Photo prise à Séoul en janvier dernier par la journaliste Kathleen Lavoie.

À la mode de Séoul

MONTRÉAL — Le courant musical K-Pop teintera cette saison plusieurs présentoirs de la marque Icône de La Maison Simons. Fraîchement débarqués de Corée du Sud, bienvenue à des vêtements ludiques et originaux, qui réussissent à être à la fois sophistiqués et pas compliqués.

«La Corée du Sud n’avait pas de véritable industrie de la mode il y a 10 ans, mais tout a changé avec la montée fulgurante de la culture K-Pop», explique Richard Simons, vice-président achats (et acheteur) et copropriétaire de Simons, qui nous avait convié récemment au studio photo de la Maison (à Montréal) pour nous présenter sa nouvelle gamme sud-coréenne.

Une équipe d’acheteurs de Simons s’est rendue en mars dernier à Séoul, histoire de magasiner cette nouvelle collection, qui se décline en 35 vêtements pour femme, destinés à la marque maison Icône. La plupart des pièces se détaillent entre 100 et 200 $, et regroupent plusieurs designers locaux tels Lady Volume, MOS Edition, Thank You, Eyeful, et Bounce. 

Des habitués du «buy now, wear now», constate Marine Dewailly, acheteuse, ce qui explique le si court délai entre le moment des achats par le détaillant et la mise en marché en tant que tel. Efficacité, rigueur et travail bien fait sont des marques de commerce des sud-coréens, estime également M. Simons. 

Ajoutons aussi que les designers de Séoul sont capables d’adapter rapidement leur marchandise, car il faut savoir que la femme coréenne n’a pas le même «gabarit» que la nord-américaine. Par exemple, la grandeur Large là-bas correspond (grosso-modo) à du Medium ici, et les vêtements de «taille universelle» (et il y en a quelques-uns dans la gamme) doivent être adaptés, comprendre qu’ils seront plus grands.

La blouse toile blocs couleurs, 79 $

Le règne du street wear

Cette sélection sud-coréenne raffinée mais accessible est fortement influencée par le courant street wear, le style athlétique, et, évidemment, la vague musicale K-Pop, détaille Richard Simons. Les tissus sont variés, souples, et fonctionnels (coton, popeline, vinyle, etc.) et les coupes, amples et confortables.

M. Simons souligne également les nombreux et minutieux détails des vêtements (poches, cols, asymétrie, écritures, images, mélange des matériaux, etc.) qui ajoutent à l’originalité de chaque pièce. 

Actuellement, La Maison Simons travaille à l’élaboration des diverses collections qui seront disponibles au printemps 2019. Parions qu’on retrouvera à nouveaux quelques designers sud-coréens parmi les rayons.

La collection Destination Séoul pour Icône est disponible en magasin et en ligne au simons.ca.

Le trench vinyle transparent, 279 $

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Sur le terrain

Fascinée par la culture sud-coréenne, notre collègue Kathleen Lavoie a visité Séoul en décembre et janvier dernier, question de suivre un cours intensif de coréen (3 semaines), et de vivre une véritable immersion K-Pop (5 concerts!). Nous avions quelques questions pour elle…

Photo prise à Séoul en janvier dernier par la journaliste Kathleen Lavoie.

Q Parle-nous de la mode et du style aperçu dans les rues de Séoul.

En général, les Séoulites privilégient le sport chic. Pour les hommes, la chemise ou le col roulé (portés sous des vestons classiques ou des vestes de laine) et des pantalons aux coupes diverses (le 7/8 est très populaire). Contrairement à ce qu’on voit en Amérique du Nord, très peu de jeans. 

Aussi, ces grands et longs manteaux portefeuille en lainage, qui semblent faire l’unanimité autant chez les hommes que chez les femmes. Pour les chaussures, l’espadrille blanche (portée avec des socquettes) est reine à Séoul: elle accompagne même le complet (chez les hommes) ou la jupe (chez les femmes).

Q Le vêtement (ou l’accessoire) que tu as vu le plus souvent?

R En hiver, le long parka noir (North Face, Descente, etc.) était si répandu, que c’était à se demander s’ils étaient en vente quelque part! Blague à part, le petit sac en bandoulière, souvent la seule touche de couleur et de folie dans la tenue des jeunes professionnelles séoulites, est incontournable.

Q Côté beauté, des détails marquants?

R Les Séoulites raffolent de la teinture pour les cheveux, mais demeurent très conservateurs dans les coupes. Les piercings et tatouages sont toujours tabous et pratiquement invisibles. Cela s’explique en partie par leur obsession de la perfection et de la beauté. La Corée du Sud est l’un des pays où il se vend d’ailleurs le plus de soins de la peau et de cosmétiques pour hommes au monde. 

Quant au maquillage, l’accent est mis sur la recherche d’une peau pâle et sans imperfection. Ce sont toutefois les lèvres que les femmes mettent en valeur, grâce à une palette de rouges intenses plutôt limitée. Chez les hommes, on égalise également le teint avec une fondation, on applique un mascara léger, et on hydrate les lèvres avec un baume, teinté ou pas. 

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La vague Hallyu

«Dans le but de se démarquer des puissances chinoise et japonaise qui l’entourent, la Corée du Sud a su se forger, depuis les années 90, une identité culturelle forte et distinctive. À travers des feuilletons télévisés, des films, des jeux vidéo et par le succès planétaire que connaît la K-Pop, la musique populaire coréenne, l’Asie et le reste du monde ont découvert ces dernières années cette culture effervescente et en constante évolution. Nommée Hallyu, la vague coréenne est un véritable phénomène mondial et la mode en fait évidemment partie.»

Source: La maison Simons