La malédiction du Rocher aux oiseaux

Francis Higgins
Francis Higgins
Le Soleil
Chaque semaine, l’historien «volant» Pierre Lahoud dévoile au Mag les secrets derrière ses plus belles photos du Québec. Cet été, il nous fait découvrir les «îles au trésor» qu’il explore du haut des airs depuis près de 40 ans. Aujourd’hui, le Rocher aux oiseaux, au nord-est des Îles-de-la-Madeleine.

«Je suis historien. Alors je me plais souvent à remonter dans le passé, à imaginer des situations de l’époque, à penser à quel point Jacques Cartier a dû être impressionné en arrivant ici. Un des premiers bouts de terre qu’il a vus était le Rocher aux oiseaux. Voir cet immense rocher entouré de fous de Bassan et entendre leurs cris devait être quelque chose! Il a dû se dire qu’il était réellement près d’un nouveau continent», raconte M. Lahoud. 

«Ce rocher impressionne à cause de sa masse, de son phare, mais aussi des légendes qui s’y accrochent. Comme milieu rébarbatif, on ne fait pas mieux! Il semble qu’il y a eu beaucoup de morts sur cette île. On disait que le temps rude empêchait quiconque d’y rester gardien de phare pendant 10 ans. De fait, je pense que personne n’y est arrivé; ils sont tous morts avant. Cette île est une véritable malédiction pour les gardiens de phare! Y vivre devait être l’enfer. C’est le genre d’aura qui entoure cette île.»

«Et n’oublions pas ses bâtiments abandonnés. C’est d’une tristesse! Depuis que le gouvernement fédéral a décidé d’abandonner la gestion des phares sur le Saint-Laurent, plusieurs tombent en ruines. Ce patrimoine important est en train de disparaître.»

Propos recueillis par Francis Higgins

Info : pierrelahoud.com

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