«De l’eau du fleuve dans notre ADN»

Pierre Lahoud n’a peut-être pas mis les pieds partout au Québec, mais il y a certainement posé les yeux… et son objectif. En quatre décennies, cet historien «volant» a photographié chaque recoin de la Belle Province du haut des airs. Une récolte de 500 000 images en 5000 heures de vol. Question d’adoucir l’hiver, Le Soleil publie un de ses clichés aériens de saison chaque samedi jusqu’au 14 mars. Aujourd’hui, le fleuve Saint-Laurent, entre Québec et Lévis, à la hauteur du Château Frontenac.

«À travers cette photo, on comprend l’importance que Champlain a trouvée dans la ville de Québec. Quand il est arrivé, il a tout de suite vu ce rétrécissement du fleuve entre les rives sud et nord. Champlain était un géographe : il voyait comment à quel point le site de Québec se prêtait à la défense, avec son Cap Diamant qui ressemble à un Gibraltar de loin. Cette perspective montre que Québec est au centre de trois grandes régions géographiques : la plaine du Saint-Laurent, les Appalaches puis les Laurentides et le Bouclier canadien. Cette photo exprime aussi cet hiver toujours très présent avec ses glaces. Le fleuve est partie prenante de tous les Québécois. Il est toujours là. Partout où on va, il est toujours présent. Il fait partie de notre ADN. On y est tous attachés comme Québécois. On n’y prête pas toujours attention, mais quand on s’en éloigne, on comprend qu’il y a de l’eau du fleuve qui coule dans notre ADN.»

Propos recueillis par Francis Higgins

Info : pierrelahoud.com

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