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Même si pour plusieurs, certaines motivations pour courir sont la santé, le dépassement, la liberté ou le besoin de bouger, celle de l’influence en est l’un des joueurs clés.
Même si pour plusieurs, certaines motivations pour courir sont la santé, le dépassement, la liberté ou le besoin de bouger, celle de l’influence en est l’un des joueurs clés.

Pourquoi je cours?

François-Olivier Roberge
François-Olivier Roberge
Collaboration spéciale
Article réservé aux abonnés
CADENCE / Je n'aimais pas courir. Je préférais enfourcher mon vélo, avaler les kilomètres dès l’arrivée du printemps. Visiter de nouveaux lieux, s’y arrêter le temps d’un café ou d’un Perrier. Je préférais enfiler mes patins à roues alignées, pour des déplacements en vitesse, avec fluidité. Pourquoi marcher lorsque l’on peut rouler? Je préférais.

Les enfants

Puis, janvier 2016. Nous devenons d’heureux parents. Avant même d’être père, mes visions de vie paternelle rimaient avec balade en poussette. Ma Bugaboo runner serait ma Ferrari dotée d’un moteur pas-à-pas et d’un siège de luxe pour bébé.

Le printemps est arrivé avec le chapitre «papa seul à la maison» du congé parental. Des mois remplis d’heures en solo avec petit. Lui, notre poussette de jogging et moi, à nous promener de sieste en sieste. La course s’est imposée d’elle-même. La routine s’est installée, et s’est poursuivie même après le retour au boulot. J’étais devenu accro à ces randonnées sous le regard de fiston.

Le suivi GPS

Durant trois ans, la majorité des sorties se faisaient donc avec bébé 1, puis bébé 2, puis bébé 1 et 2 ensembles. Le cellulaire et son GPS étaient toujours dans la poussette pour suivre nos traces.

Je me suis tranquillement pris au jeu des statistiques et de la progression. La montre d’entraînement a remplacé le cellulaire et est devenue une dépendance. Allô Strava!

L’épiphanie

Alors que la course s’inscrivait de plus en plus dans ma vie, j’ai augmenté mon volume d’entraînement grâce au retour du travail à la course une ou deux fois semaine. Coureur navetteur.

Par un après-midi de printemps radieux, à mi-parcours, j’ai une eu révélation. Je courais, sans aucune douleur. Aucune tension dans les genoux, les chevilles, le bas du dos. Rien qui ne cloche. Rien. Une vivifiante légèreté. L’esprit alerte entre le bureau, la famille et les projets.

À ce moment, à ce moment bien précis sur le chemin du Sault à Saint-Romuald, j’étais devenu un coureur.

Le coin du psy

Une chronique sur la motivation est le prétexte parfait pour renouer avec celui qui a été mon psychologue sportif dans ma vie de patineur de vitesse. Bruno Ouellette fait de la motivation et de la performance son gagne-pain, sa passion et sa spécialité.

Je viens de décrire les raisons bien personnelles m’ayant mené à la course, mes éléments déclencheurs, mais les grandes motivations pour continuer à cumuler les heures me sont vagues, plus floues : la santé, le dépassement, la liberté, le besoin de bouger…

Même si pour plusieurs, certaines motivations pour courir sont la santé, le dépassement, la liberté ou le besoin de bouger, celle de l’influence en est l’un des joueurs clés.

«Il y a deux grandes catégories de motivations, les autonomes et les contrôlées», a commencé le psychologue.

S’entraîner pour l’amour de l’activité. Le bonheur à l’état pur. Parce que l’on adore courir. Garder la forme parce que l’activité physique fait partie de ses valeurs, de qui l’on est. Ce sont des exemples de motivations autonomes. Notre courrier des lecteurs en est bien rempli.

Courir pour une reconnaissance. Pour se trouver bon, beau, parce que l’on aime ce que l’on dégage : une personne athlétique! Pour le regard de l’autre. C’est la motivation contrôlée. À l’extrême, elle passe par la gloire, les médailles et le succès!

Le psychologue précise que la motivation n’est pas blanche ou noire. On peut, par exemple, s’entraîner pour le plaisir d’être dehors, bouger, dépenser de l’énergie, et être également motivé par l’allure que l’on projette ou par un pouce en l’air sur une application de partage de données d’entraînement. Je salue ici mes quelques fidèles sur Strava! Frank, Math, David, Douce, Vince, Olivier, Emmanuelle, Félix, Simon et les nouveaux! Kudos à vous!

