Les soeurs Myriam et Katherine Cyr Desbois représentent la troisième génération impliquée dans l'entreprise familiale gaspésienne Les Pêcheries Raymond Desbois.

Une histoire de famille... gaspésienne

Originaires de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, Myriam et Katherine Cyr Desbois ont grandi dans une famille de pêcheurs de génération en génération. Et ce n'est pas parce qu'elles vivent à Québec que cet univers les a quittées, loin de là!
Myriam, 28 ans, est installée dans la capitale depuis 10 ans déjà. Maintenant directrice générale de l'entreprise familiale, Les Pêcheries Raymond Desbois, elle s'occupe du kiosque de l'entreprise au Marché du Vieux-Port, qui compte sur une clientèle fidèle. Mais, surtout, elle pilote un tout nouveau projet dans Sillery: une poissonnerie à laquelle est annexé un restaurant de poissons et fruits de mer.
Au comptoir, on retrouve notamment des produits fumés, et des mets préparés sur place seront bientôt offerts.
«C'est mon bébé! Certains à mon âge ont des enfants, mais moi c'est [ce projet-là] qui prend tout mon temps!» indique l'enthousiaste jeune femme. Située au 1628, chemin Saint-Louis, la poissonnerie est ouverte depuis le 7 avril, à temps pour offrir à la clientèle les arrivages printaniers de crabe. L'ouverture du restaurant suivra en juin.
Myriam peut compter sur l'aide précieuse de sa soeur, Katherine, 24 ans, qui est déménagée à Québec il y a un an. Celle-ci prête main-forte dans la gestion de l'entreprise, particulièrement en ce qui a trait à la comptabilité et... la cuisine!
Raymond Desbois, leur grand-père paternel, a fondé l'entreprise qui a été reprise par leur père, Bertrand. Ce dernier détient plusieurs permis de pêche, notamment le crabe, la crevette nordique, le turbo, le flétan, la morue, auxquels se sont ajoutés cette année le homard et le pétoncle. «C'est probablement le pêcheur de Gaspésie qui a le plus de permis de pêche», affirme Myriam. «C'est un vrai passionné. S'il pouvait, il pêcherait à l'année», ajoute Katherine.
«Un de nos oncles a aussi un permis de thon, qui donne droit à une prise. L'an dernier, il en a pêché un de 1000 livres qu'on a pu offrir [à la clientèle]», signale également l'aînée des soeurs.
Les produits en vedette à la poissonnerie sont ceux pêchés par l'entreprise familiale, mais l'offre est complétée en priorisant les produits d'autres poissonneries du Québec et du Nouveau-Brunswick.
Les produits en vedette à la poissonnerie sont évidemment ceux pêchés par l'entreprise familiale, mais l'offre est complétée en priorisant les produits d'autres poissonneries du Québec et du Nouveau-Brunswick, notamment pour les crevettes tigrées, les crevettes sauvages d'Argentine, le saumon et l'éperlan. 
Au comptoir, on trouve entre autres des moules marinées de l'Île-du-Prince-Édouard, des produits fumés des Îles-de-la-Madeleine (un coup de coeur de Myriam), du saumon fumé Monsieur Émile (très apprécié de la clientèle, souligne Katherine), des pâtes farcies aux fruits de mer de Pasta Loca ou encore des algues de la marque Océan des saveurs, deux entreprises gaspésiennes.
Le bonheur d'être propriétaire
Craquelins, mayonnaises, sauces pour fruits de mer sont aussi proposés, de même que des produits surgelés.
L'achat de la bâtisse qui abrite la poissonnerie et le restaurant, dont l'aménagement aura nécessité un investissement de plus de 1,5 million $, facilite grandement les choses pour les Pêcheries Raymond Desbois. Une pièce a été aménagée pour pouvoir stocker et cuire les produits fraîchement arrivés, comme le homard et le crabe. «On a une capacité de 6000 livres de homard», illustre Katherine.
Aussi, les mets préparés offerts au comptoir seront désormais cuisinés sur place, au lieu de faire affaire avec des fournisseurs. Le stationnement de 20 places était aussi un facteur non négligeable dans le choix de l'endroit.
Les deux soeurs estiment qu'à terme, une trentaine d'emplois seront créés par l'entreprise. Certains sont toujours à combler, dont le poste de chef pour le restaurant. «On veut quelqu'un qui sache évidemment bien apprêter nos produits, mais qui est aussi ouvert à nos idées», indique Myriam. Et s'il n'est pas trouvé à temps pour l'ouverture? «Katherine et moi, on ira aux fourneaux!»
