Chaque édition de l’annuelle parade attire de 8000 à 10 000 curieux.

Un peu d’Irlande dans l’assiette

CHRONIQUE / Dix-sept mars aujourd’hui, la journée sera joyeusement teintée de vert. On enfilera des chapeaux style Leprechaun, on se peindra des trèfles chanceux sur la joue, on trinquera à la bière verte ou à la pinte de Guinness, bref, on saluera les racines irlandaises qu’on a peut-être. Et pas qu’à Dublin. La Saint-Patrick, jour de Fête nationale en Irlande, a ses festivités et ses défilés un peu partout dans le monde. À Richmond, comme ailleurs. Peut-être même un petit peu plus qu’ailleurs.

« Notre défilé existe sous sa forme actuelle depuis 40 ans, c’est probablement le deuxième plus gros au Québec, après celui de Montréal. Cette année, si la météo le permet, on aura même des joueurs de cornemuse », m’explique Julie O’Donnell, vice-présidente de la Société St-Patrick de Richmond, un organisme qui célèbre cette année ses 141 ans d’existence.

Chaque édition de l’annuelle parade attire de 8000 à 10 000 curieux.

« La ville compte environ 3250 habitants. Ça vous donne une idée de la popularité de l’événement! Ici, en mars, tout le monde devient un peu Irlandais », résume Julie.

La popularité de la fête s’explique peut-être un peu, beaucoup, par son côté convivial.

« La Saint-Patrick est à l’image du tempérament ouvert et accueillant des Irlandais, insiste Julie O’Donnell. C’est une fête très rassembleuse, qui se déploie chez nous pendant tout le mois. »

On pourrait dire que la cuisine irlandaise s’inscrit aussi dans cette vision. Helen Bégin exploite un service de traiteur à Richmond (Traiteur Helen’s Catering). La semaine dernière, elle a cuisiné le repas médiéval orchestré par la Société Saint-Patrick. Au défi de respecter la tradition s’est ajoutée une contrainte de taille. Il lui fallait remonter le temps et concocter un menu quatre services avec ce qui se retrouvait sur les tables irlandaises il y a quelques centaines d’années.

« Lorsqu’on pense plats irlandais, on pense pommes de terre, note la cuisinière. Mais avant 1700, il n’y en avait pas là-bas. J’ai dû faire beaucoup de recherches pour composer un menu typique de l’époque. »

Une époque où pois, navet, chou, carotte et betterave avaient la cote.

« Les gens mangeaient du fromage de chèvre, des poissons, aussi. Le bœuf était réservé aux villageois plus aisés. »

Soupe au bœuf, assiette de fromages et de fruits secs, plats de viandes variées (bœuf, porc, caille, poulet, canard, alouette!) et légumes racines ont été servis aux convives lors du souper médiéval. Au dessert, pancakes, pouding et beignets maison ont ravi les dents sucrées. Avant comme maintenant, le trait commun de la cuisine irlandaise de toutes les époques, c’est encore et toujours la convivialité.

« La cuisine irlandaise, c’est une cuisine simple, accessible à tous, très réconfortante, aussi. Plusieurs recettes de mijotés utilisent la Guinness comme ingrédient, comme le ragoût dont je vous partage la recette (voir encadré). Il y a aussi l’emblématique corned-beef, un plat populaire qui se cuisine avec de la viande qu’on attendrit dans de l’eau salée. On la cuit pendant trois ou quatre heures, avec des épices, du chou et des carottes en abondance. »

À défaut de pouvoir aller festoyer sur l’île d’émeraude, voici un plat typique pour amener un peu d’Irlande dans votre assiette :  

Ragoût irlandais au bœuf et à la Guinness, à la mijoteuse (recette partagée par Helen Bégin, de Traiteur Helen’s catering)

INGRÉDIENTS
2 c. à table d’huile d’olive
2 livres 1/2 de bœuf à ragoût
en cubes
sel et poivre,
1/2 c. à thé de chaque
2 c. à table de farine tout usage
2 t. de bière Guinness
1 boîte (6 onces)
de pâte de tomate
3 oignons coupés en tronçons
4 gousses d’ail
8 branches de thym frais, ficelées ensemble
1 petit rutabaga coupé en morceaux
d’environ un pouce
4 carottes coupées en morceaux
d’environ deux pouces
2 panais coupés en morceaux d’environ un pouce
1/2 t. de persil italien frais, haché

PRÉPARATION
À feu moyen-vif, chauffer l’huile d’olive
dans une large casserole. Assaisonner le bœuf de sel et de poivre.
Cuire le bœuf quelques cubes à la fois, en les retournant à quelques reprises, de façon à ce qu’ils soient légèrement dorés. Une fois cuits, transférer les cubes de bœuf dans une assiette et les saupoudrer de farine.
Dans le plat d’une mijoteuse de grand
format, fouetter ensemble la bière,
la pâte de tomate, 1/4 de c. à thé de sel et 1/4 de c. à thé de poivre.
Ajouter les oignons, l’ail, le thym, les cubes de bœuf et bien mélanger le tout.
Déposer le rutabaga, les carottes et le panais sur le dessus du mélange. Couvrir et cuire jusqu’à ce que le bœuf et les légumes soient tendres. Cela prendra de 7 à 8 heures si vous réglez votre mijoteuse à basse température ou bien 5 à 6 heures si vous la réglez à température élevée.
La sauce épaissira légèrement en cours de cuisson.
Servir avec des pommes de terre en purée, bien sûr. Et, pourquoi pas, avec un classique « irish soda bread » fait maison.

Le traditionnel café irlandais est une boisson réconfortante qui se déguste comme un dessert et qui se prépare en deux temps, trois mouvements, assure Helen Bégin.

Les secrets d’un bon café irlandais

Le traditionnel café irlandais est une boisson réconfortante qui se déguste comme un dessert et qui se prépare en deux temps, trois mouvements, assure Helen Bégin. Pour en réaliser un chez soi, c’est tout simple : dans une tasse, on dépose une once de whiskey irlandais Jameson. On verse ensuite un bon café noir. On coiffe le tout avec un généreux nuage de crème fouettée fraîche, sur laquelle on ajoute une lampée d’Irish Mist, une savoureuse liqueur irlandaise, dont le goût, très sucré, est à la fois mielleux et corsé.  « Et ne soyez pas surpris, dans un bon café irlandais, on goûte bien l’alcool », note Mme Bégin.  Santé! Ou plutôt Sláint!, comme on dit en Irlande.