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La bière de Noël, une tradition contemporaine

CHRONIQUE / Noël est à nos portes. Ses traditions ancestrales et coutumes d’un temps passé aussi. Vivement les brassins de Noël que l’on s’échange depuis des siècles, forts en goûts, chargés en épices et lourds en alcools. Des bières qui réchauffent. Et pourtant, la bière de Noël est au style ce que le père Noël est au danseur de polka : l’exception faite sourire. Quant aux coutumes d’un temps passé, elles sont beaucoup plus récentes que vous ne le pensez.

Réglons la question du style. La bière de Noël n’est pas un style, mais une tradition qui consiste à offrir ou s’offrir une bière, différente, pendant le temps des Fêtes. Il existe autant de profils de saveurs différents dans les bières de Noël qu’il existe de danseurs de polka (habillé en père Noël ou pas !).

Les épices, dans les bières de Noël, nous viennent principalement de la culture brassicole belge et du nord de la France. Depuis des décennies, on brasse des bières plus riches, plus rondes et plus épicées que la gamme habituelle de la brasserie. 

Prenons exemple sur la brasserie St-Bernardus. Ses bières rondes profitent bien de l’arrivée de la version « Noël » pendant le temps des Fêtes, mais c’est dans sa tradition de brasser des bières riches et bien maltées. Les traditions brassicoles influencent beaucoup le profil de saveurs des bières de Noël. Offre différente du côté la brasserie Dupont, à Tourpes en Belgique, sa bière de Noël étant une saison impériale, bien houblonnée, toute en fraîcheur et très attendue. On est bien loin de la brune ronde, épicée et alcoolisée. Pourtant, ce sont deux bières de Noël.

Quittons la Belgique pour découvrir les bières de Noël de l’Allemagne ou du Danemark. On est alors bien loin des bières très épicées, mais plutôt sur un profil très peu malté et beaucoup plus digeste. Elles sont très souvent de type lager. Le point commun avec les bières de Noël en Belgique ? Elles sont disponibles à Noël, tout simplement.

Au Québec, nos brasseurs s’inspirent des différentes coutumes des pays influenceurs brassicoles pour proposer styles et traditions du vieux continent. Les bières de Noël n’y échappent pas. Alors, pourquoi proposer le plus souvent des bières épicées ? Car la culture belge et française est beaucoup plus proche de la nôtre que la culture d’un pays scandinave, par exemple. 

Plusieurs initiatives, pour le temps des Fêtes, sont déjà disponibles ou le seront dans les prochains jours.

  • La Résurrection de Broderus, de la brasserie Dunham, nous revient cette année avec un ajout de pommes grenades, sirop d’érable et levures brettanomyces. La brasserie la définit comme une saison de Noël.
  • La Grivoise de Noël, la version plus épicée de la Grivoise Double du Trou du Diable, est actuellement distribuée partout au Québec.
  • La Réserve de Noël, des Trois Mousquetaires, nous revient également avec une belle dose d’épices et un corps bien rond. Une bière liquoreuse, parfaite pour les desserts.
  • Le Domaine Berthiaume vous invite à découvrir la Zeppelin de Noël. Dans la tradition des bières fortes en alcool.
  • Le Brouhaha sortira très prochainement le Sang de Lutin, une saison aux canneberges, habaneros et poivre Sichuan. On est loin des traditions belges...
  • Vox Populi prépare l’arrivée de sa Kettle Sour à la canneberge. Une bière acidulée, aromatisée aux fruits. 
  • Même les brasseries belges sont fières d’envoyer des bières de Noël au Québec avec la Père Noël de la brasserie De Ranke. Une ambrée, à la levure belge, bien amère, avec ajouts de réglisse. 
  • Brasseurs RJ propose également sa Snoreau, une bière ambrée, épicée, aux notes de fruits et légèrement acidulée. Un secret bien gardé dans le monde des bières.
  • L’Atelier du père Noël de la brasserie Le Temps d’une Pinte, à Trois-Rivières, sera très prochainement disponible. Une bière plus « traditionnelle » pour les amateurs du genre.
  • Brasseurs du monde nous a sorti de bien belles bouteilles, emballées dans un papier imprimé, rappelant les bières belges de la brasserie Liefmans. J’ai particulièrement apprécié la Saison impériale hiver aux épices. 


Mais si vous ne deviez en découvrir qu’une, je vous invite à vous procurer la Messe de Minuit des Brasseurs du Temps. La libre inspiration des bières de Noël de Belgique, bien épicée, bien ronde, bien alcoolisée. Dégustée avec un morceau de chocolat, l’accord est gourmand.

