Des vignes résistantes au changement climatique ?

Depuis 2000, la France enregistre un cycle d’évolution très net vers un climat plus chaud et plus sec. Ce changement climatique doublé de l’impératif de diminuer l’emploi de pesticides remet en question la légitimité des cépages actuels et ouvre la voie à une toute nouvelle génération de vignes naturellement résistantes.

Sans vouloir renchérir sur le changement climatique — souhaitable pour les uns, nettement moins drôle pour les autres, selon d’où on use du sécateur —, force est de constater que les stades de développement de la vigne s’enchaînent à un rythme accéléré (développement des feuilles, floraison, maturation des baies, etc.). Un des changements les plus flagrants concerne la date des vendanges qui bat des records de précocité. Ceci impactant cela, on constate chez les vins une hausse de la teneur en alcool et une diminution de l’acidité. Dans le Languedoc-Roussillon seulement, le taux d’alcool moyen a augmenté de 3 % depuis 1984. Une hausse qui s’explique en partie par un perfectionnement des pratiques culturales et de l’encépagement, mais pas que...

Second pépin dans l’engrenage : la grande sensibilité des vitis vinifera (chardonnay, pinot noir, cabernet sauvignon, etc.) aux maladies et aux champignons de la vigne (oïdium, mildiou). Autour de 20 % des pesticides appliqués en France sert l’industrie viticole (avec seulement 3 % de la surface agricole utilisée!)
Face à ces deux enjeux majeurs, il apparaît indispensable de penser à un plan B. Des chercheurs de l’INRA de Pech Rouge (Institut national de la recherche agronomique dans le Languedoc) et le CIVL (Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc) se sont engagés dans une démarche vitidurable visant à produire des vins exempts de produits sanitaires, moins alcoolisés et répondant aux goûts des consommateurs.

Il ne s’agit pas de créer des clones ou des OGM, mais plutôt de produire de tous nouveaux cépages par hybridation et « rétrocroisements » (croisements d’un hybride avec l’un de ses parents ou d’un proche parent afin de favoriser les caractéristiques d’une des variétés) avec à la base la muscadinia rotundifolia, une espèce américaine très résistante au mildiou et complètement béton face à l’oïdium.

À ce jour, une vingtaine de cépages ont été mis au banc d’essai. Les résultats sont prometteurs. Les sujets présentent une composition génétique voisine du vitis vinifera variant entre 95 et 99,7 %, en plus d’être naturellement résistants à l’oïdium et au mildiou, responsables de 80 % de l’emploi de pesticides. Les cépages en cours de développement sont aussi naturellement antioxydants. Comme le jus ne brunit peu ou pas, très peu de sulfites, voire aucuns, sont nécessaires pendant la vinification.

Les variétés les plus concluantes sont présentement mises à l’essai à grande échelle. Si les résultats s’avèrent concluants, les candidats retenus pourraient être subséquemment ajoutés au catalogue viticole. Une rencontre est aussi prévue (si ce n’est pas déjà fait) avec les élus et le gouvernement pour faire évoluer la législation en réponse au changement climatique.

Merci à Herman Odeja et Jean-Louis Esculier, respectivement directeur et ingénieur de recherche au site INRA de Pech Rouge ainsi qu’à Bernard Auger, délégué général du CIVL pour leurs explications.

Source : Escudier, Bigard, Ojeda, Samson, Caillé, Romieu, Torregrosa, De la vigne au vin : des créations variétales adaptées au changement climatique et résistantes aux maladies cryptogamiques, 2017.

Minervois 2014, Granaxa, Château Coupe Roses (SAQ : 862 326 — 25,35 $)

Minervois 2014, Granaxa, Château Coupe Roses (SAQ : 862 326 — 25,35 $)

Le Château Coupe Roses cultive ses vignes de grenache et de syrah en bio, en plus d’appliquer des pratiques de viticulture durable que sont la dynamisation du sol et l’enherbement. Ce rouge au charnu certain s’élance sur de riches arômes de sous-bois et de champignons laissant notre imagination vaquer à un risotto aux champignons.

Languedoc 2016, Belluguette, Paul Mas (SAQ : 13 233 743 — 19,95 $)

Languedoc 2016, Belluguette, Paul Mas (SAQ : 13 233 743 — 19,95 $)

Est-ce qu’un verre de vin compte pour une portion de fruit? C’est la question qui m’est venue aux lèvres après avoir dégusté cet excellent assemblage de grenache blanc, vermentino, roussanne, marsanne et viognier au fruité opulent où le litchi domine. La bouche ne manque pas de punch non plus avec cette rondeur qui laisse une impression suave sur les papilles. Coup de cœur!

Péloponnèse 2017, Oreinos Helios, Semeli (SAQ : 13 571 646 — 17 $)

Péloponnèse 2017, Oreinos Helios, Semeli (SAQ : 13 571 646 — 17 $)

Si vous vous intéressez au vin grec (et si ce n’est pas le cas, je vous conseille fortement de vous y mettre!), sautez sur ce vin. Ce blanc est une heureuse occasion de faire plus ample connaissance avec le séduisant moschofilero, ici complété par 20 % de sauvignon blanc. Le bonheur pur se trouve juste là, dans le verre. Il est à la fois apaisant et festif, assorti de parfums de rose, de poire pochée et d’une délicate pointe muscatée. Vif, sec et désaltérant à souhait, il se suffit à lui-même à l’apéro ou fera la part belle à une salade verte aux edamames. On ne le criera pas sur les toits, mais à ce prix-là, l’affaire est belle.