Mégane, Alicia et Érika passent à la banque, tenue par l’enseignante Ruth Gendron, pour régler les dettes et les achats.

Le budget, c’est du sérieux!

Ce mardi matin là, à l’école Notre-Dame du Canada dans le secteur Vanier à Québec, c’était le jour des impôts dans la classe de 6e année de Mme Ruth Gendron.
Il faut faire ses comptes!

Oui, le jour des impôts, car depuis quelques mois les enfants de la classe ont choisi au hasard une profession avec son salaire et ses obligations. Ce sera l’achat de la maison, du condo ou encore la location d’un appartement, l’ameublement, l’épicerie, les loisirs, les taxes et même les impôts.

Ça n’a l’air de rien, mais ce sont des exercices mathématiques sur les fractions, les pourcentages, le calcul, les prévisions. En même temps, ils apprennent les conséquences de demander un 20 $ à maman ou un 50 $ à papa pour acheter tel gadget ou telle activité de loisirs ou sportive.

Il y a des détails à prévoir avant de payer les impôts.

Prévoir les dépenses
Même s’ils font semblant de gérer des finances à partir d’un salaire fictif, les jeunes de la classe apprennent à prendre des responsabilités. Il fallait les voir passer à la banque pour payer l’épicerie de la semaine, faire les paiements pour le cellulaire. Il y a aussi le manque de fonds à gérer même s’ils savent depuis le début de l’exercice en novembre qu’ils auront des impôts à payer sur leurs revenus.

L’enseignante explique qu’en temps normal, les impôts et les autres éléments à payer sont déduits à la source sur chaque paye. Cette fois, les élèves doivent calculer ce qu’ils doivent à l’État, choisir de payer leur dû d’un coup ou prendre une entente de paiement.

En plus de l'argent, il y a les chèques et on peut prêter de l'argent aux amis.

«Ça nous prépare à la vraie vie. Il faut vraiment apprendre à bien s’organiser», lance Anne-Sophie. «Lorsque je serai adulte, je saurai mieux ce qu’il faut faire», avoue Loranne. Raphaël, qui a plus d’argent disponible, raconte qu’il en prête à ses amis qui sont dans le besoin.

Très sérieux
Et ils sont d’un grand sérieux pendant cette simulation. Il y a l’infirmière, le garagiste, le professionnel de la construction, le policier, la gérante d’un commerce. Chacun est confronté à des choix importants.

À partir des sites de Kijiji et Du Proprio, ils ont vu le prix des maisons, le coût des appartements. Certains ont choisi d’acheter avec des colocataires pour répartir les dépenses mensuelles. Sans aller dans tous les détails de l’hypothèque, chacun savait qu’il ne pouvait pas consacrer plus de 50 % de ses revenus à l’habitation. Il fallait répartir le coût de l’emprunt sur 25 ans avec un paiement mensuel. Et il y a les taxes, l’électricité, les assurances. Ouf! Ça fait beaucoup de choses à penser.

Il faut meubler le logis. Les coûts ont été établis à 1000 $ par pièce. Et l’épicerie dont la facture a été construite à partir de circulaire : 152 $ par semaine par personne. Il faut de tout : fruits, légumes, viande, mouchoirs, papier de toilette, savon, etc. Il y a fort à parier que toute la bande a pris conscience d’un coup des vraies dépenses dans leur famille.

Il y l'épicerie à payer, les activités, le restaurant, aussi.

Les choix à faire
Et les animaux de compagnie, ça coûte quelque chose à l’achat et ça mange aussi ces petites bêtes-là. Les loisirs, les sorties au restaurant aussi, les activités, les voyages, tout cela se traduit en dollars à débourser. Mme Gendron, c’est la banque, l’épicerie, le magasin et le restaurant tout à la fois. Et les loisirs achetés se traduisent par des récréations plus longues par exemple.

Les repas au McDo virtuel se transforment en collations réelles à payer avec les dollars de Monopoly par exemple. Moins de dollars en poche pour chaque dépense. Il faut calculer, prévoir, économiser, faire tous les paiements avant de se payer un extra. Oups! Est-ce aussi comme cela à la maison? Il faut faire des choix.

Avec leur argent en main, elle ont pu acheter un propriété dans leur village fictif sur la carte derrière.

Une jeune élève du groupe a frôlé la faillite à cause des retards dans ses paiements. Elle a dû prendre des mesures en empruntant à ses amis plus fortunés et s’entendre avec la banque. L’expérience virtuelle a eu l’effet de l’aider à mieux gérer les consignes dans les autres aspects de sa vie scolaire. L’expérience de ce jeu sur les finances personnelles devrait certainement générer des profits.