Bière

2019 sera la suite de 2018

CHRONIQUE / En ce début d’année, comme tout bon chroniqueur, je me dois de vous proposer mes prédictions pour 2019. L’exercice me plaît, mais j’aime faire différent. Tout d’abord, j’ai déjà gagné celle de mon titre accrocheur, 2019 suit bien l’année 2018.

À défaut de vous offrir les cinq bières à boire cette année, les cinq brasseries à visiter ou les cinq tendances à suivre, je vous ai plutôt préparé cinq dossiers à surveiller. J’aime parler du marché en appuyant mes propos sur des enjeux qui peuvent se mesurer — ou pas — tout au long de l’année. Le marché de la bière est en pleine effervescence — désolé, ma résolution de ne plus utiliser ce jeu de mot plus qu’épuisé sera pour 2020 —, de nouveaux styles sont créés presque tous les mois, judicieux mélange d’histoire, d’innovation et parfois d’audace. Je vous invite donc à regarder dans ma boule de cristal.

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Bière et foie gras

Certains quittent le menu traditionnel du temps des Fêtes pour se diriger vers les huîtres, les fruits de mer et le foie gras. Des mets qui font partie de bien des tables gastronomiques ces temps-ci. Mais quelle bière accorder avec le foie gras ? Ce n’est pas si évident !

Consommé cru, mi-cuit ou cuit, le foie gras est une spécialité culinaire du sud-ouest de la France qui est préparé à partir de foie de canard ou de foie d’oie. Dépendant de son mode de cuisson et des assaisonnements utilisés, l’accord bière sera différent. Le foie gras, c’est surtout du foie et le foie, c’est ferreux. Il est donc conseillé de ne pas utiliser des bières qui offrent un profil aromatique trop prononcé sur la levure, avec lesquelles les notes ferreuses sont accentuées et ça, ce n’est franchement pas du tout intéressant.

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Cinq bières à déguster pour Noël

Le temps des Fêtes arrive à grand pas. C’est le moment de faire une pause, relaxer et se déboucher une bonne bière. Je vous propose cinq bières à découvrir, à des moments bien précis de la journée.

Nano IPA

Brasserie Oshlag

Bières

Un congrès qui marque un virage

CHRONIQUE / En début de semaine, à Québec, se tenait le 9e congrès des microbrasseries du Québec. Plus de 730 membres de l’industrie (brasseurs, détaillants, fournisseurs et partenaires) ont participé à des rencontres, des colloques et des conférences.

Invité comme conférencier d’ouverture, il m’a été demandé de présenter mes observations sur le marché de la bière en 2018. Quelles sont les perceptions du marché, comment le consommateur se comporte dans une section bière, quelles sont les tendances à venir. Une analyse basée sur mon contact direct avec vous, consommateurs. C’est parfois bien plus efficace que des chiffres ou un sondage.

On se souviendra de ce congrès de l’AMBQ comme d’un tournant dans la perception du marché. Pour la première fois, on a clairement parlé de saturation sur les tablettes des détaillants. Pas étonnant quand on sait que depuis plusieurs années, le nombre de nouvelles bières — brassées et vendues pour la première fois — est de plus de 600 par an. Sachant que chaque Québécois boit, en moyenne, 220 bouteilles de bière par an, impossible de tout boire.

Pourtant, le marché de la bière de microbrasseries est en évolution, les parts de marché augmentent et vous êtes de plus  en plus nombreux à en consommer.

Mais le nombre de microbrasseries augmente aussi : 28 nouveaux permis en 12 mois, soit une progression de 15 % du nombre de brasseries en un an, progression qui se maintient à 10-15 % chaque année depuis quatre ans. Quand on dit que c’est un marché dynamique…

Devant ce constat partagé par de nombreux brasseurs, il est cependant important de signaler que la situation est loin d’être alarmante pour le moment. Le marché est en constante évolution, de très nombreux détaillants s’intéressent de plus en plus à la bière de microbrasserie et les espaces tablette ont donc tendance à augmenter légèrement.

Les brasseurs se retrouvent cependant coincés dans un système de vente qui se limite à la vente sur tablette ou la vente dans les bars et restaurants. Il serait tellement plus simple
de pouvoir les laisser vendre leur bière dans des marchés publics, des festivals, des salons découvertes et j’en passe. On le fait pour d’autres catégories d’alcool, il n’y a donc aucune raison pertinente de ne pas le faire.

D’ailleurs, l’industrie n’a pas chaumé durant le congrès et a discuté de différents enjeux que je détaille en trois points :

La consigne

Véritable point critique actuellement, la consigne des très nombreux contenants de formats différents de bière est devenue un véritable cauchemar, selon un panel de détaillants invité à s’exprimer devant les brasseurs. La traditionnelle bouteille brune de  341 ml que beaucoup de brasseurs utilisaient dans les années 90 ne plaît pas aux microbrasseurs qui préfèrent des formats plus éclatés pour se démarquer. À chaque format son protocole de ramassage et de gestion. Le détaillant doit donc stocker des bouteilles pleines et des bouteilles vides.

La notion de brasserie indépendante

Depuis quelques années, l’achat de petites entreprises brassicoles par des grands groupes internationaux dérange le milieu. Le terme microbrasserie ne peut plus être uniquement associé à des entreprises indépendantes ; il s’agit dorénavant d’une philosophie de brassage. De ce fait, les membres de l’AMBQ ont décidé de diffuser un logo « brasseries indépendantes » avec des paramètres qui devront être établis sous peu. Le but premier étant d’identifier rapidement les brasseries qui appartiennent à des investisseurs dans la même région, par exemple.

Une planification stratégique

La dernière planification stratégique datant de 2007, il était temps que l’AMBQ se dote d’une nouvelle stratégie de développement. L’objectif avoué étant l’augmentation des parts de marché à 16 % dans cinq ans — celles-ci sont estimées aujourd’hui à 11-12 %. 

Fait intéressant, il n’est plus possible d’avoir des chiffres pertinents et validés par l’appareil gouvernemental depuis l’application du taux réduit de la taxe spécifique à l’ensemble du marché. Bref, il serait bon pour l’industrie de pouvoir compter sur des chiffres validés et non des « évaluations sommaires ». 

La bière de microbrasserie se taille une place de plus en plus importante au Québec, et les différents joueurs sont conscients des enjeux qui se présentent à eux. Le consommateur aime la fraternité de la bière. Devant des défis de plus en plus importants, j’invite tous les brasseurs à maintenir cette fraternité.

Santé!