Vous l’aurez compris, les bières de Noël n’ont pas de profil aromatique type ou de cahier des charges précis. Elles ont toutes un point commun : elles se boivent pendant le temps des Fêtes et sont d’excellentes raisons d’offrir un peu de bonheur à l’un de vos proches.

Bonne dégustation !

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Le poisson – Un accord en douceur

CHRONIQUE / Marier une bière avec un poisson ou un fruit de mer n’est pas dans les habitudes communes au Québec­. Et pourtant, de très nombreux accords sont agréables à découvrir. Dans le nord de la France et en Belgique, il n’est pas rare de boire une « chopine » avec un produit de la mer. L’accord est plus culturel que gastronomique, mais en s’y intéressant un peu, on y trouve des liens fort gourmands.

Comment marier bières et poissons ? 

On dit souvent que c’est la sauce qui fait le plat. C’est d’autant plus vrai lorsqu’on offre du poisson à table. La démarche pour bien marier bières et poissons est donc principalement basée sur la sauce. Je vous propose 4 types de recettes qui accompagnent très bien différentes variétés de poissons. Pour chaque type de sauce, quelques suggestions de bières vous sont proposées.

Un beurre blanc, tout simplement

La sauce la plus simple à réaliser, qui accompagne très bien tout poisson. Une réduction d’échalotes, de vin blanc et vinaigre blanc à feu doux que l’on fouettera avec du beurre bien frais hors du feu jusqu’à consistance crémeuse et soyeuse.

Les bières rondes et très faiblement amères sont de grandes complices du beurre blanc. On évite de prolonger les saveurs avec des bières fortement maltées, aux arômes de céréales ou de mélasse. Le but premier étant de mettre en valeur le poisson et non camoufler ses saveurs subtiles.

Quelques variantes de beurres blancs consistent à ajouter des herbes telles que l’aneth, le persil ou l’estragon, devenant ainsi une béarnaise si vous rajoutez également des jaunes d’œuf. Les bières herbacées par infusion ou caractéristique de la levure sont d’excellentes complices. Une saison bien fraîche par exemple, ou une bière infusée aux différentes épices boréales. Encore une fois, rien de bien fort et surtout pas amer.

Les agrumes, un lien évident

Une sauce aux agrumes, composée d’une réduction de vin blanc, d’un fumet de poisson et d’extraits d’agrumes, par exemple, permet de créer un lien fort intéressant entre le poisson et la bière. On ira chercher des bières bien houblonnées, mais peu amères. De plus en plus populaires, elles proposent une palette aromatique qui provient des houblons, très souvent nord-­américains, et se distinguent par des notes d’agrumes assez distinctives.

Le lien est donc évident entre une sauce aux agrumes et une bière aux agrumes. Il est recommandé d’y aller avec des poissons aux chairs un peu plus fermes et au goût un peu plus prononcé. L’accord est puissant, le poisson se doit d’être puissant­ également. 

Une variante, que j’aime beaucoup proposer, consiste à poêler quelques pétoncles U10 et les accompagner d’une sauce aux agrumes et d’un verre de bière bien aromatique. Succès­ garanti.

La soupe de poisson

Très populaire dans les régions bordant la mer, la soupe de poisson se distingue par une cuisson des légumes et aromates dans un bouillon pour ensuite y plonger les poissons à feu très doux. Une cuisson assez proche du court bouillon. On y retrouve le plus souvent des poireaux, pommes de terre, légumes variés et tomates. Le bouillon est composé de vins et de fumet. 

L’accord avec la tomate n’est pas des plus évidents, mais lorsqu’on trouve une bière qui se marie parfaitement avec l’acidité de la tomate, c’est très souvent une expérience extraordinaire. C’est souvent du côté des blondes légèrement amères que j’ai eu le plus de plaisir. Une Pilsner­, tout simplement.

Tartare : l’accord dicté par l’assaisonnement

Je ne vous présente plus le saumon, ce poisson à la chair rose est un des poissons les plus consommés au Québec. On apprécie également de plus en plus la truite saumonée qu’on retrouve sur les étals des poissonniers. Quelques poissons de spécialités comme l’omble chevalier, par exemple, peuvent offrir une chair également rose.

Ces poissons à chair rose sont parfaits pour composer un tartare. La chair ferme, coupée en petits cubes, se tient bien et permet d’offrir des tartares aux assaisonnements­ variés. 

