Le projet SAVOIR passe par différentes activités comme la robotique, l’improvisation et la littérature jeunesse.

École Notre-Dame de Lévis: apprendre à vivre ensemble

S’il est une notion difficile à intégrer, à l’âge adulte comme à l’âge scolaire, c’est bien celle du vivre ensemble. Adultes et enfants voient souvent le défaut chez l’autre avant ses qualités.

Sachant cela, l’équipe d’enseignant de l’école Notre-Dame de Lévis a choisi une manière bien originale d’inclure ceux et celles qui pourraient facilement être exclus à cause de leur retard dans certains apprentissages.

Dans la classe de Claudia Breton, les robots sont programmés sur une application du iPad.

Depuis deux ans, le projet SAVOIR (socialisation, adaptation, valorisation, organisation, inclusion et réussite) fait en sorte d’inclure les élèves en difficulté d’apprentissage avec les élèves des classes régulières.

Les périodes d’activité du projet SAVOIR sont organisées pour constituer de petits groupes d’une dizaine d’élèves provenant des différentes classes de cinquième et sixième année à raison de deux activités par semaine en moyenne.

«Nous faisons en sorte d’avoir des élèves de chaque classe dans chacun des groupes. On brisera volontairement les petits cercles d’amis pour que les jeunes socialisent avec les élèves d’autres groupes», explique l’enseignante Sophie Gagnon.

Avec l’enseignante Bianka Morin, les jeunes utilisent le logiciel Caneva sur un iPad.

Souvent, chez les jeunes du primaire, changer de groupe peut causer une certaine inquiétude, une petite déstabilisation. En travaillant en équipe sur des projets pendant une période précise, cela permet aux enfants d’être dans un environnement favorable aux échanges, à la collaboration et, par le fait même, l’inclusion de tous. Il n’y a plus de distinction entre élèves en difficulté et élèves des classes ordinaires, il n’y a que des jeunes provenant des quatre classes du 3e cycle, illustre Mme Gagnon.

D’ailleurs, lors de la visite de quelques groupes, ni le photographe ni le journaliste ne pouvaient dire qui provenait de quel groupe pendant la série d’activités SAVOIR axée sur la collaboration.

Dans la classe de Claudia Breton, le groupe Han Solo travaillait avec des robots qui devaient être programmés afin de compléter un parcours. Les jeunes étaient concentrés, un œil rivé sur le iPad et l’autre sur le robot pour évaluer si le robot exécutait bien la commande. Le robot ne comprend pas ou bien la commande n’est pas bonne? Un virage à gauche, mais le bidule va à droite. «Ça ne marche pas,» dit une jeune fille. «Essaie telle chose», lance une voisine.

La distance à parcourir, ça va. La puissance du moteur, trop fort ou pas assez. Bon. Ça y est, il ne reste que trois minutes avant la compétition pour savoir qui posera le robot le plus proche du marqueur, un gros X sur le plancher... «Moi, je n’ai jamais fait fonctionner un robot avant», explique Gaël, mais il semble y prendre un malin plaisir. De son côté, Naomie vit elle aussi sa première expérience en robotique : «Ce n’est pas si compliqué que ça la programmation!» ose-t-elle.

Dans un groupe, les R2D2 avec l’enseignante Bianka Morin, les jeunes utilisent le logiciel Caneva sur un iPad. Comme les classes iront bientôt au Salon du livre, ils doivent fabrique un signet, un marque-page à leur image qu’ils feront imprimer bientôt.

Laurent, William et Mathieu trouvent que c’est simple comme logiciel. Laura aime ça. Elle prépare son signet en se concentrant sur ce qu’elle veut faire.

Dans la classe de Sophie Gagnon, il faut travailler en équipe pour percer le mystère des cadenas.

Trois autres élèves placotent tout en manipulant les éléments pour créer leur signet. «C’est le fun les activités», exprime Sophie. «Ça change de l’ordinaire» (des classes ordinaires), ose Roxanne. «Moi, les ateliers de science, ça ressemble trop à un cours», continue Marek qui avoue aimer les activités malgré tout.

Le groupe C3PO, dans la classe de Sophie Gagnon, n’a pas le choix de travailler en groupe pour percer le mystère des cadenas. Il y a des énigmes à percer afin de trouver le bon code numérique, les bonnes lettres ou la bonne séquence de code s’ils veulent ouvrir la mallette secrète. «C’est dur, mais ça va», lance une jeune fille qui retourne vivement dans sa bulle de concentration. Elle veut réussir. Chacun analyse le code des énigmes, donne son opinion, ose une solution. Ils comprennent finalement qu’en groupe ils pourront réussir en mettant à profit les capacités des uns et la vivacité d’esprit des autres.