Aménagée sur une ancienne voie ferrée, la piste cyclable Corridor aérobique permet d’admirer les plus beaux paysages sauvages des Laurentides.

En hommage aux bâtisseurs de chemins de fer

CHRONIQUE / Ils ont construit des chemins de fer dans toutes les régions du Québec, à la sueur de leur front. Souvent au péril de leur vie.

Ils ne savaient certainement pas qu’un jour, ces voies ferrées allaient devenir des parcs linéaires où des gens de tous les âges iraient s’y promener pour relaxer et prendre l’air, côtoyer la nature et faire de l’exercice physique.

Que la roue d’acier allait être remplacée par celle du vélo. Que la vapeur de la locomotive allait faire place à l’haleine du cycliste. 

Ces développeurs ne pensaient certainement pas qu’en aménageant avec ingéniosité une route ferroviaire près d’un lac ou d’une montagne, de futurs amateurs de grands espaces allaient découvrir des paysages à couper le souffle un jour. 

C’est en roulant sur l’un de ces tronçons aménagés sur une ancienne voie ferrée que le Cycliste du dimanche a décidé de dédier cette chronique aux bâtisseurs ayant aménagé des voies pour les trains devenues des pistes cyclables.

On a le temps d’avoir ce genre de pensée émotive et nostalgique en roulant sur le sentier baptisé le Corridor aérobique dans les Laurentides. 

Sur 58 kilomètres, cette piste cyclable non asphaltée va de Morin-Heights à Amherst. Elle a été créée à la suite de l’abandon du service ferroviaire par le CN au début des années 1960. Le Corridor aérobique traverse huit municipalités de la MRC des Pays-d’en-Haut à l’est et de la MRC des Laurentides à l’ouest. 

Dans sa description, on signale que son revêtement est fait de pierres concassées compactées et texture sablonneuse. Son niveau de difficulté va « de débutant à intermédiaire ». La pente moyenne est d’environ cinq pour cent. On recommande l’utilisation de vélos de type hybride ou de montagne.

Personnellement, je suis tenté d’apporter un sérieux bémol. On s’entend, ce n’est pas un endroit pour s’initier au vélo sur piste cyclable. Le revêtement est souvent proche de celui d’un sentier de quad. Le Cycliste du dimanche a eu à circuler sur des tronçons de grosse gravelle.

Il ne recommande pas non plus de s’y aventurer avec un vélo hybride. Les cyclistes équipés de vélo de montagne y s’amusent comme des petits fous !

Pour ce qui est du pourcentage de dénivelé, on peut le croire. Un bel exemple : le faux plat entre Morin-Heights et Wentworth-Nord fait 12 kilomètres de long. Toujours plaisant quand on revient sur nos pas. Et assez pour avoir le temps de songer aux travailleurs ayant œuvré à la construction de ce tronçon ferroviaire.

Des lacs bordés de montagnes à gauche, à droite. Je serais curieux de voir le décor lors des couleurs d’automne. 

Le tronçon entre Lac-des-Seize-Îles et le lac Rond vaut le détour. On longe le lac des Pins pour ensuite entrer dans un secteur très boisé à travers une forêt mature dont les arbres ne laissent passer qu’un mince filet de lumière des rayons du soleil. 

Ne vous attendez pas à croiser beaucoup de restaurants ou dépanneurs sur votre route. Cette région plus sauvage des Laurentides est surtout peuplée de chalets, dont plusieurs sont à louer.

Le lien : https://corridoraerobique.ca/

Mon truc du dimanche : Cette fois, je m’adresse à nos élus municipaux et des MRC. De grâce, assurez-vous que l’asphalte soit en bon état quand vous décidez de faire rouler les cyclistes le long d’une route entre deux pistes cyclables. Une crevasse, un nid-de-poule même petit, ça n’a pas le même impact pour un vélo que pour une voiture !

Du lundi au dimanche : J’espère que vous avez aimé cette série de chroniques autant que j’ai eu de plaisir à l’écrire. Mon seul souhait, c’est que le Cycliste du dimanche ait donné le goût à plusieurs d’enfourcher leur vélo pour aller à la découverte de nos plus belles pistes cyclables cet été. Merci de m’avoir lu. 

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