Stéphane Frigon, sa femme Penelope, leur fille, Eva Luna, et leur fils, Luca

Home sweet home à Bridport, pour Stéphane Frigon

Ils viennent du Québec, mais sont partis vivre aux quatre coins du monde. Pour le travail, par amour, pour aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Le Mag vous les présente et vous décrit leur quotidien. Tranches de vie.

Nom : Stéphane Frigon

Âge : 47 ans

Profession : chef cuisinier chez Martin’s Bar & Restaurant et investisseur immobilier

Trajectoire

Né à Châteauguay, Stéphane Frigon a vécu à Québec, puis a voyagé en travaillant pour le Club Med de 1994 à 2001, comme chef de plongée. Il a ensuite habité huit mois en Espagne, avant de s’installer à Bridport, en Angleterre.

La campa­gne anglaise du sud-ouest

Raison

Elle s’appelle Penelope. Il l’a rencontrée alors qu’il travaillait aux îles Caïmans. Puis la belle Anglaise, étudiante en langues, français et espagnol, allait parfaire sa formation en Andalousie. «J’ai quitté le Club Med après le 11 septembre 2001. Ma destinée était avec elle.» Penelope est tombée enceinte en Espagne. De retour chez elle en Angleterre, le couple s’est marié. Ils ont aujourd’hui une jeune fille de 16 ans, Eva Luna, et un fils de 13 ans, Luca. 

Le plus dur à apprivoiser…

«L’adaptation a été assez facile, le Royaume-Uni ressemble beaucoup au Québec. Les coutumes, les lois, le système de taxes… Le Canada est comme une copie. Même le thé l’après-midi me faisait penser à ma mère. Et les Anglais ont un humour noir, comme les Québécois. On aime bien ricaner des autres, sans tomber dans l’insulte. 

Le fait de me marier en arrivant a facilité beaucoup de choses pour la paperasse.

Sinon, je n’ai pas eu de difficulté avec la langue, mais avec l’accent des différentes régions, que je ne comprenais pas vraiment.»

Aujourd’hui, je vis comme un Anglais parce que... 

«J’ai adapté mon style de vie, je ne suis pas venu pour m’imposer. Je conduis à l’anglaise, j’ai même plus d’expérience de conduite de ce côté-ci de la route. J’aime bien les petites traditions d’ici, comme les cream tea scones ou le rôti du dimanche, qui vient toujours avec une sélection de cinq à sept légumes et patates rôties. Même au Canada, je l’impose à la famille!» 

Près de chez lui, l’arche naturelle Durdle Door

Je mange... 

«On soupe à 17h, c’est très anglais. Les toasts le matin, le bacon, les pâtés de viande, la tourtière qui a des racines du côté des Cornouailles… Mes parents avaient les mêmes  habitudes. Encore une fois, je réalise que les Québécois ont beaucoup plus en commun avec les Anglais. Avec les Français, on parle la même langue, mais le reste est complètement différent.»

J’habite…

«Dans un village de 15 000 habitants, traversé par la côte jurassique et ses falaises protégées, sans bâtiment sur les plages. Je vis dans une rue de 10 maisons collées, une belle demeure typique de 1896, avec une petite cour à l’arrière.»

La côte jurassique
Vue de Bridport depuis la tour de l’horloge de l’hôtel de ville.
Le marché de Bridport, vieux de plus de 500 ans

Je m’ennuie... 

«Du temps de la cabane à sucre, des amis, de la famille. On pense à eux souvent.»

Je reste branché au Québec...

«J’ai eu mon premier cellulaire en 2005. Je garde contact avec le téléphone, Internet et Facebook, l’outil parfait parce que j’ai des amis partout. Je peux suivre davantage ce que ma famille et mes amis font maintenant qu’à l’époque où je travaillais au Club Med. Et avec Messenger, je parle à mon frère toutes les semaines.»

Un bon coup de ma ville d’adoption que je ramènerais au Québec...

«Dans le sud-ouest de l’Angleterre, on vit comme dans les années 80. À 17h, tout est fermé sauf les pubs. Le dimanche, tout est fermé aussi, c’est ton dimanche. J’aime le style de vie ici et je ramènerais la mer. J’ai été restaurateur pendant 10 ans [il a ouvert le Olive Tree, qu’il a vendu pour investir en immobilier] et comme je travaillais de 9h30 à 14h et de 18h à 21h, je passais du temps avec mes enfants à la plage l’après-midi après l’école. Maintenant qu’ils sont plus grands, on fait du surf, de la voile. On a les certifications, on peut sortir en mer et même louer un bateau quand on vient au Québec.»

Stéphane Frigon à la plage locale
Le Québécois, ancien chef de plongée pour le Club Med, a adopté la mer et la plage de ce coin d’Angleterre.

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