Pour l’accord bière, c’est principalement la sauce qui fera le lien entre la bière et le poisson. Si vous ajoutez de la mayonnaise et de la moutarde, allez-y d’un accord tout en contraste avec une bière aux notes céréalières, mais pas trop sucrées. Le tartare se doit d’être mis au défi, mais surtout pas étouffé par une bière trop puissante.

Les poissons fumés

Saumon et truite fumés, esturgeon fumé en filet, pétoncles et crevettes fumées. Un arrêt dans une poissonnerie du bas du fleuve vous convaincra du savoir-faire de nos pêcheurs. Les meilleurs accords bières sont tout aussi puissants que les notes de fumaison qui se cachent derrière chaque produit. On apprécie les bières puissantes, rondes, alcoolisées et épicées. Même les bières fumées sont d’excellentes complices. Attention, si vous servez le tout avant de passer à table, assurez-vous d’offrir une boisson légère pour se rincer les papilles avant de profiter de vos recettes.

Bon appétit !

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Trou du Diable – Émotions et inquiétudes

CHRONIQUE / L’achat de la brasserie Trou du Diable par la division Six Pints de Molson­ a créé un tsunami d’émotions dans tout le Québec, mais également ailleurs dans le monde ; les petits gars de Shawinigan étant connus bien plus loin que le poste de Lacolle­. Dans la dernière semaine, j’ai dû lire des centaines de témoignages et réactions. Je profite de cette tribune pour présenter la différence entre une brasserie indépendante et une brasserie af­filiée. J’en profite également­ pour rétablir­ quelques faits.

INDÉPENDANTE OU AFFILIÉE

La différence marquante entre une brasserie indépendante et une brasserie affiliée est basée sur le chemin qu’empruntent les profits de la vente d’une bouteille de bière. Dans beaucoup de régions du Québec, de très nombreuses brasseries sont la propriété de gens du coin, parfois seuls, parfois en groupe. Les profits — mais aussi les pertes — de l’entreprise sont donc, pour la très grande majorité des cas, réinvestis dans la région de production de la bière. De très nombreux exemples existent : Microbrasserie­ Charlevoix, Pit Caribou­, Dunham­, Les Trois Mousquetaires, etc.

Du côté d’une brasserie affiliée à un grand groupe brassicole, les actifs et passifs sont devenus propriétés du groupe. Le profit de la vente est donc redirigé vers le siège social du groupe. C’est la grande différence entre une brasserie indépendante et une brasserie affiliée.

Mais le groupe brassicole peut également réinvestir dans la région de production et donc y verser de la richesse. Cette richesse peut parfois être bien supérieure à ce qu’aurait versé la brasserie indépendante­. Ni noir ni blanc.

Pour beaucoup de consom­mateurs, l’indépendance d’une brasserie n’est pas forcément liée au parcours qu’empruntent ses profits ou ses pertes, mais surtout à une philosophie d’achat local et de développement régional. Le monde de la bière artisanale est un monde d’émotions. Acheter une bière d’une brasserie indépendante, c’est souligner son intérêt à encourager une économie locale.

LA QUALITÉ

Plusieurs témoignages laissent sous-entendre que la bière qui sera dorénavant brassée dans les installations du Trou du Diable risque de baisser en qualité. L’argument étant appuyé par de nombreux exemples, à travers le monde, de bières devenues insipides au cours des années. Un argument véridique, mais d’une autre époque. Les achats de brasseries dans les années 80-90 par de grands groupes brassicoles étaient basés sur des motivations complètement différentes qu’aujourd’hui. On achetait du volume de vente, on invitait deux ou trois ingénieurs brassicoles à diminuer les coûts de production de la bière, on y allait d’une bonne grosse campagne de publicité et on se retrouvait avec un produit bien différent de sa version­ originale. 

Aujourd’hui, le monde de la bière a bien changé. Pendant de très nombreuses années, les grands brasseurs ont essayé de rivaliser avec les brasseries indépendantes en y allant de bières à saveurs ajoutées, de produits aux marques « régionales » ou de stratégies commerciales qui ont souvent terminé à grand coup d’épée dans l’eau. Depuis quelques années, elles sont conscientes qu’elles n’ont ni la philosophie ni le savoir-faire pour brasser des bières « artisanales­ ». Donc elles en achètent.

L’acquisition de brasseries « artisanales » en Amérique du Nord est exponentielle depuis quelques années. Le groupe AB-Inbev, dans sa division High-End, possède un portefeuille de produits comprenant de très nombreuses brasseries anciennement indépendantes. Même chose du côté de Molson. Et le mot d’ordre est le même dans les deux groupes : on ne touche pas à la philo­sophie de brassage et à l’image du produit. C’est ce qu’ils ont acheté.

