Vincent Richard, Maélie Bourassa, Vincent Raymond et Rosanne Châteauneuf ont créé des projets originaux en classe dans un mode d’apprentissage qui va plus loin que le cours magistral.

École Vision Saint-Augustin: apprendre à apprendre

Rosanne découvrait des problèmes dans sa chambre pendant qu’elle était à l’école. Des choses étranges se produisaient : des enveloppes de bonbons, un lit chaud et des vêtements éparpillés. Il fallait attraper les intrus.

Maélie dessine depuis l’enfance, elle adorait la mode et elle se servait des souliers de sa mère pour défiler. Vincent Raymond voulait travailler sur quelque chose qu’il ne connaissait pas. Vincent Richard se demandait comment on peut programmer quelque chose, apprendre le code.

Ces quatre élèves de l’école Vision de Saint-Augustin-de-Desmaures en cinquième et en sixième année se sont donc mis à la tâche de réaliser leur projet : un détecteur d’intrus, un défilé de mode, une machine hydraulique et un robot pouvant participer à une sorte de combat de sumo.

Les élèves de la première année sont guidés dans un exercice de respiration et de relaxation.

Détection
Dans cette école, ils ne sont pas les seuls à avoir pris le taureau par les cornes pour bâtir quelque chose d’inusité, mettre au point un projet avec toutes les étapes de zéro jusqu’à sa réalisation. C’est le projet «Genius Hour», l’heure où les génies chauffent leurs neurones au maximum dans un projet qui les fait grandir dans la confiance, les compétences, la gestion des problèmes, la compréhension de mener à bien un projet.

Le projet de Rosanne Châteautneuf a été de programmer le logiciel pour un système de surveillance dans sa chambre avec tout ce qu’il faut, petit ordinateur Raspberry Pi, détecteur de mouvement, caméra, système de mise en marche. Elle a attrapé le mangeur de bonbon : son père; son frère, c’est lui qui lisait allongé dans le lit qui devenait chaud, et c’est le chat qui s’amusait avec les vêtements. Elle avait les preuves avec toutes les photos.

La neuropsychologue Annie Sanscartier vient en classe leur faire découvrir le fonctionnement du cerveau.

Elle est fière d’avoir appris comment lire et interpréter le code informatique. Maintenant, elle songe à installer une caméra de vision nocturne dans la cour de l’école pour découvrir ce qui se passe les nuits de petits grabuges. Une carrière dans les services secrets peut-être?

Toutes les réponses sur le fonctionnement du cerveau suscite l'attention.

La passion
La passion du dessin et de la mode a mené Maélie Bourassa à organiser un défilé à l’école. Elle a dû faire pas mal de recherches, comprendre les définitions de la mode. Mais son gros défi a été l’organisation du défilé, les auditions pour les mannequins, la coordination des activités pour que tout le monde soit présent au bon moment, réserver la salle, convaincre la directrice Marie-Claude Bussière que ça valait la peine.

Tout le monde veut donner sa réponse.

Puis faire la promotion pour les deux présentations. Ouf!

Elle aussi se dit fière de tout ce qu’elle a appris pour mener à bien un projet plus complexe à réaliser sur le terrain que sur papier. Et elle veut faire carrière dans le design de mode.

Vincent Raymond, Elliott Bujold, Maélie Bourassa, Rosanne Châteauneuf et Andrew Lord ont raconté leur expérience dans la réalisation de leurs projets à l'école Vision Saint-Augustin.

Vincent Raymond voulait vraiment apprendre une nouveauté. Une vidéo de trois minutes sur le Web montrant un bras hydraulique lui ouvre une voie. Du carton, des morceaux de bois, et des seringues, un peu de colle et une seule pièce de métal pour donner du corps à la pince. Mais comment faire pour que tous ces morceaux fonctionnent ensemble?

La création
Des recherches sur les seringues, les principes hydrauliques et des assemblages à comprendre. Il faut que ça tienne et que la pince au bout du module puisse pivoter et attraper des objets.

Vincent Raymond voulait vraiment apprendre une nouveauté avec son projet de bras hydraulique.

Comme la vidéo ne disait pas tout, il a dû inventer! Et ça fonctionne. «J’ai appris quelque chose de nouveau», lance-t-il avec une timide fierté.

Vincent Richard, lui, voulait apprendre le langage informatique. C’est dans un projet de robot qu’il a fait ses premiers pas. Essais, erreurs, il doit recommencer toute la programmation. Le robot ne reconnaît pas le cercle de l’arène, et pas très bien la ligne de départ, car le robot ne fait pas ce qu’il faut pour le combat de type sumo entre robots. Il apprend, se fait conseiller et recommence sa programmation. Eurêka! Il trouve la solution. Son robot, tout comme lui, sortira vainqueur de l’épreuve.

Rosanne Châteauneuf a résolu son problème avec les intrus dans sa chambre.

L’innovation
Et tout cela se greffe avec une idée qui a valu à l’école le prix Innovation pédagogique de la Fédération des établissements d’enseignement privés pour le projet Apprendre à apprendre. La neuropsychologue Annie Sanscartier vient en classe leur faire découvrir le fonctionnement du cerveau. Cela inclut les dédales de l’apprentissage, la gestion du stress, la gestion des émotions, le savoir-être et le savoir-faire.

Le défi
Tout un défi pour des jeunes qui frôlent à peine les 10 ans.

Mais comme le disent Andrew Lord et Elliott Bujold, les exercices permettent de rester concentré dans les périodes difficiles comme les examens. Et ils apprennent à gérer leur cerveau avec des chemins récurrents pour y imprimer les informations en permanence!