Bhoutan: au royaume du bonheur

J’adore voyager. Et, plus que jamais, cette période de confinement qui nous est imposée laisse davantage de place à nos rêves pour de prochaines destinations encore inconnues. Parce qu’on le sait, une des grandes joies de se transporter ailleurs est avant tout l’anticipation de la découverte et du plaisir. Maintenant, cap sur le royaume du bonheur!

De toutes les destinations de la planète, le Bhoutan, dernière monarchie bouddhiste enclavée entre l’Inde et la Chine, entretient plus que jamais sa réputation d’être l’un des pays les plus écologiques du monde; mais aussi, le plus secret et le plus mystérieux. Aucunement pressé d’entrer dans la modernité, le Bhoutan s’est aussi fait remarquer au cours des dernières années par l’instauration de l’indice du Bonheur National Brut. Selon la volonté du roi, cet indice doit primer sur le produit intérieur brut, communément appelé le PIB. Cette démarche innovante et audacieuse sert au calcul du bien-être des Bhoutanais en priorisant le développement économique et social équitable, la sauvegarde de l’environnement et la promotion du développement durable, la préservation et la promotion des valeurs culturelles et, finalement, une gouvernance responsable. 

Des vallées verdoyantes et leurs cultures en terrasse

Dès mon arrivée dans ce pays où la nature est d’une grande pureté, j’ai immédiatement eu l’impression de mettre les pieds dans une capsule où le temps s’est arrêté. 

J’y ai vu une succession des sommets les plus hauts de l’Himalaya, jusqu’aux profondes vallées verdoyantes avec des cultures en terrasses et des rivières rapides. 

Le monastère du Tiger’s Nest, le monument Bouddhiste le plus reconnu du Bhoutan

J’y ai aussi vu des monastères majestueux, dont le fameux Tiger’s Nest perché à flanc de montagne, mais aussi de nombreux temples et des forteresses qu’on appelle Dzongs. 

J’ai été surpris par le fait qu’on y retrouve ni bannière internationale ou chaîne de restaurants, que la cigarette soit interdite sur tout le territoire, que chaque Bhoutanais doit planter un arbre par année, et que la population est priée de ne pas utiliser sa voiture tous les premiers dimanches du mois.

J’ai été charmé de voir des milliers de drapeaux de prières à la croisée des chemins, sur les toits des maisons ou sur les ponts, et de constater la fierté avec laquelle les écoliers, les fonctionnaires et le personnel touristique portent le costume national. 

À Thimphou, la capitale du Bhoutan, un agent à la place des feux de circulation

J’ai été rassasié par une cuisine de montagne rustique et consistante, d’une agriculture presque entièrement biologique, tout à fait en accord avec le mouvement international du slow food.

J’ai été énergisé à faire des treks, parmi les plus beaux du monde, et ainsi découvrir un environnement d’exception et une culture traditionnelle.

Et plus que tout, j’ai été conquis par la gentillesse légendaire et la sincérité de l’accueil de son peuple.

Des drapeaux de prières en route vers le monastère Taktshang

Complètement isolé du monde jusque dans les années 60, le Bhoutan inaugura en 1981 à Paro son premier aéroport, tandis que l’arrivée de la télévision se fit en 1999. Avec une superficie qui peut ressembler à celle de la Suisse, ce petit royaume de près de 800 000 habitants n’est surtout pas la destination vacances habituelle. C’est certainement un circuit chargé d’émotions, où les traditions, l’environnement et la spiritualité sont au premier plan. 

Il faut y aller maintenant pendant qu’il est encore temps! 

Des paysages de montagnes et de rivières rapides

› Comment s’y rendre

Les meilleurs transits pour se rendre à Paro, le seul aéroport international et la principale porte d’entrée au pays, se font par New Delhi, Singapour ou Bangkok et seules les compagnies aériennes Druk Air et Bhutan Airlines proposent ces liaisons avec le Bhoutan. L’atterrissage y est réputé comme étant un des plus terrifiants qui soit, c’est à faire dresser les cheveux sur la tête! L’avion se faufilant à travers les montagnes vertigineuses d’une étroite vallée, exécute un virage à 45 degrés tout juste avant de poser ses roues sur la piste. Ces vols se font durant le jour et par temps clair seulement, et sont exécutés par moins d’une dizaine de pilotes dans le monde habilités à y atterrir.

› Quand y aller

Le climat au Bhoutan, quoique généralement humide, peut beaucoup varier selon l’altitude et les mois de l’année. La haute saison pour se rendre au Bhoutan est de septembre à novembre et de mars à mai, soit en automne après la fin de la mousson et au printemps avec des températures plus douces et confortables.

Le tir à l’arc, le sport national des Bhoutanais

› Quel budget prévoir

Le gouvernement du Bhoutan a su privilégier une approche unique au développement de l’industrie touristique à petite échelle, un concept tout à fait à l’opposé de ses voisins asiatiques qui semblent préconiser le tourisme de masse. Afin de bien protéger son environnement, certaines restrictions concernant le tourisme étranger ont été mises en place comme celles de présenter un itinéraire détaillé du voyage auprès d’un voyagiste agréé, en plus de l’obtention d’un visa d’entrée au pays au coût de 40 $US.

De plus, les voyageurs qui s’y rendent doivent s’acquitter d’un montant minimum de 250 $US par jour et par personne; ce prix comprend le logement dans un hôtel de catégorie intermédiaire, les repas, le guide, le chauffeur et sa voiture. Pour une expérience hors du commun, certains groupes hôteliers triés sur le volet ont implanté un concept de lodges à travers le pays; et quelle sublime façon de partir à l’aventure! Les fabuleux hôtels COMO en ont deux dans les petites villes de Paro et Punakha, tandis que l’exceptionnel Amankora en a cinq tout comme le nouveau Six Senses, permettant à l’explorateur de mieux découvrir les secrets de ce petit paradis!

Un paradis du vélo de montagne au royaume du bonheur