LA DISTRIBUTION

Plusieurs acteurs de la culture bière au Québec ont manifesté leurs inquiétudes face à l’arrivée du Trou du Diable dans le portefeuille de Molson. Les petits brasseurs vont devoir se battre avec un ancien allié pour se partager l’espace tablette ou le nombre de lignes chez les détaillants ou restaurateurs, pouvaient on lire régulièrement. C’est effectivement le cas, mais il est important de nuancer les propos. Ce n’est pas toute l’industrie de la bière artisanale qui va en souffrir; uniquement les brasseries qui jouent dans la même cour que le Trou du Diable. Elles sont beaucoup moins nombreuses­ qu’on ne le pense.

L’arrivée des bières du Trou du diable dans le portefeuille de Molson­ donne des ailes aux représentants de Molson. Plusieurs grandes chaînes de restauration ne font affaire qu’avec de grands groupes brassicoles. Les raisons sont multiples, mais bref, elles tournent toutes autour de l’argent. Proposer un produit « artisanal » avec une aussi belle réputation permettra fort probablement de faire pencher la balance auprès des grands groupes de restauration qui ne regardent pas du côté des brasseries­ indépendantes, de toute façon. 

Du côté de votre détaillant, plusieurs programmes commerciaux sont souvent négociés entre les grands groupes brassicoles et les chaînes de détaillants. Ces programmes sont très souvent en concurrence les uns avec les autres. Les petites brasseries indépendantes sont beaucoup moins concernées, car la décision d’achat du consommateur joue sur un tout autre sentiment que celui d’acheter un prix ou une promotion croisée.

Pour conclure, il est important de mentionner que depuis quelques mois, de très nombreuses initiatives de mise en valeur des bières artisanales indépendantes ont vu le jour au Québec. Je mentionne la nouvelle initiative des restaurants St-Hubert­, proposant des lignes de fûts de bières de chaque région, la nouvelle section de bières de brasseries indépendantes dans 117 magasins Couche-Tard à travers le Québec et de très nombreux restaurants indépendants qui considèrent la bière comme un produit local ou du terroir.

LE TERME « MICROBRASSERIE »

Avez-vous remarqué que je n’utilise pas le terme «microbrasserie» dans cette chronique. La raison est fort simple. On ne peut plus différencier une « micro­brasserie » d’une « brasserie » uniquement par la composition de son conseil d’administration. Au sens légal du terme, une brasserie est considérée micro­brasserie en dessous d’un seuil de production annuelle estimée à 300 000 hl par an. L’encadrement nous provient des lois sur les taxes d’accises et à un taux de taxes allégé pour les petits producteurs. 

Au sens philosophique du terme, une microbrasserie est une brasserie qui brasse des produits de même philosophie que toute autre brasserie brassant des produits depuis la révolution microbrassicole. Une recherche du goût authentique, l’utilisation de matières premières distinctives et un brassage sans compromis. Si on regarde le marché de la bière actuellement, on se rend compte que de très nombreuses brasseries affiliées à de grands groupes brassicoles continuent encore de brasser avec cette même philosophie. Sont-elles toujours des « microbrasseries » ? Les débats sont lancés depuis plusieurs années et ne risquent pas de s’éteindre de sitôt. Il faut donc parler de « microbrasseries indépendantes », c’est au consommateur de choisir s’il veut encourager une économie locale et régionale ou pas. Le goût n’est pas uniquement gage d’indépendance.

Chronique bière

Accorder bière et cheddar

CHRONIQUE / Fromage affiné le plus consommé au Québec, le cheddar se décline en de très nombreuses variétés. Vendu à différents âges, allant du frais au vieilli, il se transforme lentement, offrant des notes légèrement lactiques et beurrées aux saveurs plus prononcées­ de noisettes.

Le cheddar fait partie de la famille des fromages à pâte ferme. Il est chauffé après que la pâte ait été pressée et égouttée. Il a un taux d’humidité entre 30 et 45 %. Son affinage, optionnel, se fait dans la masse, c’est-à-dire qu’on mélange le penicillium dans la pâte et qu’on laisse reposer le fromage pendant quelques mois à quelques années. 

Comment l’apprécier ?

Le fromage cheddar s’apprécie naturellement. Ses saveurs subtiles de noisettes, plus ou moins prononcées en fonction de son âge, ne méritent pas d’être camouflées par une gelée de porto ou un confit d’oignons, trop sucrés. Il n’est pas nécessaire de le servir sur un pain, considérant qu’il est ferme si vous le tenez dans la main. Bref, il se mange le plus naturellement possible. Idéalement, je vous invite à acheter différents millésimes de la même fromagerie pour bien voir le rôle de l’affinage sur le goût. 

