Clarisse, Simone, Charles-Antoine et Cédric travaillent fort pour ouvrir l’immense boîte de conserve de maïs.

École Saint-Jean-Baptiste: les deux mains dans les plats

Les après-midi du mercredi ne se passent pas en classe à l’école Saint-Jean-Baptiste. Les horaires de la semaine sont organisés pour laisser du temps à d’autres formes d’apprentissage.

Il y a du sport, des ateliers, de l’art plastique, mais aussi de la cuisine. Oui, de la cuisine. Toutes les activités sont sous la responsabilité du service de garde qui compte pas moins de 14 éducatrices.

Ce mercredi-là, ils étaient une vingtaine d’élèves de la quatrième à la sixième année à envahir la cuisine de Mireille Cyr, la chef du restaurant La Cuisine, sur la rue Saint-Vallier. «Nous, ce sont les repas de maman», lance-t-elle. Le comfort food, comme on dit dans le jargon, les «plats réconfortants», en bon français, mais dans les faits, c’est la cuisine de maman!

Au menu, le pâté chinois et un pouding chômeur. Il n’y a pas plus cuisine maison que cela. Il fallait voir les enfants peler les patates avec le plus grand sérieux. S’échiner à ouvrir une immense boîte de conserve de maïs en crème. Avant d’aller mettre tout ça dans des contenants, dans le bon ordre : steak, blé d’Inde, patate. Des petits plats que chacun rapporte à la maison.

«Qu’est-ce que tu aimes le plus dans les visites des cuisines?» «Manger», lance Charles-Antoine, avec le sourire, mais le plus sérieusement du monde. Pourtant, avec Cédric et Axel, il se souvient d’avoir découvert le céleri-rave. «Ça ressemble à un gros navet», lance Cédric. Et il y a le curry que ne connaissait pas Axel.

Quelques minutes auparavant, Charlotte, Clémence, Lily, Lili-Rose et Jeanne épluchaient des patates. Elles racontent les visites précédentes. Elles parlent des chefs qu’elles ont rencontrés.

«Nous avons posé plein de questions», ose Charlotte. «J’ai appris que les bols avaient des noms et qu’il y avait des noms pour plusieurs instruments», ajoute Clémence. «Et il y a des techniques pour brasser», continue Lily. «Il fallait savoir mesurer les ingrédients», renchérit Lili-Rose. «Et on a senti des épices pour les associer avec certains plats», souligne Jeanne.

Même si les garçons sont moins volubiles que les filles, comme tous les autres ils participent avec plaisir aux diverses tâches. Il y a les ingrédients secs à rassembler, les liquides à mesurer. D’autres préparent les tables, distribuent les contenants.

Peler les patates, ça fait partie du travail des jeunes chefs.

La plupart donnent déjà un coup de main dans la préparation des repas à la maison. Les autres apprennent et attendent les recettes qu’ils rapporteront à la maison.

Ce projet baptisé Découvre le chef en toi amène les jeunes dans sept cuisines du secteur. L’expérience proposée par Marie-Pier Deboisbriand-Pépin en est à sa deuxième année et fait suite aux ateliers des petits cuistots avec les jeunes de la maternelle et de la première année.

Ces fameux mercredis pm du service de garde servent à développer d’autres compétences chez les élèves. Ça n’a pas l’air de la salle de classe, mais il y a toute une pédagogie derrière l’activité, dans un cadre plus amusant. Il faut savoir écouter les consignes, continuer d’apprendre à apprendre, développer la motricité fine, travailler en équipe, comprendre la complexité de préparer des recettes. Mais au bout du processus, il faut avoir du plaisir.

«C’est instructif et on ne sait jamais si cela ne réveillera pas une passion chez l’un ou l’autre des élèves», explique Mme Deboisbriand-Pépin, qui se souvient d’avoir eu cette idée en regardant l’émission Les Chefs! à la télé.

Les ateliers durent deux heures. Et aucun des élèves rencontrés ne laisserait tomber l’activité. La cuisine, c’est rassembleur, un bon lieu d’échanges et d’expérimentations. «C’est un endroit de plaisir», lance Mme Cyr, qui adore être entourée de cette petite marmaille pour un après-midi.

Les chefs que les élèves rencontrent parlent de leur métier, de leur passion, de leur cheminement. Outre Mireille Cyr, on trouve parmi les chefs collaborateurs Frédéric Cyr du Château Frontenac, Philippe-Emmanuel Favron, chez OS Rôtisserie de Quartier, Jean-Pierre Cloutier du Centre des congrès, David Forbes du Ciel! au Concorde, Sébastien Laframboise du District, et Alex Bertrand et David Amyot du restaurant Deux22.