Janick Lemieux sous la neige avec ses compagnes d’aventure hawaïennes, Joanna et Alana, sur le volcan Mauna Loa.

Cinq Noël d'aventure

Noël avec les siens à la maison? Pas pour tout le monde. Quand l’aventure appelle, certains se retrouvent bien loin du sapin et des tourtières. En cette période des Fêtes, cinq aventuriers québécois vous racontent un 25 décembre marquant loin de chez eux.

UNE LEÇON EN CADEAU

Lydiane St-Onge: globe-trotteuse et animatrice de Lydiane autour du monde à Évasion

Lydiane St-Onge l’avoue d’emblée: son Noël de l’an passé est marquant, mais pour les mauvaises raisons. «Ce n’était pas glorieux… un gros fail», ricane la pétillante animatrice. Personnalité bien connue de l’univers du voyage au Québec et fort suivie sur les médias sociaux, Lydiane croyait que tout était sous contrôle quand elle a eu l’idée de surprendre son chum. «Je lui ai dit : “Arrive pas trop tard, on s’en va à l’aéroport!”» Tanné de l’hiver qui n’arrivait pas et à l’idée des soupers de Noël en série qui s’annonçaient, le couple a choisi de fuir Montréal, sans destination précise. Le plan était simple: trouver une aubaine à l’aéroport et s’arranger une fois sur place. «On voulait payer notre billet moins de 600 $, peu importe où ça nous amène.» 

Après une tournée des comptoirs des compagnies aériennes, la tâche s’annonce plus ardue que prévu. «Ce n’est pas vrai qu’on peut trouver des deals, comme ça, à l’aéroport…» Finalement, un vol qui convient est acheté pour le lendemain. Au programme, notamment surf et surf à pagaie à Puerto Vallarta, au Mexique. 

Partis sans aucun plan ni réservation à Noël l’an dernier, Lydiane St-Onge et son copain ont abouti à la mer, au Mexique.

«Une fois sur place, on ne trouvait rien pour l’hébergement. On s’est retrouvé dans un endroit miteux à coucher par terre sur du béton. En fait, notre semaine de vacances s’est résumée à chercher une place où coucher…» Malgré tout, le couple a profité du moment pour s’amuser sous le soleil et en a surtout tiré une leçon. «Comme quoi, même comme voyageuse experte, on peut se tromper!» résume en riant Lydiane.

Sur le Web: lydianeautourdumonde.com

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TEMPÊTE DE NEIGE À HAWAII

Janick Lemieux et Pierre Bouchard: cyclo-nomades, globe-trotteurs et conférenciers

Au bout du fil, Pierre Bouchard a de la difficulté à choisir. C’est que des Noël sur la route, le cyclo-nomade et globe-trotteur en a vécus un paquet avec sa femme Janick. Comme cette fois au Mexique, en 1999, où ils avaient été «embarrés» dans leur hôtel, le temps que les employés aillent célébrer avec leurs proches. Ou encore cette nuit folle à jouer aux dards et à boire de la bière avec des Papous, en 2003. Mais du lot, la nuit de Noël la plus mémorable est celle de 2008, passée dans un refuge au sommet du Mauna Loa, un volcan de 4169 m à Hawaii. «Un trek hallucinant!» assure Pierre (voir photo principale). 

Après deux jours de marche, le couple est rejoint par une mère et sa fille, des locaux en pèlerinage spirituel au sommet. Quand une surprenante tempête de neige éclate durant la nuit, Joanna et Alana sont sûres d’y passer. «Elles pensaient qu’elles allaient mourir», raconte en rigolant Pierre. Mais quand les femmes comprennent que les deux randonneurs venus du froid ne vont pas les abandonner à leur sort, elles y voient un miracle.

Pendant que la neige s’abat sur le toit de tôle de l’abri, le quatuor tente de trouver le sommeil. Puis, la jeune Alana perce le silence avec une demande: «Ça vous dérangerait si je chante?» Pierre avait déjà en tête des concerts nocturnes improvisés vécus ailleurs en voyage et s’attendait au pire… Janick et Pierre ont encore des frissons à repenser à l’interprétation livrée cette nuit-là par Alana. «Elle a fait Amazing Grace. On aurait dit un ange qui chantait…» raconte Pierre, encore touché par la magie du moment.

Sur le Web: nomadesxnomades.com


Joanna et Alana posent en compagnie de Janick Lemieux, au refuge sur le sommet du volcan Mauna Loa.

