Après une gestation de deux ans, Émie Bain et Philipp Köllisch ont donné naissance à leur «bébé» le 29 octobre, à Saint-Augustin-de-Desmaures.
Après une gestation de deux ans, Émie Bain et Philipp Köllisch ont donné naissance à leur «bébé» le 29 octobre, à Saint-Augustin-de-Desmaures.

Farine Basilic: la rencontre de plusieurs mondes

Raphaëlle Plante
Raphaëlle Plante
Le Soleil
Elle, c’est la créative. Lui, le méthodique. Elle vient de Québec, lui de Hambourg. Ils se sont rencontrés au Portugal. Couple dans la vie comme en affaires, ils se sont lancés dans la production d’un grand classique italien : les pâtes. Bienvenue dans l’univers de Farine Basilic.

Après une gestation de deux ans, Émie Bain et Philipp Köllisch ont donné naissance à leur «bébé» le 29 octobre, à Saint-Augustin-de-Desmaures. Farine Basilic, c’est l’union d’une passion commune pour la cuisine italienne et l’entrepreneuriat. Et pourtant, les amoureux qui se sont connus pendant leurs études à l’étranger n’ont pas suivi de formation en cuisine. 

Qu’à cela ne tienne! «Ça fait deux ans qu’on travaille nos recettes, qu’on développe des recettes de notre cru. Il y en a des plus classiques, mais aussi des plus originales comme le rotolo di salmone, de délicieuses pâtes farcies au saumon, poireau citron et aneth, ou encore l’agnolotti à la betterave, épinard, fromage et citron», signale Émie. 

Gnocchis et sauce tomate

Elle promet que les gnocchis valent aussi le détour. «On s’approvisionne à la ferme Genest [à Lévis] pour faire les gnocchis à la courge butternut, et on en fait aussi à la betterave.» 

La jeune femme était fébrile lors du passage du Mag le jour de l’ouverture de son commerce. «On était dans les gros préparatifs jusqu’à 3h du matin la nuit dernière! On a un soutien incroyable de notre famille et de nos amis. Mon père a été à la plonge dans les derniers jours pendant qu’on s’affairait à la production», raconte Émie, reconnaissante.

Une belle variété de pâtes farcies surgelées est proposée, des classiques aux plus originales.

La jeune femme est également copropriétaire des Délices de l’Hétrière, un nouvel édifice qui comprend trois espaces pour des commerces gourmands : en plus de Farine Basilic, il loge la deuxième succursale de la boîte à beignes artisanaux Beiko, ainsi qu’un espace apéro gourmand qui devrait ouvrir d’ici les Fêtes. 

Les installations au sous-sol sont entièrement consacrées à la préparation des produits maison de Farine Basilic. On y retrouve notamment une grande cuisine ainsi qu’une chambre froide, tandis que l’équipement principal se trouve dans une pièce adjacente : une machine pour fabriquer les pâtes fraîches et farcies importée d’Italie. Si son utilisation peut sembler simple, ce fut néanmoins tout un défi de l’assembler et de faire les ajustements nécessaires pour obtenir de parfaits raviolis ou fettucinis, signale Émie. Elle précise que son entreprise détient un permis de production qui lui permettra d’approvisionner des restaurateurs et traiteurs de la région.

Au coeur de la production : une machine pour fabriquer les pâtes fraîches et farcies importée d’Italie.

Mets préparés et plus

Dans la boutique, nos yeux se posent en entrant sur le congélateur rempli de pâtes farcies et de gnocchis — les médaillons au canard et poire, aux champignons ou encore au jambon et à l’érable nous font de l’œil. Au centre, une grande étagère met en vedette diverses huiles d’olive, dont plusieurs importées d’Italie. Mais l’entreprise québécoise Olives et gourmandises y est bien représentée avec ses huiles aromatisées. «Celle à la pêche, c’est vraiment un coup de cœur!» confie Émie.

Tous les mets préparés sont cuisinés sur place.

Deux grands comptoirs réfrigérés contiennent plusieurs mets préparés sur place, en format de deux portions : ravioli au fromage et épinards avec sauce crème ou rosée, manicotti au fromage ou cannelloni au veau et sauce tomate, lasagne à la viande… de même qu’un ravioli végétalien à la courge butternut servi avec sauce tomate. «On a trouvé une façon de remplacer les œufs dans les pâtes sans que ça change trop la texture à travailler. C’est sûr qu’une fois cuites c’est un peu différent, mais ça donne un produit vraiment intéressant», indique Émie.

D’autres mets doivent s’ajouter au cours des prochaines semaines, par exemple une lasagne aux fruits de mer ou aux aubergines, et même une semblable à la lasagne à la viande, mais entièrement végétalienne avec du PVT ou du tempeh en guise de protéine. Émie s’amuse à créer les recettes, tandis que son mari Philipp se concentre davantage sur la production. «Je suis en train de mettre au point un ravioli au chocolat, farci avec framboises et mascarpone. Servi avec de la crème glacée, c’est hallucinant», s’enthousiasme la jeune entrepreneure.

Ravioli végétalien à la courge butternut

Sur les tablettes de la boutique, on retrouve aussi tout un volet épicerie avec sauces tomates et piquantes, pestos, champignons et artichauts marinés, de même que des pâtes sèches en tous genres — certaines aux œufs ou sans gluten. Une section dessert fait honneur à l’Italie avec cantucci, amaretti, panettone, cannoli… et les bonbons Perle di Sole dont Émie raffole. «Un de mes amis a découvert ces bonbons-là en Italie, et quand il a su que j’en aurais il m’en a commandé une caisse!»

Farine Basilic vend aussi ses sauces maison — à la viande, rosée, aux tomates et bientôt crème et champignons. Devant le petit comptoir adjacent à la caisse, presque impossible de résister aux fondues parmesan, arancinis et desserts qui attirent notre attention. Le tiramisu est concocté avec une touche d’amaretto québécois Avril de la distillerie Mariana. La panna cotta est quant à elle servie avec un coulis maison dont les saveurs varient : framboise, pêche, sirop d’érable, cacao… Les compléments parfaits pour emporter un peu d’Italie à la maison.

Ouvert tous les jours au 3572, rue de l’Hêtrière. Info : farinebasilic.com

Farine Basilic fait aussi des arancinis, ces boules de risotto frit avec du fromage au centre.

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DES GLOBE-TROTTEURS

Émie Bain était inscrite au baccalauréat en immobilier et entrepreneuriat lorsqu’elle est allée faire une session d’études au Portugal, en 2016. L’Allemand Philipp Köllisch y poursuivait une maîtrise en stratégie et consultation et internationalisation d’entreprise. «On était d’abord colocs, ça a pris plusieurs mois avant qu’on devienne des amoureux, raconte Émie. On est restés six mois de plus ensemble, j’ai prolongé mon séjour en faisant une session à distance.» 

Par la suite, Philipp est venu poursuivre sa maîtrise à HEC Montréal pour se rapprocher de celle qu’il aime. «On a passé six mois à faire Montréal-Québec», indique Philipp dans un bon français, qu’il n’a appris qu’en arrivant chez nous. Le couple s’est finalement établi à Saint-Augustin, où Émie a grandi. 

«On est deux globe-trotteurs, signale la jeune femme. On devait partir en Italie en mai dernier pour suivre une formation, mais ça a été annulé… C’est certain qu’on espère se reprendre dès qu’on pourra», ajoute celle pour qui se lancer en affaires n’est pas incompatible avec les voyages. «Mais c’est sûr qu’en ce moment, on se concentre à 100% sur notre ouverture!»