Comment les marier ?

Le cheddar est le fromage le plus polyvalent à marier avec les bières. Dépendant du type de bières que vous choisirez, l’expérience sera différente : parfois, c’est sur le sucre du lait que l’accord sera marquant, parfois sur la fraîcheur du fromage. Toutes les bières apportent un accord à découvrir.

À des fins de simplification des accords bières et mets, j’aimerais vous présenter un système de classement des bières qui est utilisé chez de très nombreux détaillants : les Capsules Sensations. Outil d’aide à l’achat, il classe les bières par couleur et par sensation. La couleur d’une bière n’étant pas gage de caractère, c’est à la sensation qu’on se réfère. Par contre, la couleur de la bière peut donner des indications très pertinentes du type de bière brassé. 

Par exemple, les bières blondes et blanches utilisent des céréales pâles, offrant peu d’arômes de caramel ou de mélasse. Du côté des bières noires, c’est la torréfaction de la céréale qui aura le dessus. Au milieu, on retrouve des bières ambrées, rousses et brunes, offrant chacune des notes de caramel et de sucre à différentes intensités. Du côté des bières fruitées, c’est le fruit qui domine.

Pour la sensation, la bière peut être douce, à faible amertume et acidité. Elle peut être amère ou très amère. On parlera alors de bière tranchante. Elle peut être acidulée ou très acide. On parlera de bière mordante. Elle peut également offrir une sensation sucrée (ronde) à très sucrée (liquoreuse). Le brasseur peut également y ajouter des épices à sensations piquantes, on parlera de bières épicées ou des céréales fumées, laissant place à une belle sensation fumée.

Une fois le système compris, il est très facile de se référer aux différentes capsules graphiques qui rappellent la couleur, mais surtout la sensation de la bière. On ne parle pas de blonde, mais de blonde douce à blonde amère, en passant par blonde ronde par exemple. 

DES EXEMPLES FACILES ET GOURMANDS

Pour l’accord avec le cheddar, il est intéressant de sélectionner quelques accords différents. Imaginons que vous voulez goûter cinq bières différentes avec un fromage cheddar. Les accords en sont simplifiés :

Blonde douce

Une bière alliant la douceur de la céréale et la faible amertume. C’est le cheddar qui dicte l’accord en offrant une belle longueur sur la bière. Essayez de prendre une bouchée en premier. Arrosez la bouchée avec une gorgée de bière et laissez-vous surprendre par cet accord simple. Plus le fromage est vieux, plus celui-ci dicte l’accord. 

Rousse douce

Les notes caramélisées des céréales accompagnent très bien les saveurs de noisettes du cheddar. On y va de belles bouchées et de belles gorgées. Plus le fromage est vieux, plus la bière l’accompagne pour offrir une finale longue et puissante.

Blonde ronde

La première gorgée donne le ton, on y découvre des notes sucrées et parfois levurées. Contrairement à l’accord avec la blonde douce, c’est la bière qui dicte l’accord et qui offre une belle rondeur pour accompagner le fromage à chaque gorgée. Les notes de noisettes s’éclipsent légèrement, laissant place aux notes de beurre du fromage.

Noire amère

L’amertume se démarque. C’est le cas pour toutes les bières amères. Les céréales torréfiées offrent des notes de café ou de brûlé, plus ou moins prononcées selon la bière choisie. Le fromage regorge de douceur devant cette bière au caractère prononcé. On y redécouvre des notes lactiques cachées derrière l’affinage du fromage. Un accord étonnant. Et si vous n’aimez pas la bière noire, voilà un excellent prétexte pour se laisser tenter.

Fruitée acidulée

La catégorie de bières fruitées la plus en vogue actuellement. Elle allie la fraîcheur du fruit et l’acidité rafraîchissante que l’on retrouve dans certaines boissons anciennes ou produits lactés. Le fromage sursaute de bonheur à chaque gorgée. Le fruit s’exprime bien, l’acidité rend le tout très frais et l’accord est exceptionnel. À essayer­ sans hésitation.

ORGANISER L'ACCORD

Cinq bières de votre choix, trois fromages cheddar de millésimes différents, quelques convives sont d’excellents prétextes pour passer une belle soirée. Je vous propose d’organiser votre dégustation par fromage. On déguste le premier fromage avec les cinq bières, jusqu’au dernier. Amusez-vous.

Pour en savoir plus sur les Capsules Sensations : www.capsules-sensations.info