village d'Isérables, où plusieurs espèces d'érables ont été plantées.

Je m’ennuie...

«De mes proches et, tenez-vous bien… de la neige! À Neuch, qui est située en plaine, la neige ne reste pas longtemps au sol. Je dois monter en altitude pour en trouver. Pour une Nordique, la neige et le froid finissent par me manquer. 

La diversité professionnelle comme comédienne me manque aussi. La Suisse romande est petite et les productions télévisuelles et cinématographiques passent surtout par la France. Par contre, les soirées Meurtres & Mystères marchent très fort.

Une fois mon stock de sirop d’érable épuisé, quand je me suis installée, j’étais en manque. Mais dorénavant, j’en trouve en vrac, du sirop de la Beauce, qui plus est!» 

«Ma famille au chalet de la Tzoumaz, dans le canton du Valais. Mon fils Théodore, 9 ans, et mon mari Ivan Radja.»

Je reste branchée au Québec en...

«Visionnant un grand nombre d’émissions québécoises sur Youtube et je suis l’actu de mes amis sur Facebook. Mon travail de comédienne me fait parcourir pas mal de kilomètres en voiture. C’est mon moment pour écouter mon Fred Pellerin, Les Cowboys Fringants, Alexandre Poulin, Mes Aïeux, sans oublier Richard Desjardins.

L’été, direction Québec afin de jouer les touristes dans ma propre ville. 

Je voulais qu’un lien fort unisse mon enfant à Québec. Il a été baptisé à l’église de Sillery, son parrain est mon frère Danny et sa marraine, ma meilleure amie Elena. Mon précieux daddy représente notre port d’attache, alors que ma mère nous a quittés en 2017.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je rapporterais au Québec...

«Le système de transport en commun électrique. Et la fermeture des commerces le dimanche, ce qui oblige à faire une pause de consommation.»

Photo prise à la Vue-des-Alpes

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