Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Isabelle Pion
La Tribune
Isabelle Pion
Le plongeur Mario Cyr avait déjà plongé dans les lacs du Québec, mais il a eu l’occasion de mieux les découvrir avec <em>Secrets des profondeurs</em>.
Le plongeur Mario Cyr avait déjà plongé dans les lacs du Québec, mais il a eu l’occasion de mieux les découvrir avec <em>Secrets des profondeurs</em>.

Les secrets lacustres de Mario Cyr

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / En plus de trente ans, le plongeur Mario Cyr s’est promené d’un océan à l’autre, s’est rendu en Arctique une quarantaine de fois, et a capté derrière sa lentille l’essence du monde marin et animal. Cet automne, il visitait les îles Galapagos pour la toute première fois. Cet été, il part à la découverte des secrets lacustres de la province, que l’on pourra découvrir dans Secrets des profondeurs, à Unis TV.

Il a beau avoir traîné sa caméra aux quatre coins de la planète, le Madelinot s’émerveille de ce qui se cache sous la ligne d’horizon. Chez nous.

« Pour moi, ça a été une révélation, lance-t-il au bout du fil. Je suis un peu fanatique d’histoire. C’est incroyable comment les lacs du Québec recèlent des histoires du passé. Les lacs, les gens se construisaient autour et s’en servaient énormément, donc ça a laissé beaucoup de traces non apparentes à la surface. Mais quand on y plonge, ça révèle des secrets et des pages complètes de l’histoire de la nation québécoise. Ça a été vraiment une révélation pour moi. »

Au cours de ses escales aux côtés de l’historien Samuel Côté, Mario Cyr a plongé dans les eaux du Memphrémagog, un plan d’eau qui a notamment fait office de route maritime entre le Québec et les États-Unis.  Samuel Côté, également chasseur d’épaves, déniche des histoires et son collaborateur a pour mission de valider si elles sont bel et bien réelles et de les documenter, résume celui qui a été nommé Chevalier de l’Ordre national du Québec.

Mario Cyr a plongé dans les eaux du Memphrémagog en plein hiver.

« C’était un lac extrêmement important au début des années 1900, où il y avait plein de gens qui voyageaient. C’était un endroit de villégiature pour les riches de Montréal. Il y avait énormément de vie sur le lac et on retrouvait une série de phares. C’est un peu ce qu’on est allé voir… On a trouvé des vestiges, des bases de phares construits et détruits par la glace et les hivers. Ça reste des endroits dangereux, parce que ça fait des hauts-fonds », raconte celui qui a déjà plongé dans le Memphré avec le plongeur émérite Jacques Boisvert, un féru d’histoire aujourd’hui décédé. Le Magogois cumulait plus de 5500 sorties sous l’eau.

« Il m’avait amené dans un endroit où il y avait de vieilles bouteilles. J’ai essayé de me rappeler où exactement, je n’ai pas pu trouver. Il connaissait le lac comme le fond de sa poche. » 

L’équipe de tournage visitera aussi le lac Orford. 

Lors du premier épisode, Samuel Côté s’intéresse au contrebandier Alfred Lévesque et aux traces qu’il a pu laisser dans le lac Témiscouata, un grandiose plan d’eau du Bas-Saint-Laurent, tout près de la frontière avec le Nouveau-Brunswick. 

Mario Cyr s’y était déjà arrêté pour suivre Éric Charrier, dans le cadre d’un record de plongée sous la glace. « J’avais plongé sous la glace avec lui, j’étais descendu dans le fond à 70 mètres. »

Au lac Témiscouata, Secrets des profondeurs s’intéresse à l’histoire du contrebandier Alfred Lévesque.

L’explorateur a commencé à faire de la plongée commerciale dans les années 70. C’est un appel de National Geographic, en 1991, qui a marqué un point culminant dans sa carrière. Le plongeur vidéaste a alors été mandaté pour filmer des morses. En 2009, il a fait partie des membres de la première équipe à filmer des ours polaires sous l’eau, sans cage pour se protéger. 

Son compteur affiche des participations à plus de 150 documentaires. Même si l’environnement est complètement différent, sans vague et sans courant, descendre au fond de nos lacs québécois représente certains défis. 

« Ce qui est le plus différent ou le plus troublant, c’est la visibilité. Il y a des lacs extrêmement clairs, mais plusieurs n’ont pas une grande visibilité. Ça a été un défi de taille parce que souvent, on a trouvé des objets, mais en tâtant. On ne les voyait pas, ou on les voyait avec notre faisceau de lumière, à un mètre, mais c’était le noir total. »  

Pendant la belle saison, il met les projets extérieurs sur pause pour se consacrer entre autres à son Bistro Plongée Alpha aux Îles de la Madeleine. 

Les photos de Mario Cyr ont voyagé partout – elles ont notamment été exposées en Chine – et son œuvre et son parcours prennent une tout autre forme avec l’exposition immersive du Cirque Éloize Sous les glaces avec Mario Cyr. Celle-ci, présentée à Montréal, met en lumière ses voyages en Arctique. 

« Ça m’a fait plaisir quand Jeannot Painchaud (du cirque Éloize) m’a approché. J’ai dit oui sans trop réfléchir. Je pensais que ce serait une exposition comme on voit habituellement, mais on est complètement dans un autre monde. » 

« C’est comme une espèce d’accomplissement. Les gens vont avoir la chance de voir ce que je fais et comment on se retrouve sous les glaces, comment on vit dans les campements. Les gens vont être un peu immergés dans cette structure. Je pense que ça va leur plaire, c’est de toute beauté. »

Samuel Côté, historien et chasseur d’épaves, déniche des histoires et son collaborateur plongeur Mario Cyr a pour mission de valider si elles sont bel et bien réelles et de les documenter.
  • Vous voulez voir?
  • Secrets des profondeurs
  • Les lundis 20 h à compter du 7 juin 
  • Unis Tv

Exposition Sous les glaces avec Mario Cyr 
https://www.souslesglaces.com/