Julie Vachon en rêvait: elle a ouvert sa chocolaterie à Deschambault en 2011. Elle montre ici certains de ses chocolats de Pâques.

Julie Vachon Chocolats: ténacité et... folie!

Juste avant le «sprint» de la longue fin de semaine de Pâques, la chocolatière et pâtissière Julie Vachon a reçu Le Soleil dans son atelier-boutique de Deschambault, où la pimpante jeune femme a eu l’idée «un peu folle» d’ouvrir sa chocolaterie il y a maintenant six ans.

Sacrée chef pâtissière de l’année de la région de Québec pour une deuxième année consécutive — honneur décerné par la Société des chefs cuisiniers et pâtissiers du Québec — Julie Vachon ne se prédestinait pas à faire carrière en cuisine. Mais les hasards de la vie, et une bonne dose de ténacité, l’ont menée à cette reconnaissance de ses pairs et, surtout, à celle d’une clientèle fidèle qui ne cesse de croître.

«Je suis une décrocheuse», admet d’emblée la chocolatière. En 2001, elle était caissière et avait un secondaire III. C’est en travaillant au Choco-musée Érico, sur la rue Saint-Jean à Québec, que la jeune femme réalise qu’il serait plus intéressant et créatif de passer de l’autre côté du comptoir… Appuyée par son premier mentor, le chef et fondateur d’Érico Éric Normand, elle suit son cours de pâtisserie à l’École hôtelière de la capitale. La jeune femme se distingue, et se prend à rêver à partir de ce moment à ouvrir sa propre chocolaterie à Deschambault.

Hippopotame de Pâques

Pourquoi dans un village de quelque 2000 habitants? «J’ai toujours rêvé de vivre là! Pour la beauté du village, la proximité du fleuve. Ce n’est pas loin de Québec et pas trop loin de Montréal, où vivent mes sœurs… J’ai aussi vécu à Kamouraska et aux Îles-de-la-Madeleine», mais la distance des siens était bien plus grande.

Originaire de Saint-Brigitte-des-Saults, près de Drummondville, Julie Vachon a bourlingué quelques années avant de débarquer à Deschambault: stages à Québec (Le Saint-Amour), à Ste-Adèle (L’Eau à la bouche), en Belgique puis en France — où elle restera deux ans —, puis poste prestigieux au Fairmont Le Château Montebello… qu’elle a quitté «parce qu’elle n’était pas tant heureuse». Elle décide de mettre en marche le projet qu’elle caressait depuis des années et arrive à Deschambault à l’été 2010.

Lapin de Pâques en origami

«Je me suis trouvé un appart et je travaillais au bistro du village [L’Angélus]. Le proprio me prêtait sa cuisine la nuit pour que je fasse des brownies et des cupcakes que je vendais au Marché public de Deschambault. Il fallait que je me fasse connaître et je disais à tout le monde que je voulais ouvrir ma chocolaterie. Heureusement, je suis une bibitte sociale!» 

L’appui d’une communauté

Julie Vachon ouvre son atelier-boutique l’année suivante, dans un local qu’elle partage alors avec une brûlerie. «Je ne pensais pas vivre de la chocolaterie… sur papier, c’était un projet indéfendable. Je suis d’ailleurs surprise que la banque ait suivi! Mais le loyer est bien moins élevé qu’en ville, et j’ai pu compter sur l’aide de la communauté.» Elle estime qu’environ le quart des villageois sont des clients réguliers, qui ont adopté ses délicieux chocolats, «même s’ils sont plus chers» que ce qu’on trouve au dépanneur ou à l’épicerie du coin.

Poisson monté sur boules de chocolat, dont l’une est marbrée

En 2013, la chocolatière ajoute une corde à son arc en ouvrant la Crèmerie générale — qui se trouvait alors au Magasin général du village — où elle propose des glaces artisanales et des sorbets. Une façon d’attirer la clientèle lors des chaudes journées d’été. Depuis l’an dernier, la crèmerie a été rapatriée au même endroit que la chocolaterie, dans une belle maison sur le Chemin du Roy. «On a plus que doublé la superficie du commerce!» indique fièrement Julie Vachon, qui a maintenant sa cuisine, son bureau, son coin boutique et sa crèmerie sous un même toit. «Je viens de faire une master class à l’Académie du chocolat [à Montréal] sur les glaces et sorbets, je vous jure qu’ils seront encore meilleurs l’été prochain!» dit celle qui cherche toujours à se perfectionner.

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L’atelier-boutique Julie Vachon Chocolats se trouve sur le chemin du Roy, à Deschambault.

Douceurs à faire saliver

Hippopotame dodu, lapin origami, hibou, voiture de course, poisson monté sur boules, grenouille, pingouin, coffre à outils, girafe, mouton, écureuil, poulette… ce n’est certainement pas la diversité qui manque au rayon des chocolats de Pâques chez Julie Vachon! 

La chocolatière confie d’ailleurs avoir un grand plaisir à dénicher des moules originaux et vintage, et indique avoir eu un coup de cœur pour l’hippopotame et le lapin graphique inspiré de l’art du pliage (origami). Ses chocolats sont noirs 64 % ou au lait, avec quelques choix de blanc.

En boutique, on retrouve également des chocolats fourrés (ganaches, pralinés, caramels) qui varient au gré des saisons et de la créativité de Mme Vachon (pâte d’amande pistache, caramel au rhum, thé chai, gianguja noisette…) Son favori du moment : le caramel-lime, bien coulant, avec du vrai zeste et du jus de lime. On trouve aussi des mendiants, des pâtes de fruits, de l’orange et du gingembre confits trempés dans le chocolat, des biscuits (au chocolat bien sûr), du chocolat chaud maison, des grains de café dans le chocolat, des tablettes et une tartine chocolat-noisettes qui fait fureur. «Elle est délicieuse avec des fruits, avec des bananes c’est un mariage parfait! Et sur des toasts bien sûr! On la vend aussi à la Fromagerie des Grondines, qui a un point de vente à Québec [sur la rue Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Roch].»

Des pâtisseries font aussi l’envie des villageois de Deschambault et des alentours, dont les brownies truffés, la tarte au citron et la tarte choco-framboise. «Je suis aussi ouverte aux demandes spéciales. J’aime bien faire des créations personnalisées», signale Julie Vachon. «Cet été, je souhaite offrir des déclinaisons de nougats, des guimauves maison, davantage de pâtes de fruits et de pâtisseries, sans oublier les glaces!» La crèmerie est ouverte de la Saint-Jean-Baptiste à la fête du Travail.

«Après six ans, j’ai enfin l’impression que je sors de la phase démarrage de mon entreprise. Mon but est maintenant d’augmenter ma production, tout en continuant à privilégier la vente directe. Mais j’aimerais bien que la tartine choco-­noisettes soit davantage distribuée, et je compte aussi faire un caramel salé», indique celle qui ne manque pas d’idées, ni de boulot. 

Pour Pâques, la chocolaterie sera ouverte samedi, dimanche et lundi également (avis aux gens à la dernière minute!). 

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Julie Vachon Chocolats, 243, chemin du Roy, Deschambault
Pour info: julievachonchocolats.com
facebook.com/julievachonchocolats
facebook.com/lacremeriegenerale