Système d’appui-tête électrique Paravan

Conduire avec sa tête... ou une grimace!

CHRONIQUE / La semaine dernière, l’Association médicale canadienne publiait une étude dont la conclusion principale était que les Canadiens souhaitent plus de technologie en matière de soins de santé. Il va sans dire que les innovations peuvent contribuer tant à la prévention, aux recherches, aux diagnostics qu’aux traitements. La technologie peut paver la voie à l’autonomie et changer, même radicalement, le quotidien des personnes vivant avec des limites physiques, comme l’auteur de ces lignes. Voici 12 de mes trouvailles !

1) Système d’appui-tête électrique Paravan

Mon père a eu la chance de constater les possibilités qu’offre cette technologie, lorsqu’on faisait des recherches pour maximiser l’adaptation de mon véhicule. Ce système de dossier et d’appui-tête électriques permet de conduire... avec sa tête. Du moins, partiellement. Pas moins de 16 fonctions, allant des clignotants au klaxon, en passant par les phares et les essuie-glaces, peuvent être contrôlées par la tête ou le dos. Cela est possible grâce à l’intégration de plusieurs commutateurs électriques. Cette innovation « prévient la détérioration de la pathologie et notamment de la colonne vertébrale ».

2) Robots télécommandés OriHime-D

Je suis tombé sur un article assez surprenant merci ! Un café de Tokyo, au Japon, a engagé des robots contrôlés à distance par des personnes souffrant d’un handicap physique grave. Ainsi, ces gens peuvent avoir accès au marché du travail et gagner un salaire... tout en restant à la maison, évitant ainsi des déplacements. Ils peuvent prendre les commandes et répondre aux demandes des clients de la maison, via une tablette ou l’ordinateur.

Robots télécommandés OriHime-D

3) Contrôle Par expressions faciales

Cette solution, développée par des universitaires brésiliens, s’adresse aux gens qui ont également des limitations au niveau des membres supérieurs et des troubles de locution empêchant une commande vocale. Elle permet à la personne de se déplacer en fauteuil grâce à ses expressions faciales, lesquelles seront enregistrées pour accomplir des tâches spécifiques, comme tourner à droite avec une grimace ou freiner avec un sourire.

Contrôle par expressions faciales

4) fauteuil debout Gyrolift

Le fauteuil debout se targue d’être la solution à bien des barrières de mobilité. Combien de fois, assis dans mon fauteuil motorisé, suis-je arrivé devant un comptoir qui me dépassait en hauteur ? Se mettre en position debout ou intermédiaire permet aussi de varier les positions, ce qui peut avoir des bienfaits sur les muscles. L’appareil favorise le maintien en emploi et à domicile, réduisant le nombre d’adaptations nécessaires.

Fauteuil debout Gyrolift

5) fauteuil Scewo, qui monte et descend les marches

Ce fauteuil, développé en Suisse par des étudiants, permet de monter ou de descendre des marches à reculons. Le mécanisme repose sur des rails métalliques et un système de traction. Devant des escaliers, l’utilisateur n’a qu’à appuyer sur un bouton pour activer le mode souhaité. Plusieurs autres entreprises proposent le même genre d’équipement.

Fauteuil Scewo, qui monte et descend les marches

6) Fauteuil roulant connecté d’Intel

Appuyée par le célèbre physicien Stephen Hawking, atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), Intel a développé un fauteuil roulant connecté et qui sait se diriger seul, en plus de veiller à la santé de son utilisateur. L’appareil cible les endroits adaptés et accessibles. « La médecine ne peut pas me soigner, alors je m’en remets à la technologie. La technologie me permet d’interagir avec le monde, elle me permet de me déplacer, et c’est grâce à elle que je peux vous parler en ce moment. Elle me permet tout simplement de vivre », confiait M. Hawking, dans la vidéo promotionnelle.

Fauteuil roulant connecté d’Intel, développé avec l’aide du célèbre physicien Stephen Hawkins

7) exosquelette ReWalk

Un exosquelette est constitué d’attelles métalliques articulées et fixées sur les membres amputés ou invalides. C’est un ingénieur tétraplégique qui a inventé le ReWalk. Cette innovation a permis, selon l’entreprise, à plusieurs personnes à mobilité réduite de marcher à nouveau. Un ordinateur dans un sac à dos permet de contrôler ses subtilités, grâce à une multitude de capteurs. Une télécommande permet de s’asseoir, de se lever et de marcher.

Exosquelette ReWalk

8) trottinette adaptée Omni

Cette fixation universelle, qui s’applique aux fauteuils manuels, permet, entre autres, d’augmenter la vitesse des déplacements, atteignant de 20 à 25 km/h, contrairement à une moyenne de 10 km/h pour les fauteuils motorisés ; de rendre plus ludiques les trajets, surtout pour les enfants ; et de réduire les coûts, les équipements motorisés étant dispendieux. Beaucoup de personnes vivant d’un handicap physique ont un fauteuil manuel, mais aucun équipement motorisé couvert.

Trottinette adaptée Omni

9) Bras robotisé JACO

Le 10 août, la collègue Mélanie Côté signait un reportage sur la jeune Saguenéenne Roxanne Morin, atteinte de paralysie cérébrale, qui espère acquérir plus d’autonomie en se procurant ce bras robotisé. Le JACO serait une façon de « faire à peu près tout ce que le bras humain peut faire, et ce, de façon sécuritaire et autonome », peut-on lire sur le site Internet de Kinova Robotics.

Bras robotisé JACO

10) SmartEar

Ce logiciel a fait l’objet de multiples reportages. En gros, c’est une application mobile qui a la capacité d’interpréter les sons pour les décrire à l’utilisateur malentendant. Ce dernier peut enregistrer ses propres sons – téléphone, sonnette de la portée d’entrée, avertissement de la sécheuse, etc. – et leur attribuer une couleur.

SmartEar

11) Audiospot

Le concept est sensiblement le même que le SmartEar, mais adapté à la réalité des malvoyants. Lauréate du Concours handicap et innovation en 2017, cette application murmure à l’oreille des personnes vivant avec des troubles de la vue. C’est à la fois un service de localisation, de guidage et de diffusion d’informations. Ainsi, elle va t’avertir quand tu arrives devant un arrêt de bus et t’indiquer les prochains départs ; t’informer lorsque tu te trouves sur le seuil de la porte d’une bâtisse, te donnant du même coup des infos sur les aménagements intérieurs ; devant l’église, elle pourra t’offrir une minicapsule historique ou t’inviter à la visite guidée de 16 h. Déployée à grande échelle, cette solution pourrait rendre une ville hyper accessible.

Audiospot

12) bague liseuse de MIT

Développée par une équipe du Massachusetts, cette bague scanne, reconnaît et dicte des textes grâce à une microcaméra haute définition et un logiciel de synthèse vocale, entre autres dispositifs. De cette façon, des personnes malvoyantes peuvent lire la majorité des écrits sans recourir au braille.

Bague liseuse de MIT