Bruno Ouellette souligne également à grand trait l’importance de la progression comme facteur de motivation. «Sentir que l’on s’améliore par rapport à soi, insiste-t-il, c’est déterminant!»

Enfin, si le thème de la motivation est un vaste terrain de jeu, l’influence en est l’un des joueurs clés. L’influence parentale, l’influence des amis, l’influence d’une communauté. L’influence des touchants textes reçus et publiés dans ces pages et sur le Web. Votre influence. Notre influence pour une communauté active. Une communauté active et belle, quoi.

Allez, on se croise dehors.

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À lire
Bruno Ouellette suggère deux livres «pertinents» pour les lectrices et les lecteurs de cette chronique : Running Flow et Le Pouvoir des habitudes : changer un rien pour tout changer.

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Pourquoi Je Cours Qc?
L’équipe de Je cours Qc, organisatrice de plusieurs grands rendez-vous de course à pied de la région de Québec, a également posé la question «Pourquoi je cours?» et en a fait de courtes capsules vidéos inspirantes diffusées sur ses différentes plateformes Web. À voir ici!

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COURRIER DES LECTEURS

Chers lectrices et chers lecteurs, vous êtes inspirants! «Pourquoi je cours?» La question est simple et complexe à la fois et vous êtes touchants.

• Suspendre le temps, loin des courriels
«Je cours parce que je n’ai pas le temps. Pas le temps de manger, ou juste un peu. 1000 courriels. 5 appels Teams, 10-12 messages textes, 2 appels. 1 aller-retour à la garderie, vite vite, faut faire le souper. Puis... 2 chaussures de course, 1 montre. 5 km pendant lesquels il n’y a pas vraiment de chiffres, juste des oiseaux et de l’asphalte. Je cours pour suspendre le temps, finalement, entre la course quotidienne qu’est la vie, il y a la course à pied pour calmer mon esprit surchauffé.»
Laurie Couture
Saint-Nicolas

 Let’s go! On s’inscrit
«Le tout commence avec une phrase de ma blonde du genre «let’s go! On s’inscrit! Ma mère le fait!» «Ouin… Pas le choix ! C’est quoi son “pace”, à ta mère?» Donc là, obligatoirement je dois user mes nouveaux souliers vieux de cinq ans, parce que ce n’est pas vrai que la madame va manger son yogourt gratis avant moi. Une fois accomplie, je réalise que tout le processus m’a rendu plus heureux que de passer des heures devant mon iPhone qui perd sa charge plus vite que mon pace. Le lendemain, je pense aux efforts fournis, les sourires récurrents, la fierté générée et je comprends une chose : non, je ne reviendrai pas derrière! Je veux aller plus loin, plus vite. En fait, plus vite que la décharge de mon cellulaire.»
David
Sainte-Catherine-de-la-Jaques-Cartier

• La plus belle forme de méditation
«Enfiler mes espadrilles et enchaîner les foulées est sans contredit synonyme de la plus belle forme de méditation pour moi! C’est ma façon de conserver mon équilibre mental : un moment où le temps s’arrête, où je peux connecter avec moi-même et m’évader du quotidien. Sentir le vent sur mon visage, admirer le lever du soleil, écouter le gazouillement des oiseaux, sentir l’odeur du gazon encore imbibé de la rosée du matin : c’est remercier la vie pour ce qu’elle a de plus beau à m’offrir, à nous offrir. Je cours aussi pour repousser mes limites et sortir de ma zone de confort : une compétition avec moi-même, contre moi-même. C’est le plus beau sentiment d’accomplissement! Et que dire de la sensation de bien-être d’après-course : c’est magique!»
Gabrielle Juneau
Québec

• Merci papa
«J’ai toujours vu mon père courir, dans les années 70, 80, 90, 2000. Quand c’était pas la mode pis quand ça l’était. Je le suivais en vélo quand j’étais petite, puis adolescente ça ne m’intéressait plus. À 21 ans, je suis devenue une maman monoparentale avec un bébé d’un an. J’ai recommencé à suivre mon père à la course, cette fois-ci avec mes espadrilles. Je n’ai jamais cessé depuis, j’ai 42 ans. Depuis tout ce temps, je cours pour calmer mes états d’âme, pour évacuer le stress de la journée, pour m’aider à passer à travers certaines journées difficiles, pour rire avec mes amies, pour relever des défis auxquels je n’aurais jamais imaginé que j’étais capable de faire, comme deux demi-marathons. Merci papa d’avoir inscrit cette discipline de vie dans mon ADN.»
Dominique Landry
Sainte-Marie