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HAUTE GASTRONOMIE SUR LA BANQUISE

Sébastien Lapierre: aventurier polaire, explorateur et conférencier

«J’avais invité plein de monde… mais personne n’est venu. Je ne l’ai pas pris personnel, mais pas loin!» L’explorateur polaire Sébastien Lapierre rit bien, mais il aurait eu une sacré surprise s’il avait fallu qu’un invité s’amène finalement à sa tente la veille de Noël l’an passé. Campé sur la glace de l’Antarctique pour une 27e nuit en route vers le pôle Sud, il est seul au monde. Au menu, «un émincé de pommes de terre au cheddar». Dans l’assiette, «des chips Pringles avec des morceaux de fromage dessus»… Petite gâterie précieusement transportée, un flasque rempli de whisky à l’érable.

Fin du jour 27 en Antarctique et veille de Noël en solo pour Sébastien Lapierre

À l’autre bout de la planète, mais au bout du fil, sa blonde Tania et les enfants, Édouard et Marie-Soleil. Dans ses affaires, Sébastien sort la petite boîte emballée par sa douce pour l’échange de cadeaux. Un présent qui ne pourrait être plus significatif, alors que Sébastien découvre un pendentif sur lequel est inscrit le nom des siens et les coordonnées géographiques de la maison. Premier Canadien à rejoindre le pôle Sud à ski, par sa seule force, en solitaire et en autonomie, Sébastien poursuivra ensuite pendant plus de deux semaines son voyage jusqu’à l’ultime sud. Quand il repense à ce Noël 2016, l’aventurier se remémore «un beau moment». «Mais c’est le lendemain que ça été rough. J’avais été seul à Noël… et là, à skier, j’étais encore tout seul!» Heureusement pour lui, ce «blues» a été de courte durée et l’un des rares durant l’expédition de près de 1200 km, bouclée en 42 jours et des poussières.

Sur le Web: polesud2016.com

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RETROUVAILLES... À L'HÔPITAL

Marilyne Marchand: aventurière, conférencière et récipiendaire de la bourse Osez l’aventure 2017

Partie pour un long trek de 3000 km — et plusieurs mois — en Nouvelle-Zélande, Marilyne Marchand était bien heureuse de savoir que son conjoint allait venir la rejoindre pour les Fêtes. Le 24 décembre 2014, au lendemain de l’arrivée de l’amoureux de Marilyne, le couple s’élance sans attendre pour quelques jours de rando. La jeune femme se questionne à savoir comment va se passer le tout, alors que son «chum» n’est pas un grand adepte de longue randonnée. La réponse ne se fait pas attendre… Après moins d’un kilomètre de complété à la journée, une chute dans une descente bouscule les plans. D’abord amusée par la situation, Marilyne constate vite le sérieux de l’affaire. «Un caillou pointu s’était profondément enfoncé dans son genou.» Après examen des dommages et devant les risques d’infection, le couple choisit d’aller à l’hôpital. «Nous nous sommes donc retrouvés un 24 décembre en Nouvelle-Zélande à l’hôpital plutôt que sur les sentiers», raconte l’aventurière, qui a réalisé cet été l’ambitieuse traversée en solitaire entre Umiujaq et Tasiujaq, de la baie d’Hudson à la baie d’Ungava, à pied et en PackRaft. 

Au lieu d’explorer en rando la Nouvelle-Zélande à Noël, c’est plutôt à l’hôpital que s’est retrouvée Marilyne Marchand après une mauvaise chute de son amoureux.

Une mésaventure qui a donné un tout autre ton aux vacances du couple, qui a cependant pris le tout avec philosophie et humour. «Je pense parfois que mon conjoint avait planifié le tout afin de ne pas avoir à marcher des dizaines de kilomètres pendant les Fêtes!» suppose à la blague l’aventurière.

Sur le Web: marilynemarchand.com

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«HALLOWEEN» AU PÔLE SUD

Frédéric Dion: aventurier, conférencier et coach de survie à l’émission Expédition extrême II à Z

Est-ce une tradition de Noël là-bas? Frédéric Dion n’en est pas sûr. Toujours est-il qu’en 2014, alors qu’il était en expédition en ski cerf-volant à travers l’Antarctique, il s’est retrouvé à fêter Noël au pôle Sud. Comme l’aventurier fonctionnait avec l’heure de la base américaine, il y était sur le coup de minuit. Et que fait-on au pôle Sud à Noël? «Ils se déguisent!» décrit Frédéric au sujet du comité d’accueil qui était sur place à son arrivée après 46 jours à ski sur le continent blanc. 

L’art de s’amuser au pôle Sud à Noël : on se déguise!

Un pompier, un prisonnier, ce qui ressemble à une vache… «Il s’est bu de l’alcool là!» lance en riant l’explorateur en parlant des travailleurs du «village» le plus au sud de la Terre. Alors qu’il lui restait encore plus de 1100 km avant de mettre fin à son périple sur la côte, le Trifluvien a résisté aux déguisements et aux abus. «Mais on a fêté nous autres aussi!» résume celui qui vient de sortir son plus récent bouquin, SURvivre avec l’Antidoute, juste à temps pour le mettre sous le sapin.

Sur le Web: fredericdion.com