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Quatre bières à découvrir

CHRONIQUE / Cette semaine, notre chroniqueur Philippe Wouters vous présente quatre bières à savourer.

La saison des festivals - Le Bilboquet

Du haut de ses 7% alc/vol, cette bière de type «saison» nous offre une belle dose de levure belge, accompagnée de ses notes d’esters (fruits, fleurs) et de phénols (épices, girofle). Saviez-vous que «saison» n’est pas vraiment un style, mais une inspiration? Les brasseurs utilisent une levure de type «saison», mais interprètent le style à leur manière, offrant parfois des bières plus maltées, moins houblonnées ou plus alcoolisées.

Et d’où provient la levure? De brasseries européennes qui avaient pour habitude de brasser des bières fermières avec différents ingrédients, au gré des saisons. Le style «saison» est donc un style très contemporain, qui ne ressemble pas vraiment à ce qui était consommé au siècle dernier. Est-ce grave? Bien sûr que non. J’apprécie toutes les bières «saisons», car elles sont si différentes...

Impériale Choco-Noisette - Brasserie Distillerie Beauregard

Voilà une bière-dessert qui s’assume. Un stout impérial, avec ajout de noisettes et affinage en fût de bourbon. Au nez, le chocolat praliné se fraye un chemin derrière l’alcool et les notes de bourbon. En bouche, la bière est ronde et ses 40 IBU offrent une finale légèrement amère qui fait durer la gorgée. Mention particulière au format de la canette (355 ml) qui permet d’offrir une quantité tout à fait adéquate pour une dégustation de fin de soirée avec quelques chocolats de type «praline belge» par exemple.

Brown Ale - Ruisseau Noir

C’est ma conjointe qui s’est amusée à me proposer cette Brown Ale pendant notre repas. J’avais préparé un boeuf bourguignon avec quelques lardons bien fumés, histoire d’agrémenter la sauce et la relever un peu. On avait, devant nous, un accord agréable et doux.

Le genre d’accord bière et mets qui se présente sans prévenir et sans faire de fracas. La Brown Ale proposait de très belles notes céréalières sur une amertume dans la moyenne (26 IBU selon la brasserie). Le plat mijoté faisait rebondir le caramel du malt à chaque bouchée. Bref, un accord de mardi soir. Loin de moi l’idée de dénigrer les accords du mardi soir, mais pas la peine de tout le temps mettre des gants blancs pour profiter des accords bières et mets; les petites surprises sont toujours agréables!

Vin d’orge - Brasseurs Simple Malt

L’histoire des vins d’orge est assez nébuleuse et nous vient d’Angleterre. Il s’agissait le plus souvent d’offrir, aux 18-19es siècles, des bières qui rivalisaient avec le vin sur le taux d’alcool. Plusieurs anciennes bières étaient beaucoup plus alcoolisées que la bière de table consommée tous les jours. Le fait d’offrir un «Barley wine» — mention spéciale à l’utilisation du mot «wine» dans l’appellation de la bière — avait pour but de se rapprocher des consommateurs de vin.

L’histoire ne nous dit pas si cela a si bien fonctionné. Aujourd’hui, les vins d’orge consommés sont surtout inspirés des interprétations contemporaines, qui ont mis l’accent sur le sucre et/ou l’amertume. Chez Simple Malt, le vin d’orge est tout simplement une référence, selon moi. Je n’hésite pas à l’utiliser quand il s’agit de présenter ce qui se rapproche le plus des témoignages des siècles derniers. Envie de faire un petit tour à Londres en 1900? Servez-vous donc un verre, pas trop froid pour mieux profiter des notes chaleureuses d’alcool et de caramel provenant des céréales.