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Philippe Wouters
Coopérative nationale de l'information indépendante
Philippe Wouters

Houblons et grandes cuvées

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CHRONIQUE / En tant qu’amateur de bière, mais aussi d’autres alcools, j’adore trouver un vin qui met l’accent sur une région, une technique de fabrication ou un cépage. En Amérique du Nord, nous avons pour habitude de consommer des vins de partout dans le monde, et l’exercice de comparer un même cépage de pays différents est toujours amusant. En Amérique du Nord, on commence aussi à pouvoir faire l’exercice avec les bières, grâce aux houblons.

J’aime le dire, le houblon est à la bière ce que le cépage est au vin. On retrouve des arômes et des propriétés bien différentes entre les divers houblons qu’entre les divers cépages. Il y a encore quelques années, la liste des ingrédients d’une bière se limitait à eau, céréales, houblon, levure. Aujourd’hui, les brasseurs rivalisent d’audace et de créativité, ce qui fait que le consommateur est en mesure de comparer deux bières ayant été brassées avec les mêmes houblons, mais de brasseries différentes.

Le houblon joue-t-il un rôle si important dans l’aromatique d’une bière ? Oui ! Surtout si la bière a profité d’un houblonnage à cru — une macération de houblons pendant la garde. Les techniques de houblonnage ont considérablement changé ces dernières années ; le brasseur utilise du houblon séché, pressé, extrait ou concentré. Mais le plus important, ce sont les caractéristiques aromatiques et amérisantes des différents cultivars de houblon.

Cascade

Le plus commun dans les IPA contemporaines. Il développe des notes de pamplemousse et légèrement sapineuses. Ses acides alpha — propriétés amérisantes — sont d’environ 10 % de sa masse. La Simple Malt Cascade IPA est houblonnée uniquement avec ce cultivar.

Citra

Très populaire il y a quelques années, il est encore abondamment utilisé par de nombreuses brasseries. Ses acides alpha sont plus élevés, donnant un houblon plus amérisant. Au nez, il développe des notes de fruits tropicaux, melon, fruit de la passion et parfois pipi de chat pour certains consommateurs aux facultés olfactives très développées.

Mosaic

Les brasseurs québécois apprécient ce houblon, et plusieurs bières en contiennent. Si bien exploité, il développera des notes de tangerine, mandarine ou légèrement florales.

Barbe rouge

Un houblon alsacien, développé ces dernières années et qui est reconnu pour offrir de belles notes de fruits rouges et de fraise des bois.

Sabro

Le Sabro est un des derniers houblons que l’on a vu apparaître dans certaines bières. Il développe des notes aromatiques de noix de coco. Vous ne me croyez pas ? Je vous invite à déguster la Sabro Juicy IPA de la Brasserie Mille-Îles.

Idaho Gem

Un des derniers cultivars disponibles au Québec. Vous trouverez donc de plus en plus de bières brassées avec ce cultivar, les brasseurs adorant proposer de nouvelles bières avec de nouveaux houblons. Au nez, c’est une douce impression florale et fruitée, avec des notes légèrement sucrées et une finale citrique.

Triumph

Une belle dose de pêche, de fruits citriques et de pamplemousse ; un houblon qui s’invite de plus en plus dans les IPA.

Talus

Dernier né de la compagnie Yakima Chief, chef de file dans les houblons aromatiques. On nous annonce un doux mélange de pamplemousse rose, d’épices et de sapin. Je ne l’ai pas encore goûté dans une bière, mais en tant que consommateur avisé, je me ferai un plaisir de le faire dans les prochains jours.