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Philippe Wouters
Coopérative nationale de l'information indépendante
Philippe Wouters

Une alternative aux NEIPA ?

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CHRONIQUE / Ces derniers jours, au gré des discussions entre amateurs, j’ai remarqué l’augmentation d’une volonté soudaine de consommer moins d’IPA contemporaines, aux arômes de fruits tropicaux, à l’amertume modérée et au sucre résiduel bien présent. Le vent tourne? Je ne pense pas. Cependant, il n’y a pas qu’un seul courant (d’air) dans la culture bière et c’est tant mieux!

Serait-ce la tendance de ce printemps 2021 de consommer moins d’IPA? Les prochaines semaines nous le diront, mais je crois qu’il y a définitivement une volonté de retrouver d’autres arômes et goûts dans la bière. Je vous invite à réfléchir à quelques raisons possibles...

Les notes de malt

Si on se fie aux commentaires des consommateurs qui adorent découvrir de nouvelles IPA, jour après jour, ce sont les arômes de fruits tropicaux, d’agrumes ou de fleurs que dégagent les houblons contemporains qui plaisent le plus. Tellement puissants qu’ils cachent les arômes de céréales que l’on retrouve dans certaines bières.

Je vous ai déjà parlé des lagers blondes, Helles, Kellerbier ou Pilsner d’Allemagne, des bières aux notes de malt subtiles qui se découvrent au nez, mais également après la première gorgée. Sans compter les bières caramélisées, aux notes de biscuit par exemple, que les Anglais ont toujours brassées. Le consommateur a-t-il envie de retrouver ces notes de céréales? Plusieurs témoignages semblent le confirmer.

Le sucre

Plus il y a d’alcool, plus il y a de sucre. Et si le brasseur rajoute du lactose dans la bière, la sensation sucrée y est encore plus prononcée.

Est-ce que le sentiment de boire des bières sucrées aurait tendance à inviter le consommateur à se diriger vers des bières moins sucrées? Fort probablement. Si on se fie à l’engouement pour les bières légères en alcool, donc en sucre, il y a définitivement une volonté de consommer plus léger, donc de boire des bières moins caloriques, même si l’amertume de la bière laisse croire qu’elle en contient peu.

Le sentiment d’appartenance

Dans le milieu, on associe la culture des bières artisanales du Québec à celle de la musique émergente. De nombreux consommateurs adorent les bières d’une brasserie parce qu’elles sont le symbole de créativité, d’artisanat, de contre-courant et laissent une impression de collégialité entre consommateurs.

Plus la brasserie produit des bières dont tout le monde parle, plus elle perd des amateurs de bières qui se concentrent sur des produits qui ne suivent pas la culture, mais la font. Et des IPA contemporaines, tout le monde en fait aujourd’hui.

L’expérience

De nombreux brasseurs me l’avouent, les IPA contemporaines vont attirer une nouvelle clientèle qui ne désire pas goûter des bières maltées, amères ou à fort caractère, mais qui apprécient leurs notes fruitées, tropicales et sucrées.

Dans le cadre de mes activités de formation, il n’est pas rare que je discute avec des consommateurs qui ont commencé leur apprentissage grâce à ces bières, plutôt que les ales blondes d’il y a quelques années. Plus le consommateur désire découvrir le monde de la bière, plus il désire découvrir autre chose. Si son premier palier est d’avoir bu des IPA contemporaines, son cheminement se dirigera vers d’autres styles.

Est-ce la fin des IPA ?

Bien sûr que non. Le courant IPA contemporain est très bien ancré dans la culture bière et va y rester. Par contre, l’équilibre va progressivement reprendre sa place. Il y aura toujours de nouveaux consommateurs pour découvrir de nouvelles bières et suivre les tendances du moment.