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Robe boutonnée à l’avant avec fente sur le côté de la collection Monaco, 395$
Robe boutonnée à l’avant avec fente sur le côté de la collection Monaco, 395$

Le printemps optimiste d’Iris Setlakwe

Caroline Grégoire
Caroline Grégoire
Le Soleil
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Iris Setlakwe propose sa vision de la mode depuis 20 ans. Elle porte fièrement le nom d’une famille connu et respecté au Québec. Les magasins de vêtements au détail Setlakwe qui font partie de sa famille existent depuis plus de 100 ans et on peut dire que la mode fait partie de son ADN.

La créatrice, élevée dans le domaine, a amorcé sa carrière comme représentante de marques pendant 10 ans. Alors enceinte de son premier enfant, elle a le rêve de fonder sa ligne. Elle a créé le concept et a démarré dans le sous-sol de sa maison. En raison de bonnes relations déjà établies, les commerçants lui donnent rapidement une place dans leurs magasins.

Vingt ans plus tard, la marque québécoise établie à Montréal se retrouve dans 140 points de vente au Canada et aux États-Unis. On retrouve trois boutiques éponymes, à Knowlton, Montréal et Westmount. La griffe propose également un service de ventes en ligne réinventé où il est possible de rencontrer une styliste en vision-conférence pour obtenir un service-conseil adapté. 

Le concept derrière cette marque féminine? «Simplifier la garde-robe des femmes d’affaire, faite avec des tissus de qualité, en offrant des vêtements coordonnés. Le rôle des femmes d’affaires a changé, mais pour moi, il reste important d’avoir une cohésion et une force des collections. Les femmes doivent se sentir belles et exclusives», explique la créatrice.

Pour se faire, elle propose des modèles faits à partir de tissus provenant d’Italie, produits en petite quantité. La marque vend de l’exclusivité, avec des silhouettes travaillées pour avantager différents types de femmes.

Veston boyfriend en lin et coton texturé, 635$, porté avec le short long de travail, 265$ de la collection Monaco.

La créatrice ne s’arrête pas à cette ligne. Elle propose également I by Iris, une seconde gamme de vêtements tout confort. «Pour moi, c’est de proposer une boutique avec différents volets de la vie d’une femme qui s’habille de façon différente. Cette ligne a été créée pour qu’on se sente bien, ce sont des vêtements “mous”. Pour le zoom, l’épicerie, le week-end, le voyage. Ces vêtements respirent et sont lavables», poursuit-elle. Le tissu principal de cette ligne est le «matte jersey». Aujourd’hui, avec la tendance naturelle, la marque s’adapte et, dit-elle, la demande pour le tricot a récemment triplé. Les gens demandent le côté sport que tous peuvent porter. On porte avec le jeans ou le pantalon, car il est confortable et facile.

Toutes ces pièces sont fièrement faites à 95 % au Québec. Avec le temps, les collaborateurs sont devenus des partenaires de la femme d’affaires qui se définit comme une personne droite qui aime la fidélité en affaires. Elle en veut pour preuve le fait que certaines usines collaborent avec la marque depuis 20 ans. 

Iris Setlakwe, marque moderne, prend une direction écoresponsable. «On utilise de plus en plus des tissus sourcés et recyclés .» Le transport est minimisé, fait par bateau. Elle souligne l’importance de contribuer à l’économie locale. «Ma compagnie est structurée pour donner du travail aux gens de chez nous à l’année. Ça fait partie de l’ADN de la marque.»

Trench avec rabat d’épaule, 685$, tricot rayé à encolure bateau, 235$ de la collection Monaco
Jacket court avec boutons, 545$, pantalons avec larges boutons, 375$ de la collection Monaco

Pour ce printemps, on nous propose une collection déclinée en trois thèmes : Monaco, Marrakech et Le Maine. Cette collection créée en pleine pandémie a suscité une introspection alors qu’Iris Setlakwe s’est demandé s’il s’agirait de sa dernière. À ses dires, cette période a été «très difficile». Les annulations et les faillites de collaborateurs se sont multipliées et elle a dû faire face à la décision d’arrêter ou de continuer et de respecter les engagements. «Du point de vue psychologique ce n’était pas évident, je devais être positive, forte et équilibrée face à mes équipes. Je ne pouvais arriver au bureau et pleurer. Je suis la présidente, j’ai un devoir.» Or, il n’existe malheureusement aucun cours pour prendre les meilleures décisions en pandémie, souligne-t-elle.

La production pour été 2021 n’a pas été facile. «Les usines faisaient des masques et des jaquettes. On désire contribuer en tant que société. Le gouvernement a laissé ce marché (le vêtement) de côté il y a longtemps. Mon entreprise est une de celles qui ont gardé l’industrie en vie et je me retrouve dans une situation problématique, car la production ne pouvait se faire. Ce fut difficile. Mais ça fait 20 ans que je fais des affaires et on en a vu d’autres. Nous avons une relation forte et solide entre nos clients et fournisseurs. Nous sommes partenaires et nous sommes fiers de ce que nous avons vécu.»

En réponse à cette situation inusitée, réponse inusitée. «J’ai donc décidé de faire ma plus grande collection jamais créée... All the way! Je me suis dit qu’on ne sait jamais. Mon intuition me disait d’y aller, tout en étant incertaine.» Elle affirme voir la lumière au bout du tunnel.

Robe côtelée, 295$ et cardigan long en maille, 365$ de la collection Marrakech

Ce qui fera donc vibrer la mode, selon elle, seront les teintes neutres avec des accents de couleur. Les couleurs naturelles, le beige, le maïs, le paille, toutes ces teintes douces qui seront appuyés par ce qui nous fait du bien comme l’orangé et les bleus. «Je tente de trouver une stabilité entre le neutre et le vibrant.» Le thème Monaco sera ponctué d’un orangé vif. Marrakech proposera le rouge, le beige et le noir. Finalement, le thème Maine sera une version «Boho chic» présentée en juillet qui proposera une mode plein été dans les teintes de blanc et bleu. On y retrouvera tuniques, pantalons larges en lin et vestons safari.

«Je crois que les gens ont besoin de couleur. Elle fait du bien à l’âme. Les gens ont envie de mettre la couleur et de se mettre en beauté. Ça donne une énergie positive. Il ne faut pas lâcher et aller de l’avant pour avancer et créer. J’encourage les gens à se mettre beaux et belles. J’encourage à acheter les coups de cœur dans les vêtements et les meubles. Achetez les locaux, ça fait du bien.»

La mode se veut optimiste dans les créations d’Iris Setlakwe. Un optimisme qui se propagera cet été, espérons-le.

*****

EN VITESSE

Tricot rayé à encolure bateau, 235$ de la collection Monaco

L’essentiel pour avoir une belle garde-robe?

Investir dans des vestons avec un bon ajustement. Un bel imperméable ou un manteau. De beaux tricots et des pantalons haut de gamme avec une belle coupe.

Ton vêtement favori?

Ça a toujours été le veston. Il donne toujours du style. Je fais de plus en plus de tricots, c’est mon autre favori et j’aime beaucoup les robes en été.

Qu’est-ce que l’élégance?

Porter des vêtements qui vont selon sa silhouette. Le respect des dimensions. Dans mon style, je n’aime pas trop en mettre, je préfère être naturelle, soi-même et me sentir bien. La féminité vient avec.

Noir ou blanc

Noir!

Talon ou basket

Les deux!

Jeans ou tailleur

Jeans... avec veston.

Le pire faux pas mode

Je trouve qu’il faut faire attention avec le jeans blanc. Il ne va pas à tout le monde.