La Route verte toutes couleurs unies

Jean-François Pronovost
Vélo Mag
Un projet de l’envergure de la Route verte n’aurait jamais pu démarrer et se développer adéquatement sans un appui technique et politique des gouvernements québécois qui se sont succédé depuis 1995. Des fonctionnaires ont contribué à ce que le ministère des Transports soutienne la Route verte et fasse progresser les pratiques de cet ancien ministère de la Voirie vers ce qui s’approche davantage de la mobilité durable. Une véritable révolution ! Ce projet a même suscité l’adhésion de l’ensemble de l’Assemblée nationale.

La Route verte est lancée en juin 1995 sous la gouverne de Jacques Parizeau, du Parti québécois, assisté de son adjoint parlementaire à la Jeunesse, Gilles Baril, et de son ministre des Transports, Jacques Léonard. L’inauguration internationale de la Route verte est quant à elle célébrée en 2007, cette fois par le gouvernement libéral de Jean Charest.

Dans différents contextes ou lors d’hésitations gouvernementales, des ministres ou des députés, toutes formations confondues, appuient la Route verte et l’idée que cette réalisation incarne la vitalité économique des régions, la santé et une manière concrète d’améliorer la qualité de vie des Québécois. Et cela à peu de frais ! Jacques Baril, député d’Arthabaska et ministre délégué aux Transports sous Guy Chevrette et Serge Ménard, est un de ceux-là. Pour SA région des Bois-Francs, la Route verte est une façon d’amener des visiteurs à s’imprégner de la ruralité ; pour le Québec, elle est une façon de mesurer l’immensité du territoire. C’est cet homme de la terre qui, en 1999, annonce le premier programme de financement au développement de la Route verte et, en 2001, met fin à la tarification de 10 $ sur les sentiers cyclables, dont quelques-uns sont des portions de la Route verte.

Serge Ménard, pour qui le passage aux Transports en 2002-2003 est probablement moins excitant qu’à la Justice ou à la Sécurité publique, aime bien la Route verte et le vélo ; un des premiers vrais ministres cyclistes dans le gouvernement du Québec, il est un fidèle du Tour de l’Île de Montréal pendant une dizaine d’années et participe à onze éditions du Grand Tour. Le député et ministre libéral Geoffrey Kelley est également un supporteur de la Route verte et ne donne pas non plus sa place au Tour de l’Île, lui qui n’a loupé que les éditions 1985 et 1988 !

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En 1997, c’est Lucien Bouchard qui se fait porteur de la première résolution de la Conférence des gouverneurs de la Nouvelle-Angleterre et des premiers ministres de l’Est du Canada, à Newport, au Rhode Island, appuyant le développement des liaisons entre la Route verte et les itinéraires cyclables de la Nouvelle-Angleterre et de l’est du Canada.

La Route verte a été soutenue depuis 25 ans par tous les gouvernements.

Sans ressources financières adéquates, la Route verte ne serait pas allée bien loin. Nommé ministre d’État à l’Économie et aux Finances par le premier ministre Lucien Bouchard, Bernard Landry y consacre un segment de son discours sur le budget de 1999-2000 : « Enfin, nous injecterons un montant additionnel de 18 millions de dollars sur cinq ans en vue de compléter la réalisation d’un réseau cyclable national appelé la Route verte. Je tiens à souligner en passant le rôle majeur de l’organisme Vélo Québec dans la promotion de ce concept qui allie loisir, tourisme et activité économique. »

Huit ans plus tard, sous le gouvernement libéral de Jean Charest, ce sont Julie Boulet, ministre des Transports, et son collègue du Tourisme, Raymond Bachand, qui arrivent à vélo au Domaine de Maizerets, à Québec, pour la coupe du ruban officiel en présence des médias internationaux et des 2000 participants du Grand Tour.

À l’automne 2018, le gouvernement de la Coalition Avenir Québec est élu. François Bonnardel, député de Granby, est nommé ministre des Transports. Il fait sienne la Politique de mobilité durable élaborée par le précédent gouvernement (libéral) et y intègre la Route verte. Dans une allocution prononcée l’automne dernier, le ministre et cycliste passionné dit souhaiter que le Québec devienne un genre de « Copenhague du Canada ». Clair, non ?

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