Client: Saputo — agence: Substance stratégies, chef: Marie Asselin

Catherine Côté, photographe culinaire: délices pour les yeux

Photo ou cuisine? Pourquoi pas un mélange des deux? La photographe culinaire Catherine Côté combine ses passions en croquant de véritables délices pour les yeux… qu’on devine tout aussi délectables à goûter!

Programmeuse Web dans une «ancienne vie», Catherine Côté a toujours aimé la photographie. Il y a plusieurs années, elle avait également lancé un blogue culinaire pour partager son intérêt pour la bouffe. De fil en aiguille, c’est la photo de plats et de produits alimentaires qui a pris le dessus. 

«Le premier livre de recettes que j’ai illustré, c’était Déjouer les allergies alimentaires (2e édition), pour les éditions Québec Amérique en 2011. Je cuisinais moi-même les recettes pour prendre les photos, alors que je travaillais encore à temps plein!» se remémore-t-elle.

Client: éditeur Gibbs Smith — livre «French Appetizers», chef: Marie Asselin

C’est en 2013 que Catherine Côté se lance à son compte. S’il lui arrivait de cuisiner elle-même les plats qu’elle devait photographier, elle se consacre aujourd’hui entièrement à sublimer la nourriture en y ajoutant des éléments de décor. 

«La disposition dans l’assiette, ça relève du chef ou du styliste culinaire», indique celle qui travaille régulièrement avec ses amies Marie Asselin — auteure du blogue Food Nouveau (en anglais) et de livres de recettes illustrés par Mme Côté — et la chef Marjorie Maltais.

Livre: Éditions La Semaine — «Déjeuners protéinés», chef: Hubert Cormier

Caverne d’Alibaba

L’atelier de la photographe, situé dans le quartier Saint-Roch à Québec, est une véritable caverne d’Alibaba regorgeant d’assiettes aux formes diverses, d’ustensiles, de poêlons disposés sur des étagères couvrant un mur entier, tandis que des morceaux de bois, de céramique, de vinyle et autres matériaux s’accumulent dans une petite pièce à l’entrée de l’appartement. 

«J’en ai pour tous les styles: épuré ou coloré, rustique ou contemporain… selon ce que les clients souhaitent», explique-t-elle, révélant qu’elle va régulièrement au Comptoir Emmaüs pour y dénicher des trouvailles, alors que d’autres accessoires sont achetés en boutique. Plusieurs des magnifiques pièces en céramique qu’elle possède sont acquises lors de Carac’terre, qui rassemble les créations de céramistes québécois.  

La photographe culinaire Catherine Côté dans son atelier

Le rôle de Catherine Côté: créer une «ambiance» autour du mets à photographier, dans un cadre restreint, où la lumière a un rôle essentiel à jouer. Si certains clients ont une idée bien précise de ce qu’ils veulent, d’autres lui laissent pour ainsi dire carte blanche.

Nombreux clients

Catherine Côté compte une clientèle diversifiée qui rassemble des producteurs, des éditeurs, des agences et des restaurants. Par exemple: Fromages d’ici, Maison Orphée, Cassis Monna & filles, Natrel, l’agence Cossette, le restaurant Clocher penché, L’Atelier, l’Auberge Saint-Antoine, les éditions La Presse et du Journal, et même le prestigieux New York Times

Client: Saputo — agence: Substance stratégies, chef: Marie Asselin

Parmi ses plus récentes collaborations, la photographe signale celle avec le nutritionniste Hubert Cormier pour Déjeuners protéinés, paru en août aux éditions La Semaine. «C’est le troisième livre qu’on fait ensemble, on se connaît bien maintenant et c’est même devenu un ami. Il est débarqué avec sa propre vaisselle et on a tout fait en 10 jours!» Ce qui est rapide, précise-t-elle.

Le chef prend les commandes de la cuisine tout équipée, et six à sept recettes en moyenne sont croquées en une journée — parfois plus, s’il y a plus d’une personne aux fourneaux.

Client et chef: Hubert Cormier

Pour le deuxième livre de Madame Labriski, Bye-bye sucre raffiné, bonjour purée de dattes, le concept était déjà tout trouvé, avec des vinyles colorés pour disposer galettes et autres douceurs.  

Pour un ouvrage de Minçavi, les photos privilégiées étaient davantage réalistes, pour donner l’impression que c’est «comme à la maison».

Livre: Éditions La Semaine — «Déjeuners protéinés», chef: Hubert Cormier

Si Catherine Côté fait la majorité des photos à son atelier, elle se déplace aussi en restaurant pour croquer les mets cuisinés sur place, dans la vaisselle utilisée par l’établissement et avec l’ambiance du lieu. «D’habitude, j’essaie de montrer vraiment comment tel plat est servi aux clients, mais parfois j’ai aussi des demandes plus flyées.» Et, sachant que les restaurateurs n’ont pas nécessairement les moyens de s’offrir une photographe professionnelle chaque fois qu’ils changent leur menu, elle propose aussi d’être consultante pour former quelqu’un de l’équipe à faire de belles photos qui sauront faire la différence.

Pour voir davantage du travail de la photographe: catherinecote.ca

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DES DÉFIS

Quels sont les mets ou aliments plus difficiles à photographier? «Le pâté à la viande et la lasagne, c’est un défi de rendre ça beau! Les sandwichs et les hamburgers aussi, en fait les plats étagés, parce qu’il faut tout bien voir», mentionne Catherine Côté.

Les liquides ajoutent également un degré de difficulté, car ils doivent être disposés à la dernière minute, que ce soit de la sauce, un œuf coulant ou encore un café avec du art latte. «Le lait moussé, ça ne reste pas longtemps!» Même chose pour la glace. 

La photographe culinaire pointe aussi les herbes fraîches, en particulier les feuilles de coriandre: «Ça flétrit tellement vite! Il ne faut pas qu’elles soient jaunies». 

Livre: Éditions La Semaine — «Déjeuners protéinés», chef: Hubert Cormier

Et pour ceux qui se poseraient la question: «Tout est vrai». Il n’y a pas de faux aliments ou d’ajouts dans Photoshop. La photographe se permet toutefois d’enlever une graine de pain ou une touche de sauce moins esthétique, et de calibrer les couleurs. Mais s’il y a du persil sur le plat, c’est parce qu’il y en a vraiment.

Et, une fois tous ces beaux plats photographiés, ne reste qu’à y goûter. «J’ai souvent de bons restants!» confie Catherine Côté.