Dans son petit appartement du quartier Saint-Jean-Baptiste, Sébastien Romagny peut préparer 100 kilos de marchandise par mois, il fait environ 250 boîtes de biscuits par semaine.
Dans son petit appartement du quartier Saint-Jean-Baptiste, Sébastien Romagny peut préparer 100 kilos de marchandise par mois, il fait environ 250 boîtes de biscuits par semaine.

Les sablés de l’Osti d’Français déjà populaires [VIDÉO]

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
Un Français de 22 ans est récemment débarqué à Québec avec sa recette bretonne de biscuits sablés... Avec des ingrédients 100 % québécois et un petit coup de marketing rigolo, ses boîtes de six biscuits se vendent comme des petits pains chauds.

Dans son petit appartement de la rue Saint-Patrick, Sébastien Romagny peut préparer 100 kilos de marchandise par mois, il fait environ 250 boîtes par semaine. C’est 1500 biscuits, si on ne compte pas ceux mangés en cours de route.

«J’ai rencontré les Québécois qui me parlaient de l’offre de biscuits qui manque d’authenticité. […] Pendant un mois j’ai travaillé sur l’entreprise à fond. Pour obtenir la première recette, j’ai fait au moins quatre crises de foie! Je voulais vraiment utiliser des produits québécois pour tous les ingrédients. Le plus de produits d’ici dans un petit biscuit, tout simple», raconte le Français, qui assure qu’il n’est pas tanné de cuisiner ses biscuits ni de les manger.

M. Romagny visitait une première fois le Québec il y a quatre ans, pour un stage de quatre mois dans une pourvoirie de chasse et pêche en Mauricie. 

Il est tombé amoureux du Québec. Après ses études en cuisine, il est revenu travailler à la pourvoirie en avril dernier. Pendant un an, son projet de biscuits lui trottait dans la tête… Il a finalement rebondi dans la Capitale-Nationale en octobre.

«J’ai eu un gros déclic et je suis retourné au Canada, avec un peu de chance j’ai eu un permis de travail valide. Je me sens bien ici. Quand je passe sur la rue Saint-Jean, je me sens bien. Chaque fois, c’est comme si je la redécouvre. Ce quartier en particulier m’a vraiment frappé», avoue-t-il.

Son ingrédient secret, c’est l’essence de fleur de mélilot qui a un goût de vanille et d’amande. Il s’agit d’un produit pas si populaire, M. Romagny le connaît parce que le chef de la pourvoirie l’utilisait. 

«La fleur remplace la vanille qu’on doit faire importer et qui coûte cher. On la trouve en plein milieu de la forêt au Québec, dès qu’il y a des ruches, c’est qu’il y a de la fleur de mélilot tout près.»

Avec les réseaux sociaux, le Québécois d’adoption a vite fait connaître son nom. Il tient aussi un kiosque en plein milieu du centre commercial Fleur de lys, et avec le temps des Fêtes, les boîtes s’envolent rapidement. 

Un nom distinctif

Ce qui peut avoir l’air d’une insulte est plutôt une bonne blague pour Sébastien Romagny. 

«Dans l’alimentaire, c’est difficile de se différencier, je voulais vraiment quelque chose qui marque dès le début. J’étais avec un Québécois dans la voiture et on parlait du nom de l’entreprise… je commençais par un nom simple, puis à la fin il m’a dit : “eille, mon osti de Français”. Je l’ai regardé et j’ai noté sur mon téléphone. Finalement, je trouvais vraiment ça bon», raconte-t-il.

Avec un petit argumentaire au registre de l’entreprise… Le tout a été accepté. 

Déjà, le Français a des projets plein la tête. Il espère voir ses biscuits sur les tablettes de tous les bons dépanneurs et les épiceries, puis se trouver une place au Grand Marché.

À plus court terme, il veut concocter une nouvelle recette, pour offrir plus de produits sous le nom de l’Osti d’Français.

«Peut-être avec du chocolat, pour la Saint-Valentin...»

Il devra se préparer à engloutir beaucoup de biscuits bientôt, afin de mettre le doigt sur la recette idéale.

Pour le joindre, c’est sur sa page Facebook et sur Instagram ou au centre commercial Fleur de Lys au cours des prochaines fins de semaine. La boîte de six biscuits sablés à la fleur de mélilot se vend 4,75 $.