Les élèves de 4e année de l’école Les Sources se mobilisent pour sauver les ours polaires.

École Les Sources, Sainte-Foy: sauvons les ours polaires

Organiser une journée sans déchets, mais faire en sorte que ce soit une bonne habitude. Manifester dans les rues autour de l’école pour sensibiliser le voisinage aux impacts environnementaux, visiter toute les classes pour les sensibiliser à la détresse des ours polaires. Voilà ce que 23 élèves de la classe de 4e année de Justine Dion-Routhier ont fait au début du mois.

Mais avant, ils se sont intéressés à un ours polaire en particulier. Un ours maigrichon qui grignotait un siège d’auto dans le Grand Nord tellement il avait faim. La vidéo du photographe Paul Nicklen a fait le tour du monde sur les réseaux sociaux avant les fêtes.

Des causes
Que pourrait-on faire pour sauver les ours polaires? Une grande question que toute la classe a abordée avec sérieux par des recherches, des réflexions et même la consultation d’experts. «Si on ne fait rien, dans 100 ans, il n’y aura plus d’ours polaires», lance Nathan.

À la première question, deux douzaines de mains se sont levées en même temps. Chacun et chacune avaient un bout d’histoire à raconter. Au tableau, un grand schéma décrit les causes : la pollution, les trous dans la couche d’ozone, le réchauffement climatique et la fonte des glaces. Parce que leur habitat naturel qu’est la banquise rapetisse, les ours descendent plus au sud, ils ne trouvent plus de nourriture.

C’est grave
Si les ours disparaissent, est-ce que ce sera grave? La valse des réponses reprend de plus belle. «Ce sera un cycle infernal, lance une jeune fille. La chaîne alimentaire sera complètement bouleversée.» «On manquera de poissons parce qu’il y aura trop de phoques», répond un autre élève.

Ils ont eu des idées. D’abord le clonage pour avoir plus d’ours, raconte Anthony, donc plus de prédateurs pour manger des phoques. Le croisement avec d’autres ours pourrait être envisagé. Ça se fait dans la nature avec les grizzly, ce qui donne déjà des hybrides nommés grola ou pizzly, explique Maria Victoria.

Le clonage
Sauf que ce n’est pas très efficace. La biologiste Laurie Derguy est passée dans la classe pour leur donner quelques détails. On ne peut pas croiser tous les animaux. Il y a l’âne et le cheval qui donne un mulet, mais c’est une progéniture stérile. Ça serait la même chose pour deux types d’ours différents, la lignée s’arrêterait à une génération.

Pourquoi ne pas croiser un ours avec une tortue? Un mélange de l’ADN. Les nouveaux ours vivraient plus vieux, pense Louis Alexis. Ou avec un requin, car les ours nageraient mieux, lance Jayden. Mais ça non plus ne fonctionne pas. «On ne peut pas mélanger l’ADN d’un mammifère avec un animal marin», réplique Adèle.

On pourrait peut-être les déménager en Antarctique où les changements climatiques sont plus lents. Mais ça ne règlerait pas la surpopulation de phoques. Il faudrait un nouveau prédateur.

Pas simple comme problème. Mais les jeunes de la 4e année ont attaqué la situation de front, sous tous les angles possibles et imaginables.

Zéro déchet
Toutes les réflexions, toutes les analyses, toutes les recherches de solutions ramènent à l’intervention des humains. Ce sont eux qui ont causé la pollution, le réchauffement du climat. Sauver les ours polaires pourrait donc se faire ailleurs que dans le Grand nord par une série de petits gestes quotidiens.

C’est alors qu’est apparu la journée zéro déchet. «Ça veut dire pas de Ficello ou de sac Ziplock pour les collations et les repas du midi», lance une élève. C’est plus simple de couper des morceaux de fromage à apporter dans un contenant réutilisable. Ça ne fait pas de pellicule de plastique aux vidanges, expliquent les autres.

Les élèves veulent en faire plus pour l’environnement, quitte à forcer la main aux parents. Plusieurs ont déjà ajouté de nouvelles habitudes à leur routine. Personne ne veut la disparition des ours polaires ni d’autres espèces.