Dans la classe de Valérie Beaudouin et Marie-Ève Lizotte, il n’y a pas de pupitres traditionnels, mais des tables. Et il y a un château pour alimenter l’imaginaire.

École Saint-Fidèle: chevalier un jour, chevalier toujours!

Il y a de ces classes du primaire où l’on peut sentir la différence entre la discipline et le respect. Pas de compte à rebours à tout bout de champ pour avoir le silence. Les enfants sont attentifs, ils savent ce qu’ils doivent faire dans un univers ludique où l’apprentissage passe bien.

Tout à coup, on entend la cloche, un message d’intérêt public. Une fillette explique au journaliste que tout le monde doit se taire. Il faut regarder et écouter attentivement l’élève qui parle. Il donne un truc que tout le monde doit savoir. Ça fait partie du mode de vie de cette classe vraiment pas comme les autres.

L'observation des vers de farine.

Dans la classe de Valérie Beaudouin et Marie-Ève Lizotte, il y a un protocole bien différent : le code des chevaliers. Cette classe de l’école Saint-Fidèle compte 39 élèves de première et deuxième année. Elle fait la moitié d’un gymnase. On y trouve des tables, pas de pupitres traditionnels.

Mais il y a un château. Tout un château pour alimenter l’imaginaire, qui se transforme en coin de lecture. Les enfants vont et viennent, dans l’ordre et surtout dans le respect les uns des autres. Il y a même un crapaud dans son vivarium. Et une petite Flavie tout sourire qui explique au journaliste ce qu’il faut faire et ne pas faire avec Roger, car c’est elle qui se charge de le nourrir.

Et si jamais l’on voit Charlotte, Rémy, Aliah, Yaël, Léila, ou Jayden se fermer les yeux et mettre la main sur leur cœur, c’est que l’élève vient de faire un bon coup, une bonne action, une réussite qui le rend fier. L’élève se félicite lui-même !

On prend des notes  à la suite des observations.

Et il y a un code pour les chevaliers et les princesses de la classe : force, courage, respect, silence et rapidité. Tous pour un et un pour tous. Chevalier un jour, chevalier toujours.

Et des salutations bien particulières. Et les étoiles de compliments juste à côté du grand tableau interactif. Et des récompenses quand chaque tablée identifiée par une couleur applique les consignes. Une fois l’objectif atteint sur leur échelle, les jeunes pourront se rendre dans une salle «royale» juste à côté de la classe où ils pourront continuer leur apprentissage en petit groupe.

Et il y a même le dîner royal en petit groupe bientôt sur la terrasse «royale de Mme Marie-Ève qui ne vit pas tellement loin de l’école de Limoilou. Il faut savoir que les deux enseignantes sont les reines des preux chevaliers et des princesses hautes comme trois pommes.

Les moments de lecture sont appréciés.

Au moment de la visite du Soleil, deux stagiaires en enseignement vivaient une immersion dans le monde fantastique de cette classe. Anne-Laurie et Frédérique naviguaient dans cet univers ludique, en même temps que l’éducatrice spécialisée avec son élève. Et l’orthopédagogue qui venait prendre la parole juste après la récréation du matin.

multi niveau
L’univers de cette classe a beau être plus ludique que les rangées de pupitres, moins austère que le remplissage de données, l’apprentissage s’y fait sans accros.

«Ça fait partie de mes valeurs, apprendre le respect, aider les jeunes à aimer apprendre et faire d’eux de jeunes citoyens responsables», raconte Marie-Ève Lizotte qui mène l’histoire du château depuis 15 ans, mais pour la première fois dans le mode multi niveau.

Qu'est-ce que je vois là?

Ça fonctionne tellement bien que des jeunes du secondaire viennent faire un tour de temps à autre l’école pour replonger dans le monde des chevaliers. Chevalier un jour, chevalier toujours, comme le disent les enfants aujourd’hui, ça reste dans la mémoire longtemps.

Et Valérie Beaudoin ajoute : «Il fallait une bonne complicité entre nous deux. Et partager les mêmes valeurs. Même si nous avons chacun notre groupe, les enfants viennent voir l’une ou l’autre. C’est comme une grande famille.»

Et les enfants, lorsque l’on pose la question, frétillent tous d’impatience pour répondre au plus vite et dire qu’ils adorent leur classe. Ceux qui étaient dans une autre classe en première année ne reviendraient pas en arrière. Et ceux qui sont là depuis deux ans, on jurerait qu’ils ne veulent pas partir !