La Gaspésienne 51: un havre pour les amateurs de produits de la mer
À la mi-juin, La Gaspésienne 51 verra le jour dans le local de l'ancien restaurant Chez Dô, bien connu des résidents du secteur. Attenant à la poissonnerie, ce nouveau restaurant comblera les amateurs de poissons et de fruits de mer avec un menu qui changera selon les arrivages du jour et des saisons. 
«C'était vraiment une demande de notre clientèle», confie Myriam Cyr Desbois. «On se faisait souvent demander dans quels restos on peut manger de bons poissons et fruits de mer frais à Québec, et on a senti qu'on pouvait combler un besoin de ce côté.»
Les mets servis prendront la forme de bouchées, de tartares, de salades, de mousses, de pâtés, de galettes, de sandwichs, de salsa, de quiches... et bien d'autres. «On va s'assurer d'avoir un choix sans poisson ou fruit de mer au menu, pour pouvoir accommoder un client qui n'en mange pas, par exemple dans un groupe», indique Katherine.
Les cuisines du restaurant serviront aussi à approvisionner les comptoirs de la poissonnerie de mets préparés, tels coquilles St-Jacques, crab cakes ou fish and chips.
Le restaurant de 36 places sera ouvert midis et soirs du mercredi au dimanche. «Pour commencer», signale Myriam, précisant que les jours et heures d'ouvertures pourraient être modifiés selon la demande. Un projet de terrasse et la possibilité d'offrir des plats pour emporter sont dans les cartons, mais ce ne sera pas pour cette année, les deux soeurs ne manquant pas de nouveautés à gérer!
À boire
Pour sélectionner les vins offerts au restaurant, les soeurs ont fait appel au sommelier Philippe Lapeyrie afin de s'assurer d'un mariage harmonieux avec leurs produits de la mer. Les bières qui seront servies proviendront quant à elles de microbrasseries gaspésiennes (Pit Caribou à Percé et Le Naufrageur à Carleton) et québécoises. «La Pit Caribou va même brasser notre propre bière, La Gaspésienne 51, qui sera servie en exclusivité au restaurant!» révèle Myriam.
La Gaspésie ne s'invitera pas que dans l'assiette... le décor du restaurant emmènera les clients dans l'univers des pêcheurs, avec des cages à homard et des vieilles photos de famille trouvées chez la grand-mère des soeurs Cyr Desbois, notamment. Le palier supérieur fera penser à l'intérieur d'un bateau, avec des hublots qui donneront sur le palier inférieur, une verrière où on se sentira «comme dans la mer». «On ne veut pas tomber dans l'exagération non plus», indique Myriam. Mais ce sera aussi une belle façon d'amener la clientèle dans l'univers des pêcheurs.
Au Marché pour rester
Avec l'ouverture de sa nouvelle poissonnerie, Les Pêcheries Raymond Desbois n'a pas pour autant l'intention de délaisser son kiosque au Marché du Vieux-Port, qui approvisionne les clients depuis 10 ans.
Toutefois, Myriam Cyr Desbois convient que le déménagement du Marché près de l'amphithéâtre a quelque peu précipité les choses. «Ça a motivé l'investissement pour avoir notre propre lieu pour faciliter le stockage et la cuisson, indique-t-elle. Au Vieux-Port, on peut faire de la cuisson, mais les installations ne sont pas idéales, et on ignore comment ce sera au nouvel emplacement.»
La jeune entrepreneure signale que l'entreprise sera bien présente dans le nouveau marché, mais que cette présence dépendra à plus long terme de la demande de la clientèle dans ce secteur. 
Un bateau qui n'existe pas...
Pourquoi nommer leur restaurant «La Gaspésienne 51»? L'histoire remonte à une soixantaine d'années, alors que le gouvernement du Québec avait fait construire des bateaux pour aider les pêcheurs de morue de la Gaspésie, explique Myriam Cyr Desbois.
«Les bateaux étaient tous faits pareils. Il y en avait 50 au total et c'est pourquoi La Gaspésienne 51, elle n'a jamais vraiment existé, car ils ont arrêté d'en construire après le 50e.» Le 51e «bateau de pêche» prendra donc aujourd'hui la forme d'un restaurant qui fait un clin d'oeil à cette histoire.