Une petite histoire avant de se lancer dans le bricolage de la carte de la fête des Mères.

Apprendre par les jeux à 4 ans

La fête des Mères se prépare avec un bricolage. Les 33 élèves des trois groupes de la maternelle 4 ans à temps plein de l’école La Pléiade de Beauport le font avec le plus grand sérieux.

Julie Lavoie, leur enseignante, vient de lire une histoire d’animaux, J’adore ma maman, aux 11 petits de sa classe. Ils sont tous attentifs et reconnaissent les animaux qu’ils nomment à voix haute.

Elle leur demande quels moments ils aiment le mieux avec leur mère. «J’aime quand elle fait une activité avec moi, juste pour moi», lance Charlotte. «Lorsqu’elle me fait un gros câlin et qu’elle me donne un bisou», ajoute Hope. «Quand elle me donne un chocolat», continue Matingue. Chacun leur tour, ils ajoutent les attentions particulières de leur maman.

Les consignes
Puis, elle présente la carte. Ce sera leur manière de dire à leur mère combien ils l’aiment. Une carte ornée d’une belle fleur qu’ils devront reproduire en quelques étapes.

Et les enfants répètent les consignes l’un après l’autre. D’abord, écrire leur prénom sur le carton. À leur table, certains enfants n’ont pas attendu que Mme Julie distribue. Puis découper le centre de la marguerite, peindre la tige à la gouache et les pétales en utilisant leur doigt.

Dans la classe d’à côté, Josiane Desbiens reçoit l’aide d’élèves de 5e année pour les exercices de mathématique. À cet âge-là, on est loin de la trigonométrie. On associe les nombres, les couleurs et l’orientation spatiale en plaçant des petites voitures sur un plan en répétant le modèle du cahier d’exercices. Pendant que certains sont concentrés sur leur travail, quelques-uns sont dans le vroum vroum sur la table. Ça fait partie de la vie aussi.

D’autres reproduisent une tour en choisissant les morceaux de la bonne longueur à poser sur la feuille du modèle. Et d’autres encore posent des blocs de couleur sur trois tiges de bois selon la représentation en dessin dans leur livre. D’une page à l’autre, la difficulté augmente.

À l’étage au-dessus, dans le troisième groupe, Catherine Turgeon se sert d’une comptine pour obtenir le silence de sa troupe. Elle donne les consignes pour la période de jeu libre. Bien assis, bien tranquilles, les enfants attendent d’être nommés pour se lever. La maison de Barbie reçue récemment suscite la convoitise de tous. Chacun son tour...

Les jeux
Félix, lui, choisira les billes. Il adore faire des modèles où la bille voyagera. D’autres jouent à cuisiner. Le photographe se fera offrir un hot-dog et un hamburger virtuel entre deux clics sur son appareil photo.

Ça bouge beaucoup. Ça déplace de l’air dans les petits locaux. C’est la vraie vie. Et dans les jeux libres, les enfants sans le savoir développent leur habilités sociales, le vivre ensemble, le partage, la gestion des émotions et des conflits. Tout cet univers a l’air de rien, mais ils font des pas rapides dans l’apprentissage qui les prépare à la maternelle des 5 ans et aux rythmes du primaire.

«La plupart auront un grand pas en avant sur ceux qui commencent le parcours à la maternelle des 5 ans», constatent les enseignantes. Ils auront appris la politesse dans leur petit groupe. Ils comprennent et suivent les consignes. Ils apprennent à être autonomes, à s’habiller seul. Sans oublier le partage, le respect des autres et à s’exprimer lorsqu’ils rencontrent un problème.

C’est un grand bout de chemin et tout un apprentissage de vie pour ces petits poux et ces petites puces qui se côtoient tous les jours. Certains sont à l’étape de la francisation, d’autres découvrent différentes cultures avec leurs nouveaux amis. Et ils adorent, disent-ils, chacun et chacune à sa manière.

La famille
Josiane, Julie et Catherine ont de l’aide tous les matins avec éducatrices spécialisées et l’aide d’autres spécialistes comme l’orthophoniste. Leur petite équipe est soudée, comme une famille, elles se voient en dehors de l’école, elles pensent à des projets pour les enfants et les partagent aussitôt.

Et comme elles sont en famille, quelques fois par année, elles invitent les parents à venir manger un repas à l’école avec les frères, les sœurs. Parfois, il y aura une tante ou une grand-mère au travers de la marmaille. Ça soude les liens entre les enfants, entre les familles et entre les enseignantes aussi.

L’école La Pléiade avait l’une des premières maternelles 4 ans en 2013. Il y a quatre groupes du genre à la Commission scolaire des premières Seigneuries, trois à la Pléiade et l’autre à Saint-Tite-des-Caps.