• Une thérapie gratuite
«Si je cours depuis 26 ans, c’est tout simplement parce que ça me fait du bien! Lorsque mon «petit hamster» se met à tourner trop vite à mon goût, j’enfile mes chaussures de course et je parcours les rues de Charlesbourg! C’est tellement simple et efficace! Je reviens de ma course de 6, 7, parfois 8 kilomètres, regénérée et zen! C’est une thérapie gratuite qui permet de me garder en forme… un deux dans un quoi! Voilà pourquoi je cours depuis tant d’années et je m’arrêterai seulement le jour où mon corps me l’obligera! Salutations à toutes les coureuses, tous les coureurs!»
Danièle Gobeil
Québec

• Des livres au balado
«C’est l’intérêt pour l’entraînement en course à pied qui en a fait une passion. Cela a débuté avec la lecture des livres Courir au bon rythme de Jean-Yves Cloutier et Courir Mieux de Jean-François Harvey. Par la suite, c’est beaucoup de km de course, d’expérimentation de fréquence, de volume et d’intensité, des blessures, mais l’expérience et les connaissances qui s’approfondissent. Et maintenant, quelques années plus tard, c’est un guide sur les bases de l’entraînement en course à pied disponible en ligne gratuitement et la coanimation d’un podcast populaire et québécois dédié à la course à pied, Le monde de la course, avec le marathonien élite François Jarry. «Nous recevons alors en entrevue, pendant des heures, les auteurs passionnants qui ont jeté les bases sur ma passion et plusieurs autres invité(e)s qui viennent agrémenter cette passion! C’est tout simplement merveilleux!»
Mathieu Polard-Duquette
Saint-Jean-sur-Richelieu

• Le meilleur antidépresseur
«J’ai commencé à courir, après avoir été traité pour un cancer du sein, en 2012, la course m’a aidée à passer à travers, depuis la course est pour moi un havre de paix où plus rien n’existe! Le meilleur antidépresseur.»
Johanne Corriveau
Sherbrooke

• 122 compétitions plus tard
«J’ai commencé à courir en 1983. Ma motivation première était de pratiquer un sport pour être en forme et dépasser mes limites. J’ai fait ma première compétition en 1984 et c’était le marathon de Montréal. À la ligne d’arrivée, j’étais euphorique, car j’avais découvert ma passion. Depuis ce temps, j’ai fait 122 compétitions, dont 9 marathons. La course est devenue une habitude de vie qui me permet d’avoir une excellente forme physique et me procure un bien-être psychologique. Elle me permet d’être en relation avec moi-même. Je suis membre du Club de Course à Pied de l’Université Laval depuis 21 ans et j’ai pu développer des liens d’amitié. Je sens que j’ai une appartenance au monde de la course à pied. Dans mon quartier, je suis reconnue et identifiée comme la joggeuse du boulevard Auclair. C’est dommage que l’espace me manque pour parler davantage de ma passion.»
Martine Parent
Québec

• 40 ans de motivation
«À 61 ans, on court juste pour le plaisir. Ayant fait du jogging depuis l’âge de 22 ans, au début, je courrais pour mon cerveau, je veux dire pour mieux étudier mes examens d’université. Ensuite, je courrais pour conserver mes muscles en forme et paraître un peu plus jeune. Après, on oublie un peu la course avec la carrière, la famille et tout le tra la la... et on y revient quelques années plus tard à tenter de performer, car on a quelque peu perdu la forme. On se blesse, mais on veut continuer. On écoute des YouTube pour ne plus se blesser et mieux se positionner dans les foulées. À 50 ans on oublie la beauté, maintenant on veut être confortable. Comme la carrière nous a permis d’avoir de bonnes conditions financières, on porte des kits confo... des espadrilles bien adaptées et on s’équipe d’un bon iPhone pour de la musique entraînante. Rendue à mon âge pas encore vénérable, on ne fait pas de compétition, on oublie la vitesse, on roule sa boule tous les deux jours entre 4 et 10 km, juste pour le plaisir. On dit bonjour aux gens, on regarde dans les intérieurs de maison si on court le soir, on rit toute seule en écoutant la musique. Quand on arrive à la maison, il est toujours trop tôt, on a hâte d’y retourner. J’aimerais continuer la course à pied jusqu’à un âge vénérable. Je souhaite à tous la persévérance et l’objectif du plaisir tout simplement.
Dorice Grenier
Portneuf

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