Au Japon, le quartier traditionnel de Yanaka nous change du centre-ville achalandé de Tokyo.

2018 au rang des souvenirs

L’année 2018 s’apprête à s’installer définitivement dans la boîte à souvenirs. Avant de lui dire au revoir, j’ose à peine calculer mon empreinte de carbone pour les 365 jours qui viennent de passer. Je n’ose pas calculer les kilomètres parcourus, au-dessus des nuages, dans les 31 vols qui m’ont soulevé à un moment ou à un autre dans les 12 derniers mois.

31 vols! Ça donne le vertige. C’est plus qu’une fois aux deux semaines, si on fait une moyenne. La Terre ne me dit pas merci. Mais j’aurai commencé, cette année, à compenser mes émissions de carbone. 

2018 m’aura donné quelques leçons. Difficile de ne rien apprendre quand on décampe à une fréquence grand F et qu’on donne la parole à l’étranger.

À Tokyo, au Japon, j’ai été confronté à ce sentiment étrange de déjà-vu alors que je ne retrouvais pas tout à fait mes repères. Fou comme des souvenirs bénins, comme ceux des enseignes de magasins qu’on avait oubliées, font remonter des tas d’images.

En retournant dans la capitale nippone, j’ai eu à me demander par où commencer l’exploration de la deuxième chance, celle qui s’éloignerait de la surface, des mêmes attractions que la première fois qui ne me feraient rien découvrir. 

En m’intéressant aux préparatifs des Jeux olympiques de 2020, j’ai réalisé qu’on accorde trop peu d’importance aux Jeux paralympiques. Les Japonais l’ont non seulement réalisé, ils en profitent pour adapter leur société qui laissait bien peu de place aux citoyens à mobilité réduite. 

Ma recommandation au Japon : le quartier de Yanaka, avec ses maisons traditionnelles. On s’éloigne un peu du circuit touristique et on vit le Japon qui disparaît peu à peu. Et pendant qu’on y est, il faut manger une soupe ramen dans un restaurant typique.

En Haïti, j’ai vu la passion et la persévérance. Mon ignorance m’avait caché que la perle des Antilles était un pays de montagnes. Là-bas, la beauté est partout : dans la nature, dans les traditions, dans le carnaval où j’irai danser un de ces jours, dans le créole que je ne comprends malheureusement qu’à moitié. 

J’ai craqué pour la bonne humeur de Gesper, qui aime chanter autant que le café qu’il fait pousser. Pour les paysans de Vallue, aussi, qui exploitent la terre de leur communauté tout en évitant l’exode des jeunes. 

Ma recommandation en Haïti : s’attarder dans le secteur de Vallue et de Petit-Goâve.

Israël s’est révélé un petit bout de terre à la fois. Ce qu’il a de surprenant, ce petit pays, c’est qu’il renferme justement tellement d’histoire et de richesses dans un territoire aussi restreint.

Les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO ont de quoi combler les férus d’histoire. Ceux qui s’intéressent à l’actualité seront peut-être, comme moi, impressionnés par le Golan, d’où on peut voir (et entendre) le territoire syrien, et la Cisjordanie, qui donne un très bref aperçu du conflit israélo-palestinien.

Il était très étrange de combiner, dans une même escapade de deux semaines, le village hyperconservateur de Safed, les sites religieux d’importance pour le judaïsme, l’islam et le bahaïsme, en plus d’assister au plus gros événement LGBTQ+ du Moyen-Orient, à Tel-Aviv.

Ma recommandation en Israël : visiter Jérusalem, Hébron et Bethléem pour comprendre la situation géopolitique du territoire.

Si vous passez par Israël ou la Cisjordanie, la ville de Jérusalem est un incontournable.

Coup sur coup, j’ai découvert le territoire innu d’Uashat, à Sept-Îles, et le territoire amérindien Amishk, près de Saint-Calixte. Une fois encore, j’ai réalisé qu’on parle trop peu des Premières Nations. Donnons-nous la peine d’en apprendre plus sur le Québec.

En Grèce, j’ai vu à quel point le tourisme de masse avait progressé au cours des dernières années. Athènes a alimenté mon conflit intérieur, ce déchirement entre le désir de voir des lieux mythiques et la réalisation que je fais partie des envahisseurs partout où je vais. Comment blâmer des commerçants de s’adapter à leurs visiteurs en leur offrant les produits qu’ils demandent, même s’ils n’ont aucune composante locale? Nous contribuons tous un peu à effacer lentement les traditions qu’on cherche pourtant à découvrir.

Ma recommandation en Grèce : attardez-vous plus que quelques heures aux Météores ou visitez les îles en évitant les plus grandes villes comme Héraklion.

Ma brève incursion au Mexique, à Monterrey au nord, m’aura permis de constater qu’il y a bien plus que Mexico, Cancún, Playa del Carmen et Puerto Vallarta dans ce pays. Les célébrations de la fête nationale, loin des centres touristiques, auront été mémorables.

Enfin, peu de pays nous forcent à surmonter nos préjugés comme la Colombie. Parce qu’on pense souvent aux FARC, à la drogue et à la violence à l’évocation de ce pays d’Amérique du Sud. Pourtant, les grandes villes sont très touristiques et la jungle, qu’on la foule au nord ou dans la forêt amazonienne, vaut assurément une visite. À regret, la Colombie, je l’ai parcourue trop vite.

Ma recommandation en Colombie : la vallée de Cocora, avec ses palmiers géants.

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