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La fièvre des jeux d'évasion
La fièvre des jeux d'évasion
Le secret des dunes chez À double tour
Le secret des dunes chez À double tour

Des jeux dont vous êtes le héros

Raphaëlle Plante
Raphaëlle Plante
Le Soleil
Jessica Lebbe et Marc Raymond sont tombés dans la marmite un peu par hasard, et sont accros depuis. Accros… aux jeux d’évasion!

Journaliste et animatrice à la radio, Jessica a accepté au printemps 2016 de tester une nouvelle activité chez À double tour, entreprise qui venait d’ouvrir ses portes dans le quartier Saint-Roch. Elle embarque son conjoint Marc et trois amis dans l’une des aventures offertes pour en faire le compte rendu à monsaintroch.com. «On a vraiment tripé!» se remémore la jeune femme à propos de cette mission qui se déroulait dans un laboratoire, avec la menace de zombies qui ajoutait une dimension effrayante.

Les Captivés Marc Raymond et Jessica Lebbe

Ils ont eu la piqûre. «C’est une activité très différente à faire avec des amis. Ça nous amène à voir d’autres facettes des gens, comment ils réagissent dans une situation de stress, de performance. La particularité des jeux d’évasion, c’est que chacun fait quelque chose», explique Jessica, rencontrée récemment en compagnie de Marc.

Depuis cette fameuse journée de 2016, le duo a participé à plus de 100 jeux d’évasion aux quatre coins du Québec, au Nouveau-Brunswick et en France. Ils ont même lancé leur propre blogue en février dernier, Les Captivés, pour partager leurs expériences.

«Ça nous fait découvrir des endroits en région. Par exemple, on n’aurait pas pensé aller à Abestos si ce n’était pour essayer les jeux d’évasion là-bas», indique Marc, ajoutant que l’activité se termine d’habitude à la microbrasserie du coin, histoire d’en jaser avec les amis qui les accompagnent.

À force de faire des jeux d’évasion, la paire développe des réflexes, des stratégies, mais signale que chaque défi est différent. «Notre taux de réussite est de près de 75%, mais ce n’est pas l’aspect de la performance qui nous anime», indique Jessica. Le taux de réussite moyen d’un jeu d’évasion dépasse rarement 30%.

Si Marc est un amateur de jeux d’horreur, plus glauques, Jessica admet ne pas être une grande fan de zombies et autres jeux effrayants. «Mais ce sont probablement mes meilleurs jeux, parce que l’adrénaline embarque!» confie la jeune femme, qui «crie super bien» et aime fouiller les pièces. Ancien scout, Marc est débrouillard et fort en calcul. Il a davantage un esprit d’analyse. En équipe, ils se complètent.

L’équation, chez Sauve qui peut

Française d’origine, Jessica note quelques différences entre les jeux essayés dans la région parisienne et ceux au Québec. «Juste à Paris, il doit y avoir une quarantaine [d’endroits pour faire des jeux d’évasion]. Il y a plus de concurrence, et davantage de technologie utilisée. Les budgets peuvent atteindre les 100 000 euros!» Au Québec, les budgets alloués aux décors et à l’intégration de la technologie dans les salles sont généralement beaucoup plus modestes, précise-t-elle, ce qui ne veut cependant pas dire que les jeux sont moins bons.

Autre constat, à Paris, l’immersion dans l’univers du jeu commence dès l’accueil, ce qui est moins soigné au Québec. Un exemple : si on s’apprête à faire un jeu d’évasion qui se déroule dans l’espace, un cosmonaute ou un extra-terrestre pourrait expliquer le déroulement de la mission, plutôt qu’un préposé à l’accueil de l’entreprise.

Popularité croissante
Au Québec, il existe une véritable communauté d’amateurs de jeux d’évasion, comme le groupe Facebook Accros aux jeux d’évasion, qui rassemble près de 500 membres, et quelques blogues, dont Les Captivés et Les Fugitifs. Ces derniers, un groupe de six amateurs de Saint-Hyacinthe, sont aussi très actifs dans la province.

Le Soleil a rencontré la bande des Fugitifs lors de leur récent passage dans la capitale, où ils faisaient un marathon de jeux d’évasion auquel l’auteure de ces lignes a pris part — un baptême de feu.

Les Fugitifs sont trois couples d’amis : Frédéric St-Jean et Danny Gagnon, Guylaine Paul et Simon Gariépy, Léa B. Morissette et Anthony Pelletier. Ensemble, ils forment une équipe d’enfer et pratiquement aucun jeu d’évasion ne leur résiste — leur taux de réussite frise les 100 %.

Les Fugitifs : Simon et Frédéric (à l’avant), Léa, Guylaine, Anthony et Danny

Ils ont lancé leur blogue à la mi-juillet, «un peu à la blague, mais on a rapidement été surpris de l’intérêt», signale Frédéric, l’aîné et «leader» du groupe. «Le nombre d’amateurs de jeux d’évasion augmente de façon quasi exponentielle!»

Après avoir pris part séparément puis ensemble à plusieurs jeux — «on avait fait le tour de ceux de L’Emprise à Saint-Hyacinthe!» —, le groupe décide d’explorer les autres entreprises des alentours et de consigner ses impressions sur son blogue. La première salle thématique évaluée officiellement par Les Fugitifs se trouve chez SOS Aventures à Saint-Jérôme.

Image thématique de Wicca chez SOS Aventures

Depuis, ils ont testé près d’une trentaine de jeux, qu’ils évaluent selon un «système de notation rigoureux» prenant en compte la qualité des énigmes, de l’immersion (décor, éclairage, ambiance sonore), des indices, du scénario… et de ce qui représente pour eux un «effet wow». «On évalue les scénarios de manière individuelle, on est vraiment différents», indique Léa. «Chacun a ses préférences. Par exemple, Guylaine aime beaucoup ce qui est plus cérébral et des salles thématiques qui représentent la vie quotidienne. Anthony tripe sur ce qui est médiéval, des salles dans le style donjons et dragons, le fantastique. Moi ce sont les énigmes plus mécaniques, les casse-tête, les aimants qui m’attirent», ajoute Frédéric.

L’un est plus observateur, l’autre pas mal fouineuse, un autre plutôt ingénieux. Léa, elle, est la rassembleuse du groupe : «C’est notre complémentarité qui fait notre force, mais la communication est super importante».