L'animatrice Isabelle Racicot dans la cuisine de «Je suis chef»

Le goût avant tout à l'émission «Je suis chef»

Les goûts, ça ne se discute pas… quoique lorsque ce sont des chefs réputés qui goûtent à vos créations culinaires, leurs commentaires ne sont pas à prendre à la légère.

À l’émission Je suis chef, diffusée depuis trois semaines sur les ondes de V, six participants — trois chefs dans la vie et trois «imposteurs» — doivent impressionner un duo de goûteurs qui ignore qui fait quoi. En fin de compte, ce qui importe avant tout, c’est le goût.

Même si notre télé compte déjà de nombreuses émissions de cuisine, l’animatrice de Je suis chef, Isabelle Racicot, a été emballée par la formule de cette nouveauté. «Je raffole des émissions de compétitions culinaires! Il y a plein de petits détails qui font la différence [à Je suis chef] : le fait que ce sont des participants différents chaque semaine, qu’il y a une rotation dans les duos de goûteurs, qu’il faut deviner qui est chef et qui est imposteur…» indique-t-elle.

Comme les participants ont une semaine pour se préparer avant le tournage de l’émission et réfléchir à leurs recettes — ils savent d’avance ce qu’ils auront à cuisiner —, ils arrivent davantage sur un pied d’égalité, signale l’animatrice. La compétition culinaire comporte trois épreuves : l’épreuve express, où un premier plat doit être prêt en 15 minutes; l’ingrédient rebelle, où on impose un ingrédient qu’il faudra intégrer à sa recette; l’épreuve à l’aveugle, où les goûteurs sont absents et ignorent qui a fait quoi au moment de rendre leur verdict.

Un participant est éliminé après chaque épreuve, il en reste donc quatre au moment de consacrer un vainqueur. Fait intéressant : les personnes éliminées en cours de route dévoilent leur métier — on est surpris de constater que des chefs sont parfois éliminés dès le départ. Et que des imposteurs sont sacrés gagnants, remportant 3000 $ en prix à chaque épisode (l’émission en compte 13).

Isabelle Racicot avoue avoir été confondue à plus d’une reprise, l’animatrice ignorant elle aussi qui fait quoi. «Il y a une belle variété. Du côté des chefs, ça peut être par exemple des cuisiniers d’un resto déjeuner, d’une cantine scolaire, d’un traiteur… les niveaux d’habileté varient. Par exemple, un chef pâtissier n’est pas expert en tout, ça se peut qu’il réussisse moins bien certains plats en cuisine», indique l’animatrice.

Du côté des imposteurs, les trois premiers épisodes ont accueilli notamment un (ou une) spécialiste des médias sociaux, un technicien dentaire, un étudiant en sciences politiques, un travailleur en éducation spécialisée, un propriétaire d’une boutique de bière ou encore un travailleur en ingénierie pour une compagnie ferroviaire. Tous des passionnés de cuisine.

Les chefs et les imposteurs doivent préparer le même plat avant de le présenter aux chefs goûteurs.

Les mets que doivent concocter les participants sont «accessibles, des plats que l’on peut faire à la maison» signale Isabelle Racicot. Par exemple : des moules, un bloody caesar de luxe, un nachos, des crêpes — «pas aussi facile qu’on croit» —, des œufs bénédictine, du canard ou encore un spaghetti aux boulettes. Certains y vont d’une lecture plus classique du plat, d’autres rivalisent d’originalité, pour le meilleur ou pour le pire.

Cinq chefs goûteurs

Qui sont les chefs goûteurs qui doivent trancher? Isabelle Racicot les présente.

Les chefs goûteurs Danny Smiles, Geneviève Everell, Mathieu Cloutier, Kimberly Lallouz et Bob le chef

Bob le chef, «l’anarchiste culinaire» : «il a une approche très décontractée de la nourriture, il mange avec bonheur et passion. Il a un côté ado et est un peu baveux avec les participants!»

Kimberly Lallouz, «peut-être moins connue du grand public», a ouvert quatre enseignes à Montréal (restos et traiteur), en plus d’être chef du restaurant du Musée d’Art contemporain de la métropole. «Une vraie boule d’énergie, qui a à cœur que les gens autour d’elle soient mis en valeur.»

L’entrepreneure Geneviève Everell, fondatrice de Sushi à la maison, «femme inspirante et résiliente, pleine d’empathie». «C’est peut-être la moins “chef” des cinq, mais elle représente le spectateur averti, aguerri.»

Sacré chef de l’année 2018 par la Société des chefs cuisiniers et pâtissiers du Québec, Mathieu Cloutier est propriétaire du réputé Kitchen Galerie à Montréal. «Il est brillant et a voyagé partout dans le monde. Il est un peu comme un grand frère, tout en douceur dans ses commentaires.»

Chef cuisinier du restaurant Le Bremner de Chuck Hughes et gagnant de la troisième saison de l’émission Top Chef Canada, Danny Smiles est désigné comme «la rockstar des chefs». «Il est aussi musicien, et il fait la bouffe pour les stars de la musique dans plusieurs festivals, dont Osheaga. C’est un rassembleur.»

L’émission Je suis chef est diffusée le lundi, à 20h, à V. On peut voir les épisodes précédents et les recettes des gagnants ici: noovo.ca/emissions/je-suis-chef

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Geneviève Everell: pas une imposteure!

Chef autodidacte, Geneviève Everell craignait un peu le syndrome de l’imposteur sur le plateau de Je suis chef. «Qui suis-je, moi, pour juger un plat de pâtes?» se demandait l’entrepreneure originaire du quartier Limoilou, à Québec, qui se spécialise dans les sushis, tartares, bols pokés et autres bouchées. 

«Je fais une cuisine de niche, mais je suis une épicurienne. J’aime tous les genres de cuisine, je ne suis pas difficile», indique la jeune femme, ravie de son expérience. «J’ai été jumelée avec des chefs que j’admire, j’ai appris auprès d’eux», ajoute-t-elle. 

Lundi dernier marquait le premier passage de Geneviève Everell à l’émission, en compagnie de Danny Smiles. Le deuxième plat que devaient cuisiner les participants était un bol poké, une spécialité que la chef était très à l’aise de commenter : «ce n’est pas si facile! Il y a beaucoup de choses à considérer : le respect du produit, le dosage des ingrédients, la créativité, la cuisson du riz — qu’il faut absolument vinaigrer — la découpe du poisson, dont les cubes sont plus gros que pour un tartare, les sauces…» 

Elle s’efforce d’être «constructive et positive» dans ses commentaires, alors que les goûteurs sont appelés à donner quelques trucs en plus de leur appréciation. 

Geneviève Everell confie avoir été parfois surprise par les participants. «Ce n’est pas évident de déterminer qui est chef et qui est imposteur. On le remarque par leur technique, leur finesse, leur rapidité d’exécution, l’organisation de leur plan de travail.» Et encore là, il arrive que les goûteurs se trompent.